Montréal VS New York: le favori n’est plus celui qu’on croit

Être considéré comme favori est un peu nouveau pour l’Impact Montréal. Mais cette fois, avec trois victoires en trois matches, difficile de nier le contraire, du moins statistiquement parlant. D’autant plus que la franchise canadienne recevra les Red Bulls qui n’ont pas encore gagné cette saison.

Montréal New York
Montréal a commencé la saison en trombe

De manière compréhensible, un peu comme Montpellier en France l’a fait la saison dernière, le staff technique a préféré calmer les ardeurs toute la semaine. « Je ne pense pas que nous sommes favoris » a confirmé l’entraineur adjoint Mauro Biello. « Nous jouons quand même contre New York, une excellente équipe sur le papier. Ils concourent pour la MLS Cup ! De notre côté, nous devons être prêts à affronter de telles formations. Oui, nous avons neuf points. Oui, les choses vont plutôt bien pour nous. C’est vrai, ils vivent un début de saison difficile. Mais chaque personne ici sait que cela va être très difficile ». Rappelons tout de même que New York ne pourra pas compter sur Thierry Henry (blessé), ni sur Tim Cahill et Roy Miller (appelés en sélection australienne et costaricaine).

Les joueurs, pour leur part, semblent bien s’accommoder de cette situation nouvelle puisqu’ils ont déjà été sous le poids des attentes la saison passée pour leur premier championnat. La différence cette année, c’est que ces attentes viennent de l’extérieur, et qu’elles sont montées d’un cran.

« On ne nous prend plus à la légère comme c’était le cas la saison passée »

« Peut être que maintenant, les autres équipes nous considéreront comme un redoutable adversaire et ne nous prendront plus à la légère comme ç’était le cas » s’offense Collen Warner, le milieu défensif de l’Impact. « J’ai senti plusieurs fois l’année dernière qu’il était plus facile pour nous de jouer à l’extérieur contre des grosses équipes. Ces dernières n’étaient pas aussi agressives que contre d’autres équipes. »

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Luyindula sera-t-il titulaire?

On se rappelle que l’année dernière les Red Bulls s’étaient inclinés à Montréal 3-1 en juillet dernier, pour ce qui étaient les débuts d’Alessandro Nesta avec l’Impact. Le joueur italien ne sera d’ailleurs pas là, puisqu’il s’est blessé à l’adducteur lors du dernier match, provoquant les inquiétudes de toute une ville (il sera absent deux semaines finalement). Hassoun Camara devrait le remplacer faisant rentrer le suisse Dennis Iapichino dans le dispositif. La défense n’a pour le moment encaissé que deux buts, dont l’un sur penalty, et l’équipe espère ne pas ressentir l’absence de son leader dans l’axe de sa défense. L’attaque new yorkaise déjà peu en forme et décimée, on devrait assister aux débuts de Peguy Luyindula, qui a signé son contrat et reçu son visa cette semaine. Un joueur qui suscite beaucoup de doutes du côté du New jersey après trois mois d’essai. Du jamais vu.

L’Impact Montréal est donc attendu au tournant ce samedi, mais les journalistes américains retourneront probablement leur veste en cas de défaite. Tout cela importe peu au capitaine Davy Arnaud: « Je pense que nous devons comprendre ce qui nous rend plus fort. Sans parler du statut favori, gagner trois matches ou en perdre trois de suite, notre approche ne doit pas changer d’un poil même si d’autres personnes tentent de perturber notre préparation ». Place au choc !

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Le Rivalry week fini, quel bilan?

Il me semble que ce Rivalry Week, qui ressemble pourtant à une très bonne idée, est arrivé un peu trop tôt. C’est un peu comme si un bon gros morceau de steak bien savoureux et parfaitement grillé vous était servi à l’heure du petit déjeuner. Il n’y a rien à dire concernant le produit, mais ce n’est simplement pas le bon timing…

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En bonus, moi avec un chapeau texan lors d’un séjour à Dallas

Vraiment? Le MLS Rivalry Week devait vraiment arriver en mars, au 3ème round alors que le calendrier en compte 34 ? Pour rappel, la MLS a tenté une innovation en essayant d’organiser pour le compte de la 3ème journée de championnat des matches opposant exclusivement des équipes rivales. Je pense juste qu’il aurait été préférable d’avoir ce genre de matches en fin de saison régulière, vers la fin août ! Lorsqu’ils vont regarder les affluences du week end dans les stades, les dirigeants de la MLS vont être indéniablement déçus. Le timing était définitivement mal choisi.

D’un côté, c’est vrai, les tribunes étaient pleines du côté de Montréal, de Seattle, ou encore en Utah pour le duel des Rocheuses entre le Real Salt Lake et Colombus Crew. Mais encore heureux ! Par contre, d’un autre côté, les gradins n’étaient pas « full » du côté de Philadelphie, de New York et de Dallas. Très surprenant aussi, le Home Depot Center n’affichait pas complet pour le SuperClasico (Los Angeles Galaxy – Chivas).

