TOP 10 des anciens de MLS en Europe

Dans cette liste subjective, n’apparaîtront pas les joueurs comme Brad Friedel, Landon Donovan, ou Brian McBride qui ont commencé en Europe avant d’avoir joué en MLS.

10. John Stern, le plus combatif                                                                                                                                   Le buteur trinidadien explose à Colombus avant de signer à Nottingham Forest en 1999 où il claque 18 buts pour sa première saison. Il est alors transféré à Birmingham City qui se bat alors pour accéder en Premier League. Il ne sera pas forcément titulaire dans la deuxième plus grosse ville anglaise mais connaîtra par la suite de meilleures expériences à Coventry City et Southampton, avec notamment un total de 19 buts lors de la saison 2007-2008. Un honnête homme, meilleur buteur de tous les temps de sa sélection trinidadienne avec 69 buts qui, à désormais 36 ans, bataille tous les week-end sur les terrains de la sixième division anglaise.

9. Michael Parkhurst, le plus discret                                                                                                                             L’ancien défenseur de New England -rookie de l’année 2005 (meilleur débutant)- s’est envolé vers le Danemark au FC Nordsjaelland en 2009 avec qui il a remporté un titre et deux coupes nationales. Il a été transféré cet hiver en Allemagne à Augsbourg qui joue actuellement en Bundesliga. Un bon latéral qui fait peu parler de lui mais qui progresse chaque année.

8. Maurice Edu, le plus doué                                                                                                                                  Rookie en 2007 avec Toronto FC et international dès sa première saison en MLS, Edu signe un contrat avec le légendaire club écossais des Rangers. Avec 96 apparitions et 9 buts en tout et pour tout comme milieu défensif, il devient l’un des meilleurs joueurs d’Ecosse et vise plus haut. Il  s’engage avec Stoke City et déclare accomplir son plus grand rêve en venant jouer en Premier League. A 26 ans, il est actuellement en prêt en Turquie à Bursaspor mais appartient toujours au club anglais, qui ne lui a jamais fait confiance… Du gachis.

7. DaMarcus Beasley, le plus fragile                                                                                                                    Formé à l’IMG Soccer Academy, l’équivalent américain de l’INF Clairefontaine, il est recruté par LA Galaxy mais n’y jouera jamais. Il se révèle au Chicago Fire comme l’un des joueurs les plus rapides du pays. Beasley était l’une des principales attractions de MLS avant qu’il ne soit transféré au PSV Eindhoven. Viendra ensuite une multitude de blessures à Manchester City en 2006, aux Glasgow Rangers en 2007, à Hanovre en 2010. Il signe finalement au CF Puebla au Mexique en 2011 et semble désormais s’épanouir. Tu mérites mieux DaMarcus.

6. Jozy Altidore, le plus précoce                                                                                                                                     Il quitte les Red Buls pour Villareal et l’Espagne en 2008 à l’âge de 18 and pour un transfert record (6,5 M $). Mais il ne jouera pas en Espagne puisque son entraîneur préfère associer Giuseppe Rossi à Llorente.. Après des saisons moyennes en exil à Xeres, Hull City, et Bursasor, il atterrit à l’AZ Alkmaar au Pays-bas et commence à briller. Il s’affirme au fil des saisons, et devient meilleur buteur  en 2012 de l’Eredivisie. Il en est actuellement à 18 buts en 23 matches à la mi-saison 2012/2013. Très prometteur.

5. Marcus Hahnemann, le plus efficace                                                                                                                      Si l’on regarde ses stats, Hahnemann, qui a remporté la MLS Cup en 1997 avec les Colorado Rapids, était le meilleur gardien du monde en 2009. Avec son club de Wolverhampton, il arrêtait 78,4% des tirs, le meilleur pourcentage en Europe ! En d’autres mots, il a à lui tout seul permis à son club de rester en Premier League. Il a aussi fait les beaux jours de Reading, et est actuellement à 40 ans en pré-retraite aux Seattles Sounders, club où il a débuté. Les states forment des gardiens qui durent.

