Marquez au fer rouge

Plus il tombe, plus il se relève et revient fort… Même s’il doit constater la supériorité des duettistes Bagnaia/Martin depuis une paire d’années, Marc Marquez n’abandonne pas. Pas vraiment le style de ce dur au mal qui a remporté huit titres de champions du monde, dont six en Moto GP, et marqué l’histoire de sa discipline. Dans « L’amour du risque », sorti chez Solar, le spécialiste Michel Turco retrace la carrière singulière du pilote espagnol, de son démarrage en trombe à son hégémonie sur les circuits, jusqu’à sa descente aux enfers et ses blessures à répétitions qui ont bien failli le contraindre à mettre le clignotant. A travers les témoignages de ses proches, et un récit superbement illustré, il en ressort un personnage simple qui s’est servi de sa passion comme moteur pour le guider à aller toujours plus loin.  Un objet roulant non identifié.

Marc Marquez, l’amour du risque – Michel Turco – Édition Solar – 320 pages – 19,90 euros.

C’était leur dernière tournée !

Trente années sont passées à la vitesse d’un déboulé d’Antoine Dupont depuis « l’essai d’un autre monde » inscrit par Jean-Luc Sadourny. Ce soir de juillet 1994, et grâce à cette action de légende, le XV de France réussissait l’exploit de battre les mythiques All-Blacks sur leurs terres (20-23), mettant le fameux « French Flair » au centre du jeu. Dans cet ouvrage, Pierre-Michel Bonnot et sa plume acérée retracent cette épopée aux antipodes en s’attachant à retranscrire l’esprit de ce que furent les tournées tricolores avant le passage au professionnalisme en 1995. Humour et nostalgie font des passes après contact pour transformer l’essai grâce à une pelletée d’anecdotes sur des séquences d’arbitrage maison et des troisièmes mi-temps dignes de ce nom. Un temps révolu et qui donne un autre écho au triste épisode de Mendoza en juillet dernier. 

L’essai d’un autre monde – Pierre Michel Bonnot – Editions Solar – 272 pages – 19,90 euros

Une vie de marin

Il a impressionné et ému les Français lors du dernier Vendée Globe en se portant au secours de Kevin Escoffier au large du Cap de Bonne Espérance. Le grand public a alors fait la connaissance de Jean Le Cam, marin d’exception à la chevelure hirsute et au courage monstre. Ils retrouveront sa bouille sympathique le 10 novembre au départ de la mythique course en solitaire, sa sixième, un record. Comment ce skipper-né, bien éloigné du star-system, est devenu le chouchou du public ? Pourquoi le fier breton est-il l’un des derniers navigateurs constructeurs ? Quelles rencontres et aventures humaines l’auront profondément marqué tout au long de ces vingt années à parcourir le monde sur son monocoque ? « Le roi Jean » soulève un coin de voile sur sa vie de passionné dans cet ouvrage, sorti aux éditions Solar. Avec toute l’humilité et la gouaille qui font de lui un personnage hors du commun.

Jean Le Cam, mes Vendée Globe – Écrit avec Philippe Joubin – Éditions Solar – 176 pages – 32 euros.

Marseille-Cassis, ça glisse

Dame Nature avait prévu le pire pour les courageux de Marseille-Cassis. Mais la classique provençale résiste à tout, même à la colère de Zeus, et c’est sous une météo clémente que se sont élancés les 20.000 concurrents de cette 45e édition, ce dimanche 27 octobre. Une course remportée chez les hommes par le Rwandais Félicien Muhitira, qui a effacé tous les obstacles, les terribles pentes de la Gineste en premier lieu, mais a buté sur le tapis savonneux de la ligne d’arrivée. Tout comme son dauphin, le Marocain Youssef Benhadi, évacué sur civière. Chez les femmes, moins de drama mais autant de joie pour la grande lauréate, la locale Clémence Calvin, qui a devancé deux autres Françaises, Ophélie Boxberger et Manon Coste. Son premier succès d’envergure après sa suspension de quatre ans pour dopage. Pour tous les autres finishers, il suffisait de tourner dans les ruelles de Cassis pour constater qu’ils avaient gardé un peu de force pour célébrer leur performance.