On peut à la fois couver son enfant et être bercée soi-même par l’océan. Plus gros palmarès du surf français, Johanne Defay a appuyé sur pause pour donner la vie, un choix de vie qui aurait pu lui octroyer tous ses privilèges d’athlète. Or, la jeune maman est devenue la première sportive à obtenir une “wildcard maternité”, soit la garantie de retrouver le circuit professionnel sans passer par la case qualifications. Rien n’a été facile pour cette enfant de la Réunion, née en Auvergne; qui a passé son adolescence à parcourir le monde pour y dompter ses vagues dans un sport exigent et codifié. Elle, dont le physique trapu aux antipodes des « Roxy girls » mises en avant par les sponsors, a défié les à priori et dû composer avec un milieu où les clichés esthétiques comptent parfois autant que le niveau dans l’eau. La médaillée olympique à Paris s’est donc construite en décalage, le thème de son autobiographie baptisée « À contre-courant », sortie chez Flammarion, dans laquelle elle revient sur les moments forts de sa carrière et la fragilité d’un rêve qui peut vaciller du jour au lendemain. Un récit inspirant sur la place des femmes dans le sport et la force de caractère dont les championnes font parfois preuve pour poursuivre coûte que coûte leur aventure.
À contre-courant – Johanne Defay – Flammarion – 208 pages – 20 euros.