4. Carlos Bocanegra, le plus beau                                                                                                                         img-carlos-bocanegra_115553876441Carlos Bocanegra, élu deux fois meileur défenseur de MLS, a quitté Chicago en 2004 pour Fulham où il rejoint son compatriote Brian McBride. Rennes réussit une excellente opération en le recrutant en 2008, où il deviendra le chouchou des supportrices bretonnes qui le nomment joueur le plus sexy de Ligue 1. Il part ensuite à Saint-Etienne, puis aux Glasgow Rangers, qui décidément adorent les Américains, et enfin au Racing Santander en deuxième division espagnole, son club actuel. Il a 33 ans.

3. Michael Bradley, le plus pistonné                                                                                                                       Petit à petit, le fils du sélectionneur Bob Bradley vendu par les MetroStars de New York s’impose comme un titulaire indiscutable avec le SC Heerenveen en 2007. Il connaît le même succès en Bundesliga au Borussia Mönchengladbach et en Serie A au Chievo Verone. A 25 ans, il joue maintenant pour l’AS Roma et n’est pas étranger au statut de remplaçant de Daniele De Rossi. What a player !

2. Tim Howard, le plus étourdi                                                                                                                           Arraché à New York en 2003 par Manchester, Sir Alex fait venir le prometteur gardien comme numéro 3. Mais après les bourdes répétées de Fabien Barthez et de Roy Caroll, il devient le titulaire du poste. Il est le premier Américain à remporter la FA Cup et il est l’unique joueur de Manchester United à figurer dans le « onze idéal » de la Premier League à la fin de la saison. Malheureusement il accumule lui-même les boulettes par la suite et est donc définitivement poussé vers la sortie avec l’arrivée de Van Der Saar. Il rejoint Everton en 2006 où il est toujours titulaire malgré ses quelques « absences ». Le 4 janvier 2012, il devient le quatrième gardien de l’histoire de la Premier League à marquer un but, après Peter Schmeicher, Paul Robinson, et son compatriote Brad Friedel, à l’occasion d’une partie contre Bolton, durant laquelle il marque un but de sa propre surface de réparation.

1. Clint Dempsey, le plus fort

2012-04-09-clint-dempseyLe Rookie de l’année 2004 avec New England a scoré 23 fois lors de sa dernière saison avec Fulham, sans aucun doute la meilleure saison qu’un Américain n’aie jamais effectué en Europe. Il est devenu le premier Yankee à être dans les 50 meilleurs buteurs de Premier League et le premier à réaliser un hat-trick en match. Tottenham le recrute alors en 2012 et ne le regrette pas jusqu’à maintenant. Il est titulaire indiscutable chez les Spurs, et en est à la mi-saison à cinq buts inscrits. Un grand.

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La déroutante Superdraft 2013 de l’Impact Montréal

Mis à part le choix de Blake Smith, très courtisé et qui répond a un besoin de longue date par l’Impact Montréal, à savoir un milieu gaucher rapide, le choix des autres joueurs draftés par le club québécois a surpris.

Fernando Monge de UCLA, la véritable surprise
Fernando Monge de UCLA, la véritable surprise

Celui qui recueille le plus d’interrogations est le milieu Fernando Monge, sélectionné dès le deuxième tour, alors qu’il aurait été très probablement disponible mardi au Supplemental draft, une sorte de deuxième chance pour les joueurs laissés de côté lors du Superdraft. « C’est sûr, il y avait des joueurs rapides avec des qualités physiques supérieures sur le papier, mais lorsque nous étions autour de la table, nous ne cessions de nous dire avec le staff que cela ne correspondait pas au profil de joueur que nous souhaitons » s’est ainsi justifié Nick De Santis, le directeur sportif de l’Impact. « Monge est très technique, il lit bien le jeu et il peut aussi bien jouer comme deuxième attaquant, que milieu offensif. Poste où nous avions un manque ». Le choix peut aussi s’avérer surprenant parce qu’on s’attendait à ce que la franchise québécoise prenne un joueur canadien. Patrice Bernier et Karl Ouimette sont en effet les deux seuls canadiens sous contrat à Montréal, alors que le nombre de joueurs locaux requis est de trois minimum.