Peut être qu’il aurait été plus judicieux de laisser encore un peu se dérouler la saison qui vient de commencer avant de vouloir déclarer les hostilités entre supporters. Cela dit, j’applaudis cette innovation qui a excité mon intérêt. La MLS est à bien des égards en avance grâce à ses régulières innovations qui en font un championnat de plus en plus attractif. Vivement le Rivalry Week 2014, mais avec quelques ajustements…

Voir aussi l’article sur les explications des matches du Rivalry week https://majeureliguefootball.wordpress.com/2013/03/17/la-rivalry-week-une-premiere-en-mls/

@j_cortinovis

Le Rivalry Week, une première en MLS

Rivalry weekLa Major League Soccer a tenté quelque chose de nouveau cette année en essayant d’organiser pour le compte de la 3ème journée de championnat des matches opposants exclusivement des équipes rivales (vous verrez que c’est pas toujours le cas). NBC, le partenaire TV de la Ligue, a donc diffusé toute la journée de samedi sept matches de prestige (10h de direct non stop), et va en diffuser deux autres ce dimanche. Avec des rivalités de plus en plus marquées, le championnat devient plus attractif. La MLS l’a bien compris. Place donc au Rivalry Week.

Matches de samedi:

Portland Timbers – Seattle Sounders (1-1)

Avec près de 40 ans d’histoire en commun, la rivalité Timbers / Sounders est l’une des plus importantes dans le soccer puisque les deux équipes avaient déjà une équipe, portant le même nom ou presque à l’époque de la NASL. Les supporters des deux clubs très nombreux ainsi que les projecteurs qui ont accompagné leur entrée commune en MLS en 2009 ont contribué à alimenter la tension entre deux villes distantes de 232 kilomètres. Un derby.

DC United – Red Bulls New York (0-0)

Washington DC et New York ne sont pas des rivaux dans tous les sports, mais les incidents antécédents entre les deux clubs de l’est lors de l’Atlantic Cup en font un match, comme chaque année, très attendu. Par ailleurs, les MetroStars (puis les MetroStars) étaient supposés domptés la MLS depuis son lancement en 1996. Mais c’est bien DC United qui a dominé les débuts du championnat en remportant trois des quatre premières MLS Cup. Le choc entre la capitale et la plus grande ville des USA est toujours quelque chose de particulier. Hier, ce match était aussi attendu pour les débuts en 2013 de Dwayne De Rosario, ancien Red Bull, avec son club de DC United.

Colorado Rapids – Real Salt lake (1-1)

Le duel des Rocheuses aura certes une saveur régionale, mais il est difficile de parler de rivalité tant le Real Salt Lake est (depuis quelques années) supérieur. Même si Denver est une ville plus cosmopolite, c’est à Salt Lake que le soccer a pris forme. La rivalité ici est juste géographique. C’est en quelque sorte une bataille entre le grand frère et le petit frère.

Toronto FC – Impact Montréal (1-2)

Voir l’article : Impact Montréal vs Toronto FC: plus que du soccer  https://majeureliguefootball.wordpress.com/2013/03/14/impact-montreal-vs-toronto-fc-plus-que-du-soccer/

Chicago Fire – Sporting Kansas City (0-0)

La programmation de ce match était une aubaine pour les supporters des deux franchises, alors qu’il aurait été logique d’opposer Chicago à New England Revolution, habitués à livrer des duels acharnés. Chicago est la ville dominante de cette région des Etats-Unis alors que le Sporting Kansas City devient petit à petit une équipe avec une identité forte et est tout simplement l »une des meilleures franchises de l’est. Les fans de Kansas sont de plus en plus nombreux grâce aux bonnes performances de l’équipe, et ils cherchent forcément une équipe à haïr. Ils ont donc déplié la carte des USA et ont pointé la ville de MLS la plus proche d’eux…

New England Revolution – Philadelphie Union (0-1)

Boston et Philly bataillent chaque année pour participer au Super Bowl et soulever la Stanley Cup dans les autres sports, mais de là à parler de rivalité, c’est sûrement exagéré. En fait, ils sont plutôt unis dans leur haine contre New York. Union et Revolution n’ont pas beaucoup d’histoire en commun, mais ils devaient jouer ce week end alors la Ligue a décidé de les opposer par élimination.

San José Earthquakes – Colombus Crew (1-1)

Les Earthquakes ont gagné le Supporter Shield l’année dernière. La logique aurait voulu les opposer à Los Angeles Galaxy qui ont gagné la MLS Cup pour un duel au sommet de Californie. Les deux équipes se sont opposés en playoffs dans des parties acharnées à l’image de ce qui se passe depuis 1996. Mais la Ligue a préféré planifier un duel Los Angeles – Chivas sûrement pour aider l’autre franchise de Los Angeles, qui peine à se populariser, à rameuter du public, car oui le stade sera à coup sûr plein. C’est dommage pour San José et Colombus qui ne sont donc pas rivaux. Colombus Crew aurait quant à lui préféré jouer contre Chicago pour des raisons géographiques. Malheureusement pour les deux clubs, leur partenaire de danse étaient pris. C’est tout de même une jolie affiche.

