Archives pour la catégorie Dossiers

Senna, c’est plus fort que toi

Il suffisait de se rendre sur le circuit Paul Ricard à l’occasion du Grand Prix historique pour se rendre compte de l’incroyable popularité d’Ayrton Senna. Dans la bouche des passionnés de sport automobile présents ce 20 avril dans les tribunes du Castellet, le nom de l’icône brésilienne a relégué en fond de grille ceux d’Alain Prost, de Jacky Ickx ou de Jean Alesi. Il y a trente ans, le héros de toute une génération crashait sa monoplace contre les rails du circuit d’Imola et laissait orphelin des millions d’aficionados inconsolables. Dans L’icône immolée, paru aux éditions En Exergue, Lionel Froissard nous plonge dans le baquet du champion en ce week-end maudit. Ce fin connaisseur du charismatique Auriverde rend hommage à ce « pilote total » à la première personne et de manière très incarnée. Un exercice littéraire risqué mais qui fait mouche, l’itinéraire de Senna prenant une autre dimension grâce aux mots justes et au ressenti intime de celui qui l’a côtoyé pendant près de quinze ans. Quinze ans de souvenirs magnifiés par une plume aussi incisive qu’un dépassement de son sujet.

L’icône immolée – Ayrton Senna – Editions En Exergue – 192 pages – 18,90 euros

Avec le foot, je positive

Pas encore convaincu par les délicieuses phases finales de la Ligue des champions ? Par la magie qui se dégage des pieds de Phil Foden, Toni Kroos ou Antoine Griezmann ? Le temps de quinze chapitres soignés aux petits oignons, l’ouvrage Tout n’est pas footu, sorti chez Solar, fera ravaler l’a rancoeur l’amertume que portent certains envers le ballon rond, et son cocktail malsain entre argent, violence et corruption. En mettant en avant des idées et initiatives positives, parfois peu citées, ce collectif de passionnés remet au centre du jeu ce pourquoi on a pris notre licence dans le club de notre coin, ce pourquoi le football a longtemps été tout notre vie. Ou quand les ombres de ce sport sont mises de côté pour laisser place à son aspect plus solaire, plus joyeux, plus fédérateur. Un antidote au pessimisme ambiant et une liste de motifs documentés pour croire en un monde meilleur.

Tout n’est pas footu ! (15 raisons d’aimer quand même le foot) – Sous la direction de Mickaël Correia et Sébastien Thibaut – Solar Sport – 256 pages – 19,90 euros

Retour (presque) gagnant


Première manche fluide : les treize années d’absence sur le circuit n’empêchent pas ce Top Spin 2K25 de retrouver cette qualité de jeu que lui trouvaient les adeptes de la petite balle jaune. Le gameplay se montre toujours aussi précis et addictif avec cette courbe de progression appréciable. 6-2 pour le roi des échanges du fond de court. Le deuxième set est en revanche plus accroché, votre serviteur reprochant à la franchise de 2K des graphismes datés, un contenu un peu chiche (du moins pour le moment) et surtout cette obligation d’être sans cesse connecté à Internet pour pouvoir profiter du mode carrière. Des failles qui sont rattrapées une retranscription des animations incroyablement réaliste. Au final, le super tie-break est remporté par ce Top Spin grâce à ce goût de reviens-y inhérent à tous ces élèves doués mais un peu fainéants à qui l’on pardonne tout.

Top Spin 2K25 – 2K Sports – Disponible sur tous les supports – 69,99 euros

Arrête-la si tu peux

Comment une passion peut sauver la vie. Anaïs Quemener respire, mange, dort course à pied lorsque le crabe décide de lui couper l’herbe sous le pied en 2015. S’en suit un éreintant marathon contre le temps, un combat contre un cancer très agressif qu’elle finit par remporter et qu’elle raconte avec courage et humilité dans Tout ce que je voulais c’était courir, sorti chez Flammarion. Cette nana-là impose le respect, sans jamais forcer sa nature, en expliquant comment la pratique de son sport lui a servi de thérapie. Comment il lui a servi d’allié dans les moments les plus difficile. Combien chausser les baskets malgré la maladie lui a permis de répondre à toutes ses questions. Ce récit est une ode au goût de l’effort, à la résilience, à l’optimisme, qui inspire, fascine et aidera certains à se donner un coup de pied aux fesses les jours où les grasses matinées gagnent leur duel face à l’envie de s’entraîner. Si le cardio de cette double championne de France de marathon ne s’envole jamais dans les tours sur le bitume, notre cœur de simple terrien termine, lui, cette lecture tout chamboulé.

Tout ce que je voulais c’était courir – Anaïs Quemener, avec la collaboration de Franck Berteau – Flammarion – 208 pages – 20 euros.