Beckham quitte la scène, mais prépare déjà son futur

Dix ans auparavant, si vous demandiez à un Asiatique, un Africain ou même à un Européen ce qu’ils savaient du Galaxy, les réponses auraient en grande partie tournées autour des étoiles et des planètes. Aujourd’hui, elles incluent forcément David Beckham. Un autre genre d’étoile me direz-vous…

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En étant l’instigateur du développement du soccer ces dernières années, Beckham a aussi placé ce sport sur de bons rails aux USA. Il lui a donné de la légitimité et de la visibilité en un rien de temps pour ce qui aurait dû demander des dizaines d’années sans lui. Dès son arrivée au Los Angeles Galaxy, l’intérêt pour le soccer, les courbes d’ audience et des affluences ont augmenté et point positif, elles n’ont pas baissé, même après son départ en 2012. Il a été mieux qu’une tête d’affiche. Il a été un levier, un influenceur, un ambassadeur.

« Il a apporté de la pertinence et de la crédibilité, ce que le soccer et la Major League Soccer continuent d’implorer chaque jour ! » ajoute Alexi Lalas, l’ancien international, maintenant consultant sur ESPN, qui était le manager général du Galaxy au moment de l’arrivée de Becks en Californie. « Quand les gens pensent à la MLS, il y a de grandes chances qu’ils visualisent David Beckham. Et la première équipe qui leur vient à la tête est Los Angeles. Je pense que dans des dizaines d’années, on regardera le passé et on considèrera l’arrivée de David comme le point d’orgue de la MLS et du soccer en général. Devant l’arrivée de Pelé, c’est pour dire ». Le soccer a toujours tenté de casser cette image de « sport de niche » aux US et il avait besoin de quelqu’un avec les qualités techniques et la notoriété pour le faire. Il avait besoin de Beckham, pas plus, pas moins. En somme, la MLS a plus gagné qu’elle n’a perdu, malgré son effroyable salaire qui, au final, lui a coûté 32,5 millions de dollars en quatre ans.

Son impact a été immédiat. Chaque match de Beckham au Home Depot Center s’est joué à guichet fermé, et c’était aussi le cas lorsque l’équipe se déplaçait à travers le pays. C’est ainsi que la moyenne des affluences est passée de 14 000 en 2006 à 19 000 après sa première saison. Clairement un rapport de cause à a effet. Beckham a aussi attiré les investisseurs. Avant qu’il ne rejoigne la MLS, le propriétaire du Toronto FC avait dû payer 10 millions de dollars pour participer au championnat. L’année dernière (dernière saison de Beckham en MLS), il a fallu débourser 40 millions de dollars pour que l’Impact Montréal s’incruste à son tour. Les futurs bacheliers ont l’exemple parfait de la loi de l’offre et la demande si jamais ils veulent réviser ce mécanisme économique.

Il a surpris plus d’un entraineur en Europe qui pensaient le récupérer après ses trois ans de « show case » en Californie

Ses escapades hors du terrain, ses sorties nocturnes (comme celle où Tom Cruise l’invita à une fête de bienvenue à LA) ont attiré l’attention des gens qui ne faisaient pas la différence entre MLS et UPS.  » Dès le départ, il y a eu de la curiosité » révèle Bruce Arena, le coach du Galaxy qui a entrainé Beckham quatre ans. « Et puis une fois qu’ils l’ont vu jouer, il sont revenus voir l’icône, mais surtout le joueur ». Car oui, le joueur n’a jamais déçu. Son maillot est devenu un « must » dans la ville et un objet convoité sur la planète. Le club a logiquement fait fructifier cet enthousiasme, notamment grâce aux tournées en Australie, en Nouvelle Zélande, en Indonésie ou aux Philippines.

L’Anglais a aussi permis l’élévation du niveau de jeu en permettant le recrutement d’autres très bons joueurs. La Major League Soccer a même du instaurer un système de rigueur qui limite la masse salariale, voyant que la MLS pouvait devenir « the place to play ». Elle ne voulait pas connaître la même déconvenue que la NASL avait connu dans les années 70. Grâce à la règle Beckham, chaque équipe de MLS peut comporter trois joueurs désignés. Ainsi lorsque le salaire des gros joueurs dépasse le salary cap, c’est la MLS qui paye le reste. Henry, qui joue toujours pour les Red Bulls de New York, a clairement suivi les pas de Beckham tout comme Robbie Keane à LA. Le Mexicain Rafa Marquez a aussi connu la MLS avec toutefois plus de déboires. « Attirer Beckham a permis de lancer un signal qui disait: Hého ! nous existons et avons l’ambition de recruter des tops joueurs ! » explique Andrew Zimbalist un économiste sportif de Smith College. « Si nous ne sommes toujours pas au niveau des championnats européens, nous sommes sur la bonne voie et David a été l’instigateur de tout ça. On surfe sur beaucoup de choses et l’avenir est plutôt rose, les chiffres parlent ».

Il a toutefois fallu un peu de temps au niveau des résultats pour que la symbiose prenne du côté de Los Angeles. Deux ans pour être exact. L’équipe a finalement remporté les deux derniers championnats. Beckham est resté une saison de plus de ce qui était initialement prévu et a surpris plus d’un entraineur en Europe , ces derniers se voyaient bien le récupérer après sa parenthèse américaine qui s’apparentait pour beaucoup à un long show case. C’était bien plus qu’une simple parenthèse inattendue. Et cette parenthèse ne s’est peut être pas définitivement refermée.

En effet, si l’Anglais a annoncé jeudi qu’il prendrait sa retraite le 26 Mai au soir de son dernier match avec le PSG, son impact aux USA pourrait se prolonger d’une manière directe. Il a en effet une clause spéciale avec la MLS depuis 2007 et la signature de son contrat qui lui permet d’être prioritaire pour devenir propriétaire d’une franchise ou bien d’en créer une nouvelle. Il est vrai qu’il a plusieurs fois révélé qu’une fois raccrochés ses crampons, il se concentrerait sur ce projet. En 2009, il déclarait: « J’ai cette possibilité de devenir propriétaire, ce que je ferais bien évidemment après ma carrière ». La BBC a révélé que le joueur a été approché par deux franchises pour devenir propriétaire en décembre. Par ailleurs, le Sud-Est des USA n’a toujours pas d’équipe et Miami pourrait être une piste sérieuse pour en créer une. Il faudrait pour ça que Becks débourse 25 millions de dollars, un prix bien en dessous de la précédente acquisition.

« Posséder une franchise n’est qu’une affaire de perception, et je pense qu’il n’y a pas mieux que David Beckham pour sentir le soccer » conclue Lalas. « Il est assez intelligent pour savoir ce qu’il ne sait pas et assez malin pour s’entourer des bonnes personnes. L’avoir comme propriétaire ne peut être que positif pour l’équipe qu’il aura en charge, mais aussi pour la ligue et pour le soccer ». Parmi ses conseillers, Simon Fuller, le patron de XIX Entertainment qui manage aussi la carrière de Lewis Hamilton et Andy Murray. D’après de nombreuses sources américaines, David Beckham préparerait son retour aux Etats-Unis. En attendant, il doit faire ses adieux comme footballeur de légende.

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