Dans la cour du grand

Les chanceux spectateurs de Roland Garros ont pu apprécier le majestueux revers long de ligne de Roger Federer. Et ses nombreux fans vont pouvoir prolonger le plaisir avec une apologie au maestro du tennis, intitulée Federer un mythe contemporain et sortie chez Solar Éditions. Le parcours de l’enfant de Bâle avait déjà été retracé dans plusieurs ouvrages mais jamais par le prisme de références culturelles, empruntées à l’histoire, la philosophie ou encore le cinéma. Il faut dire que le champion suisse, par son élégance, sa technique parfaite et sa longévité, exerce sur le grand public une fascination qui dépasse le seul cadre sportif. Les auteurs démontrent tout au long de ces pages remplies d’amour qu’il coche en effet toutes les cases du Dieu vivant (beauté, universalité, intemporalité, rivalité, chute et renaissance), malheureusement proche de son crépuscule. En ressort une réflexion de fond, brillamment écrite, à la hauteur de la virtuosité artistique de ce générateur d’émotions.

Federer un mythe contemporain –  Charles Haroche et Frédéric Vallois – Solar Éditions – 208 pages – 14,90 €.

Oh les vilains !

Alors que le coup d’envoi de l’Euro va bientôt être donné, l’une des premières images de cette compétition qui nous vient en tête reste la célébration de Paul Gascoigne, ivre de joie après son but contre l’Ecosse (1996) et aspergé d’eau par un coéquipier. Comme une façon pour lui d’assumer ses excès. L’enfant terrible du foot anglais, comme Zlatan Ibrahimovic, Eric Cantona, et même Zinedine Zidane, font l’objet de portraits fouilles dans le livre Bad boys du foot, sorti aux éditions Solar. L’occasion de mieux cerner ces drôles de personnages, classés en trois catégories (les génies incontrôlables, les rois de la provoc’ et les vrais méchants), capables du meilleur comme du pire, et souvent meilleurs dans le pire. A l’heure où le football a tendance à s’aseptiser, se (re)plonger dans les aventures tourmentées de ces durs à cuire nous ramène à l’essence-mème de notre appétence pour le sport : celle de générer des émotions pas toujours faciles à canaliser.

Bad Boys du Foot – Jean-Philippe Bouchard – Solar – 224 pages – 19,90 euros

L’After, up & down

L’émission que l’on écoute tout haut quand tout le monde dort tout bas. Se brancher sur RMC à l’issue d’un match, que l’on soit au stade où devant son écran, est devenu un rituel vieux de quinze ans. Et un super moyen de confronter son avis avec celui de spécialistes, reconnus pour leur verve et leur brin de mauvaise foi. On s’est donc jeté comme le premier N’Golo Kanté venu sur Génération After Foot qui, loin de l’objet promotionnel, est une vraie enquête sur l’émission qui tente de faire avancer les débats . Et pour étayer son propos, l’auteur est allé interroger ceux qui font le programme, les chroniqueurs, les hommes de l’ombre mais aussi les auditeurs. En ressort une discussion de famille virtuelle, un repas bruyant avec de joyeux inconnus mais connectés sur le même réseau. Car avec l’After Foot, on n’a pas tout à fait le même maillot, mais on a la même passion chevillée au corps.

Génération After Foot – Pierre Adrian – Hugo Sport – 224 pages – 17,50 euros

Ce rêve bleu

Beaucoup de prétendants sur la ligne de départ mais très peu d’élus. C’est en effet plus qu’un océan qui sépare le contingent de jeunes espoirs français à la ligue de basket la plus prestigieuse du monde. Et pourtant, depuis que Tony Parker a fracassé la porte d’entrée, avec ses sneakers pointure 45, d’autres Bleus se sont engouffrés dans la brèche, avec plus ou moins de réussite. Leurs diverses aventures chez l’Oncle Sam ont été compilées dans un super bouquin, intitulé Made in France et sorti chez Hugo Sport. On y décerne leurs impressions de petit Frenchie débarqué avec les yeux de l’amour, on y découvre les coulisses d’un univers hors-norme, on y voyage par procuration de Boston à Los Angeles, et on se prend d’affection pour nos 16 globe-trotteurs à l’assaut de leur rêve américain. Un seul regret après lecture : faire un modeste 1m80 et ne jamais pouvoir vivre, rien qu’une seule semaine, le quotidien de ces champions qui ont cru en leur étoile.

Made in France – Benjamin Henry – Hugo Sport – 248 pages – 17 euros.