Paolo DelPiccolo, choisi au troisième tour, est un autre milieu que les scouts définissent comme intelligent. Une confirmation que Montréal veut s’orienter vers un jeu à l’européenne à base de possession de balle et de jeu posé. Le joueur est malheureusement en procès avec l’Eintracht Francfort et ne sera pas présent pour la reprise. Il a en effet été invité à s’entraîner par le club allemand il y a quelques semaines, ce qui est plutôt bon signe. Pour éviter que l’Eintracht Francfort ne le retienne, il a décidé de les traîner en justice. Montréal pourra se targuer d’avoir, au moins, recruté un joueur incisif. Faut-il encore qu’il parvienne à quitter l’Allemagne, ce qui ne semble pas aussi simple…

Grosse concurrence pour le gardien Brad Stuver
Grosse concurrence à venir pour le gardien Brad Stuver

Enfin, Brad Stuver sera sans le moindre doute le troisième gardien derrière Troy Perkins, arrivé en cours de saison dernière et titulaire, et Evan Bush. Choix étrange de le drafter, puisqu’on s’attendait à ce que Montréal fasse confiance à ses jeunes gardiens de l’académie, Maxime Crépeau ou Jason Beaulieu, annoncés comme prometteurs. Le nouvel entraineur en chef des gardiens, Youssef Dahha, aura beaucoup de boulot. On espère que Jérémy Janot viendra lui prêter main forte comme l’été dernier.

Des joueur de l’academie seront par ailleurs présents avec l’équipe première au camp d’entrainement lors de la reprise comme Maxime Tissot ou Wandrille Lefevre. Il y a d’ailleurs des chances que la troisième place de joueur canadien soit attribué à un des jeunes de l’académie. Mais inutile de deviner et d’anticiper les futurs évènements du club, l’Impact de Montréal nous réserve souvent des (belles) surprises.

Dossier: Salaires en MLS, l’explication du Salary cap

Thierry Henry a annoncé qu’il prendrait sa retraite à l’issue de la saison 2014. Il lui reste donc deux ans pour affoler les défenses de MLS et accessoirement, deux ans à toucher son immense salaire de joueur désigné. Mais pourquoi et comment la MLS a t-elle accepté l’arrivée de stars comme lui alors qu’elle s’était promis de ne plus renouveler l’expérience après l’échec de la NASL?

La NASL est morte en 1985 des suites d’une longue maladie qui avait débuté dix ans plus tôt, date à laquelle les stars sont arrivées dans ce championnat. Pelé avait permis de doper le nombre de spectateurs de la NASL et plus généralement l’engouement autour du soccer en 1975. Mais comme toute substance dopante, les effets secondaires peuvent être terribles. La star brésilienne devenait ainsi le symbole de la disparition du championnat nord-américain dix ans plus tard, même s’il avait pris sa retraite bien avant. Une sorte de tumeur naissante qui avait engendré l’arrivée d’une multitude de métastases, comprenez des joueurs aux salaires ravageurs, épuisant financièrement les franchises. Jusqu’à la mort.

