Dallas, jusqu’au bout de la nuit (FC Dallas-Toronto FC: 3-2)

Screen Shot 2015-04-19 at 11.49.38 PMIl aura donc fallu attendre 5h30 pour connaître l’issue de ce match de football. Oui, de football, la précision n’est pas superflue. Commencé samedi soir, le coup de sifflet final de cette rencontre de MLS a retenti dimanche matin! Point de prolongation dans cette rencontre aux allures de baseball qui est entrée dans l’histoire de la MLS par son scénario très original. La sensation d’avoir vécu quelque chose hors du commun était flagrante sur le visage de mes compagnons de galère d’un soir, mais elle ne cachait pas la fatigue contre laquelle ont combattu toutes les personnes présentes hier jusqu’au bout de la nuit au Toyota Stadium de Frisco.

Au coup d’envoi, le ciel était nuageux. Tout le contraire du plan d’attaque de Dallas! A peine le temps d’investir les tribunes, les texans récupèrent le ballon et lancent dans la profondeur Fabian Castillo qui prend de vitesse la défense adverse et s’en va battre Joe Bendik après 29 secondes de jeu. Premier record de la soirée puisqu’il s’agit du but le plus rapide inscrit par la franchise de Frisco EVER. Toronto, à l’image de son capitaine Michael Bradley, subit la rencontre et Castillo remet ça 8 minutes plus tard, sur une frappe enroulée, bien lancé par son binôme préféré, Blas Perez. BOOM 2-0. Quand ils sont alignés ensemble, ces deux-là font mal. A la 27ème minute, c’est d’ailleurs au second de s’illustrer à la suite d’une grosse grossière erreur de Damien Perquis, perturbé par le comportement de son coéquipier Justin Morrow pas exempt de tout reproche. Ça fait 3-0, et à cet instant rien ne peut arrêter l’armada offensive texane.

Rien, sauf un élément météorologique. Juste au moment où se présente une balle de 4-0, un éclair frappe la ville de Frisco et un projecteur de l’enceinte s’éteint, plongeant ainsi dans une semi-obscurité les acteurs de la rencontre, un brin déroutés. De ce pas, l’arbitre fait rentrer tout le monde au vestiaire, même si la lumière est belle et bien de retour. Il applique ainsi les directives de la MLS qui ne prend aucun risque avec la menace de la météo: l’intégrité des joueurs prévaut avant tout. Mais voilà, cet évènement a le mérite de mettre en relief la petite part d’amateurisme de cette ligue, son incapacité à prendre une décision, et sa peine à communiquer tout au long des quatre heures de break, au plus grand désarroi des spectateurs qui, pour la plupart, quitteront l’enceinte sportive sans pour autant ne pas avoir essayer de patienter. Imaginez-vous bien, le match a commencé à 19h30, et aucune annonce n’est encore faite à 23h30. A chaque éclair, la MLS repousse de 30 minutes la reprise hypothétique de la partie.  Nous, journalistes présents, avons essayé par tous les moyens de deviner l’issue de cette partie, mais le trop grand nombre d’infos contradictoires a eu raison de nous. Cette soirée interminable nous aura au moins permis de travailler ensemble. Vous le connaissez cet élan de solidarité qui se crée quand vous êtes ensemble dans une même galère, pour le meilleur mais surtout pour le pire. Celui-là même, oui!

Un confrère a écrit un article (en anglais) sur notre activité en tribune de presse pendant ce temps mort qui n’en finissait plus: http://soccerblog.dallasnews.com/2015/04/what-did-the-press-box-do-for-3-hours-last-night.html/

Le match a finalement repris aux alentours de minuit pour s’arrêter deux minutes plus tard. Mi-temps oblige. Le match s’était en effet interrompu à la 43ème minute sur le score de 3-0 pour les locaux. De retour pour de bon cette fois sur la pelouse, les joueurs ont eu les pires difficultés à se remettre dans le bain. Sebastian Giovinco, le fuoriclasse italien, a été l’unique joueur côté Toronto a provoquer et à se procurer des occasions. Il s’est baladé avec une facilité déroutante lorsqu’il choisissait l’option individuelle. Lorsqu’il choisissait de s’appuyait sur ses coéquipiers, il était sûr de ne plus revoir le ballon. Les internationaux américains Altidore et Bradley ne l’ont pas aidé. Avant ses deux magnifiques buts, l’italien a aussi vendangé, sans toutefois lâcher. Y compris pendant ces 3h30 d’attente où il n’a cessé d’essayer de convaincre l’arbitre de mettre fin à cette mascarade en demandant le report. Dallas s’est fait peur, mais a finalement vaincu Toronto, encore une fois décevant hier soir sur le score de 3-2. Mais Dallas a surtout vaincu le temps, qui était de loin le plus féroce adversaire.

Sans trop rentrer dans les détails, j’ai eu une gentille altercation avec Damien Perquis et Benoît Cheyrou dans les vestiaires de l’équipe visiteuse. Le franco-polonais est en effet tombé sur mon tweet qui le concernait alors qu’il était dans le bus. Lorsqu’il a su que je me trouvais dans les parages, il est descendu du bus pour venir me « rencontrer ». Voici le tweet de la discorde.

Benoît Cheyrou, qui n’a pas joué, a répondu à quelques unes de mes questions après cet ultime incident d’une soirée décidément pas comme les autres. Le service de presse de Toronto m’a donné une minute pour l’interroger. Il était très tard, et tout le monde avait envie d’en finir.

Benoît Cheyrou

Jerome Cortinovis, à Dallas.

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