Dame Nature avait prévu le pire pour les courageux de Marseille-Cassis. Mais la classique provençale résiste à tout, même à la colère de Zeus, et c’est sous une météo clémente que se sont élancés les 20.000 concurrents de cette 45e édition, ce dimanche 27 octobre. Une course remportée chez les hommes par le Rwandais Félicien Muhitira, qui a effacé tous les obstacles, les terribles pentes de la Gineste en premier lieu, mais a buté sur le tapis savonneux de la ligne d’arrivée. Tout comme son dauphin, le Marocain Youssef Benhadi, évacué sur civière. Chez les femmes, moins de drama mais autant de joie pour la grande lauréate, la locale Clémence Calvin, qui a devancé deux autres Françaises, Ophélie Boxberger et Manon Coste. Son premier succès d’envergure après sa suspension de quatre ans pour dopage. Pour tous les autres finishers, il suffisait de tourner dans les ruelles de Cassis pour constater qu’ils avaient gardé un peu de force pour célébrer leur performance.
Toc-toc de foot
On a réouvert la boîte aux souvenirs ! Selon la génération à laquelle il appartient, chacun défend chèrement sa paroisse du football et le but qui l’a mis en transe. Paulo le Sportix s’adresse plutôt aux gamins des années 2000 biberonnés aux réseaux sociaux, où il partage son histoire avec sa passion à trois millions d’abonnés, dont 1,7 sur TikTok. Des inconditionnels qui retrouveront l’ADN de ce journaliste autodidacte dans ses « 100 moments d’émotion du football », sorti aux éditions Solar. Un livre réconfortant et sans fioriture dans lequel on mesure toute la puissance que peut renvoyer le football dans son meilleur aspect. Au travers de douze chapitres, il est question de grâce, d’injustice, de folie, de drames, d’extase, de honte, de frissons, de tristesse, de communion, de frustration, de surprises et de moments insolites. Une palette d’émotions aussi large que le bagage technique de Zidane, Messi ou Maradona, tous croqués dans cet album souvenirs très bien illustré.
Les 100 moments d’émotion du football de Paulo le Sportix, Solar Editions, 224 pages, 24,90 euros.
A la poursuite du mythe Merckx
L’élève a-t-il dépassé le maître ? De son Brabant flamant natal, Eddy Merckx garde un regard admiratif des exploits de Tadej Pogacar, aussi vorace que lui quand il s’agit d’engloutir ses adversaire. Et pourtant, il garde son statut d’inaccessible. C’est en tout cas le titre de l’ouvrage de Guy Roger, sorti chez Solar, et dans lequel l’auteur mène l’enquête auprès des proches du champion aux 525 victoires pour savoir en quoi il mérite son surnom de Cannibale. L’ancien grand reporter à L’Equipe promène sa plume au coeur d’un peloton des années 70 soumis à la loi d’un homme formaté pour gagner, encore et toujours. Des adversaires, équipiers, héritiers, parfois détracteurs, qui, replongés dans leurs souvenirs, décortiquent le palmarès fascinant d’un conquérant de l’impossible selon les lieux de ses croisades teintées de fulgurances. Un prisme original et romanesque pour raconter l’ascension d’un phénomène.
Inaccessible Merckx – Guy Roger – Edition Solar – 288 pages – 19,90 euros
Du Loulou sans rififi
De là où il a malheureusement pris ses quartiers, Louis Nicollin aurait préféré un tout autre décorum pour fêter les 50 ans de son club chéri. Le MHSC est en effet embourbé dans la panade, entre des résultats moribonds, un désamour croissant des supporters et une perte inéluctable d’identité. Tout le contraire de ce pourquoi ce travailleur passionné s’est battu pour bâtir la Paillade. Car, on aurait tort de résumer le personnage de Loulou à ses excentricités et ses sorties parfois à l’emporte-pièce. La biographie Louis Nicollin, le football en héritage, sortie chez Solar, raconte avec tendresse le parcours d’un « mec des poubelles » devenu l’une des figures phares du football français, et l’un des derniers des Mohicans d’une époque révolue. Une trajectoire singulière où le mot « famille » a toute son importance. D’ailleurs, ses « frères de club », Michel Mézy, Jean-Louis Gasset ou Robert Nouzaret, donnent leur version de ce personnage paternaliste, au coeur immense, dérivant parfois vers celui du père fouettard. Du Loulou dans le verbe et dans le geste.
Louis Nicollin, le football en héritage – Jean-Marc Lanoë – Solar Edition – 240 pages – 19,90 euros