Beckham n'a pas que fait la loi sur le terrain...
Beckham n’a pas que fait la loi sur le terrain…

Lorsqu’une ligue nord-américaine revoit le jour, bien évidemment les salaires sont bas. C’est d’ailleurs ce système low-cost qui permet la création d’un championnat. Les joueurs n’appartiennent plus aux franchises. La MLS est en effet désormais propriétaire du contrat de chaque joueur et elle offre un « salary cap » à chaque équipe, c’est à dire un unique plafond salarial que les formations ne peuvent en aucun cas dépasser. Jusqu’en 2007…

Cette année-là, le Los Angeles Galaxy s’intéresse à David Beckham, et c’est toute la MLS qui tremble. La MLS a appris à se méfier des stars, et s’est promis de ne plus renouveler les erreurs du passé. Mais Beckham est plus qu’une star, il est un produit « bankable ». Il peut rapporter gros à la MLS grâce à son image qui ne s’arrête pas seulement à celle du footballeur accompli. La MLS se laisse séduire. Son salaire dépasse évidemment largement le montant maximum autorisé (350.000$). Mais cette fois, il est hors de question que la Ligue se mette en danger dans cette opération en augmentant grandement la masse salariale, surtout pour un joueur vieillissant. Elle décide donc d’instaurer une nouvelle règle : la règle du joueur désigné, ou « loi Beckham ».

Cette loi permet à chaque franchise d’offrir à trois joueurs maximum d’un effectif un salaire illimité. La MLS ne paye que 335.000$ par an au joueur désigné, le club devant se charger du reste. Par exemple, Thierry Henry est payé 5.600.000$ par an. La MLS prend donc en charge 335.000 $, ce qui correspond à seulement 5% de son salaire, New York payant les 95% restants. Ce pourcentage n’est pas représentatif des joueurs désignés puisque l’attaquant français est le mieux payé en MLS, et de loin. Pour Marco Di Vaio, les 335.000 $ payés par la Ligue représentent 17% du salaire total, et pour Freddy Adu, ancien espoir déchu, 64%.

Ce Salary cap permet donc d’attirer des joueurs renommés qui ne seraient jamais venus jouer en MLS, et permet donc de braquer les projecteurs sur ce championnat. Mais voyons maintenant les inconvénients.

  Part joueur désigné Part restante pour les autres joueurs Moyenne/joueur Salaire mensuel
Pas de joueur désigné 0 $ 2.970.000 $ 123.750 $ 10.312 $
1 joueur désigné 335.000 $ 2.635.000 $ 109.791 $ 9.149 $
2 joueurs désignés 670.000 $ 2.300.000 $ 95.833 $ 7.986 $
3 joueurs désignés 1.005.000 $ 1.965.000 $ 41.875 $(-66%) 3.489 $(-66%)

Le salary cap pour chaque équipe est de 2.97 millions de dollars cette année. 2,97 millions que les 24 joueurs d’un effectif se partage. Le salaire minimum est de 44.000$ par an, et le maximum de 350.000$

Même si la perspective de voir une star débarquer aux USA est excitante, ce tableau nous montre clairement les inconvénients de posséder des joueurs désignés dans son équipe. D’une côté, plus une équipe dispose de joueurs désignés, plus l’équipe est hétérogène. En effet, si une équipe en comporte trois, les autres joueurs vont devoir se partager une masse salariale qui aura énormément fondu. Le salaire moyen annuel pour un joueur passe ainsi de 123.750 $ à 41.875 $, de quoi décourager les joueurs dits « moyens » du championnat. Il y aura une énorme différence de niveau entre un tel qui touche plus de 350.000 $ annuellement et un autre qui touche 40 000 $. De quoi susciter en plus de la jalousie dans le vestiaire. D’un autre côté, une équipe qui ne comporte pas de joueurs désignés, ou peu, sera donc beaucoup plus homogène. Sans grande star dans l’équipe, il n’y aura pas de fossé salarial entre les joueurs. Mais l’équipe sera bien sûr moins médiatisée.

En somme, ce salary cap a donc permis au jeune championnat d’établir une rigidité économique stricte, même si ce plafond salarial tend à augmenter chaque année. Il permet surtout un système paritaire, chaque franchise se voyant attribuer la même masse salariale que les autres. L’arrivée de la loi du joueur désigné permet l’arrivée de stars dans un championnat qui ne peut s’en passer pour survivre médiatiquement. Mais elle freine le développement de la MLS et son niveau général, en favorisant l’arrivée de joueurs souvent vieillissants au détriment des jeunes talents. Pour pallier cette problématique, la MLS a légèrement revu sa règle en 2012. L’âge du joueur a désormais son importance sur la part prise en charge dans la masse salariale. Les joueurs désignés de moins de 23 ans ne compteront que pour 200.000$ sur la masse salariale de leur club et ceux de moins de 20 ans seulement 150.000$ favorisant l’arrivée de cracks en puissance en tant que joueurs désignés. La MLS attend notamment l’arrivée de jeunes joueurs brésiliens pour amener plus de technique au championnat. C’est le cas du jeune prometteur Rafael qui vient d’être prêté par Bahia à DC United.

Ces règles tarabiscotées de la MLS ont aujourd’hui une résonance différente dans le monde. Le battement d’aile du président Platini va déclencher le plus violent des orages sur un autre continent. Le fair-play financier arrive.

Voici la liste exhaustive actuelle des joueurs désignés en MLS:

Début du contrat

Joueur

Nation

Club

Salaire

2010

Álvaro Fernández  URU Chicago Fire

$366,667

2012

Sherjill MacDonald  NED Chicago Fire

$487,125

2012

Shalrie Joseph  GRN Chivas USA

$554,333

2012

Oswaldo Minda  ECU Chivas USA

$68,750

2012

Federico Higuaín  ARG Columbus Crew

$324,000

2012

Hamdi Salihi  ALB D.C. United

$487,460

2013

Rafael  BRA D.C. United

$n/a

2011

David Ferreira  COL FC Dallas

$705,000

2012

Oscar Boniek García  HND Houston Dynamo

$151,250

2010

Landon Donovan  USA Los Angeles Galaxy

$2,400,000

2011

Robbie Keane  IRE Los Angeles Galaxy

$3,417,243

2012

Marco Di Vaio  ITA Montreal Impact

$1,937,508

2012

Jerry Bengtson  HND New England Revolution

$120,000

2010

Thierry Henry  FRA New York Red Bulls

$5,600,000

2012

Tim Cahill  AUS New York Red Bulls

$3,625,000

2012

Freddy Adu  USA Philadelphia Union

$519,000

2011

Diego Chará  COL Portland Timbers

$193,750

2013

Diego Valeri  ARG Portland Timbers

$n/a

2010

Álvaro Saborío  CRC Real Salt Lake

$405,625

2012

Javier Morales  ARG Real Salt Lake

$477,500

2010

Fredy Montero  COL Seattle Sounders FC

$756,000

2012

Mauro Rosales  ARG Seattle Sounders FC

$225,000

2012

Christian Tiffert  GER Seattle Sounders FC

$625,000

2013

Claudio Bieler  ARG Sporting Kansas City

$n/a

2011

Eric Hassli  FRA Toronto FC

$790,000

2011

Torsten Frings  GER Toronto FC

$2,413,667

2011

Danny Koevermans  NED Toronto FC

$1,563,323

2012

Barry Robson  SCO Vancouver Whitecaps FC

$596,500

2012

Kenny Miller  SCO Vancouver Whitecaps FC

$1,239,316

Pelé et les trois Glorieuses

En 1975, six mois après la non venue de Georges Best à New York, Phil Woosnam, le commissaire de la NASL, peine à se remettre de cette désillusion. Heureusement, il peut compter sur un nouvel allié très discret jusqu’à l’été 1975: Steve Ross, le boss du New York Cosmos.

Steve Ross (au centre) réalise le coup du siècle
Steve Ross (au centre) réalise le coup du siècle

Steve Ross, patron du New York Cosmos et président de la Warner est un homme de plus en plus ambitieux. Fort de ses coups de génies comme le rachat d’Atari en 1972, qui vient de créer le premier jeu vidéo (Pong), il veut maintenant s’imposer comme un personnage public mondial. Quoi de mieux que le sport et son équipe de New York pour arriver à ses fins. L’échec de la non venue de Georges Best est du passé, il veut un autre grand nom. Il demande conseil à Woosnam, toujours tourmenté par son échec, qui lui lâche deux patronymes sous forme de boutade: le Pape et Pelé. Ross dit qu’il peut faire venir le second facilement, d’ailleurs il ne connaît même pas le joueur. C’est cette incroyable candeur d’esprit qui va lui permettre d’oser réaliser le transfert du siècle, bien aidé par Henry Kissinger, le secrétaire d’état du gouvernement américain.

Steve Ross profite de sa position de président de Warner pour faire signer à Pelé plusieurs contrats, dont celui d’artiste qui lui permettra de payer le minimum d’impôts. A 35 ans, il signe pour trois ans avec un salaire annuel de 1,5 millions de dollars. Du jamais vu. Il joue son premier match dans la foulée contre Dallas au Yankee Stadium devant 300 journalistes venant de toute la planète. Le match est retransmis dans 22 pays. Pelé fait son premier entraînement avec ses nouveaux coéquipiers quelques minutes avant le match. La NASL est enfin crédible et Steve Ross devient très populaire par la même occasion.

Les débuts de Pelé

Pelé fait une très bonne fin de saison en marquant cinq fois mais son club a pris trop de retard pour pouvoir accéder aux playoffs. Le fossé entre le niveau de Pelé et celui de ses coéquipiers est ahurissant. Les spectateurs sont subjugués par les actions du Brésilien. Les saisons prochaines s’annoncent exaltantes, d’autant plus qu’une pléiade d’autres stars veulent maintenant rejoindre la NASL.

Gordon Banks signe à Fort Lauderdale, Geoff Hurst à Seattle, Rodney Marsh (le Pelé blanc) à Tampa Bay, Eusebio à Toronto, Bobby Moore à San Antonio, Chinaglia (joueur-star italien de l’équipe qui sera haï par tous) à New York  et Georges Best signe à Los Angeles où Elton John devient le nouveau propriétaire ! Le vent a décidément tourné… Les affluences s’envolent dans tous les stades, elles sont en hausse de 36% par rapport à la saison passée, déjà considérée comme une « bonne saison ». Woosnam profite de la présence de toutes ces stars dans son championnat pour organiser des matchs d’exhibition en Europe, mais aussi des rencontres aux USA entre son NASL All-Stars et les meilleures nations du monde.

NASL All-Stars vs England

Pelé sera seulement champion avec son équipe lors de sa dernière année de contrat en 1977. Ses trois saisons en NASL sont aussi les plus belles années de la Ligue, qui a depuis vue arriver d’autres stars comme Carlos Alberto ou Franz Beckenbauer, élu MVP dès sa première saison en 1977. Pelé a 38 ans quand il prend sa retraite, a marqué 31 buts et a distribué 25 passes décisives en 56 apparitions. Il fera rêver une 57ème fois les spectateurs de New York en guise d’adieu, lors d’un match amical entre le Cosmos et son club de toujours Santos. Pelé s’effondre en pleurs à la fin de son discours devant ses amis venus lui rendre un hommage, comme Muhammad Ali, Bobby Moore, ou Henry Kissinger. Il a conquis le cœur des Américains en l’espace de trois ans. Ce sont les trois Glorieuses.

Seulement voilà, la NASL ne le sait pas encore, mais elle est malade. Très malade même. Le départ de Pelé déclenche le compte à rebours. La NASL est en phase terminale, elle mourra d’une longue agonie quatre ans plus tard.

Je vous conseille le magnifique documentaire Once in a Lifetime : The Extraordinary Story of the New York Cosmos qui dresse le portrait des Etats-Unis des années 70, avec ses folies, ses dérives et surtout son sens de la fête.

@j_cortinovis