Matches de dimanche:

FC Dallas – Houston Dynamo (3-2)

« Everything is bigger in Texas » comme le dit l’expression, alors pour les Texans, il s’agit sans contestation aucune du principal match de ce rivalry week. La rivalité entre Houston et Dallas a un enjeu extra-sportif clair. Un antagonisme qui date de la guerre de sécession. Sur le terrain, il y eut des duels pour les moins âpres mais les changements dans les deux équipes au cours des deux dernières années ont calmé les ardeurs.

Los Angeles Galaxy – Chivas (1-1)

Les deux franchises de Los Angeles partagent une même ville et un même stade en commun le Home Depot Center, à l’image des deux clubs milanais ou des deux club de Rome. On le sait, Chivas et LA Galaxy n’ont rien d’autre en commun. C’est le choc des cultures. C’est pourquoi ils se détestent mutuellement malgré un respect voulu par les dirigeants des deux clubs. La Ligue essaye de faire passer ce match pour un « SuperClasico », mais il faut avouer qu’il est difficile de le considérer comme tel. Chivas est clairement l’une des équipes les plus faibles de la MLS (malgré quelques très bons joueurs comme Laurent Courtois) alors que le Galaxy domine la MLS depuis quelques temps.

Obafemi Martins à Seattle: la grande évasion

Les Sounders ont annoncé la fin de l’épilogue concernant le transfert de Obafemi Martins. Le nouveau joueur désigné pourrait même être aligné dès samedi contre Portland.

Obafemi Martins débarque à Seattle après un mois de négociation
Obafemi Martins débarque à Seattle après un mois de négociation

Obafemi Martins débarque à Seattle après un mois de négociations. Cela a pris du temps. Les émissaires de Seattle se sont épuisés à réaliser des allers-retours pendant plus d’un mois entre leur ville, située à l’extrême ouest des Etats-Unis, et Valence, à l’extrême est de l’Espagne, pour négocier avec Levante qui ne comptait pas laisser partir sa star aussi facilement. Mais le joueur en avait assez de la Liga et de Levante et a donc décidé de racheter lui-même sa clause de cession, de l’ordre de 3 millions d’euros, afin d’accélérer le processus et de filer dans le nord ouest des USA. Pour Obafemi Martins, racheter sa clause de cession « est un bon deal pour le club et moi et se sera surtout une super chose pour ma famille d’aller aux Etats-Unis. »

Les termes exactes de l’entente ne sont pas connus, mais on sait que l’attaquant de 28 ans sera le dernier des trois joueurs désignés que l’équipe peut compter et qu’il prend cette place au détriment du milieu Christian Tiffert. Il portera le fameux numéro 9, numéro abandonné en 2010 depuis le départ de l’international suisse, Blaise Nkufo.

La longue période de tractation n’a pas été simple pour Martins, et si le Nigérian semble en vouloir à son désormais ancien club, il a hâte d’enfiler le maillot des Sounders: « Levante est loin d’avoir rendu les choses simples. Mais je suis enfin ici, et c’est tout ce qui compte ». D’après son nouveau coach Sigi Schmid, Martins pourrait jouer dès samedi au CenturyLink Field contre Portland dans le cadre du « Rivalry Week » (la semaine des rivalités avec des matches qui opposent des clubs qui se détestent): « Il n’a pas eu l’opportunité de s’entraîner avec nous ou même d’avoir pu échanger avec ses coéquipiers, mais ce qui est super et encourageant, c’est son désir d’être ici, son désir de rester avec l’équipe et de vivre à fond ce premier match à la saveur si particulière ». Il ajoute: « Il connait l’importance de ce match et veut le disputer. C’est un bon exemple pour les joueurs présents ».

Martins, le symbole du changement de politique

Martins a cependant admis qu’il était un peu fatigué à son arrivée à l’aéroport de Seattle-Tacoma International Airport. Et même s’il n’a pas pu s’entrainer depuis deux jours, il est prêt: « C’est pourquoi je suis ici ». Obafemi Akinwunmi Martins pourrait être la pièce manquante du puzzle dans une attaque orpheline de Fredy Montero depuis le début de la saison. Les propriétaires ont affirmé durant la pré saison que la stratégie du club avait changé et que l’argent ne serait plus un obstacle concernant la venue des tops joueurs. La signature de Martins est la preuve de cette nouvelle politique offensive puisqu’elle permet, il faut le rappeler, l’arrivée d’un meilleur joueur d’une équipe issue de l’un des meilleurs championnat du monde.

« Cette démarche est conforme à ce que nous avions promis aux fans. Nos supporters sont les meilleurs de la MLS et méritent une équipe compétitive » Joe Roth, président de Seattle

Martins joue déjà depuis 12 ans au top niveau même si ses clubs sont de moins en moins prestigieux au fil des années. En Angleterre à Newcastle, en Italie à l’Inter de Milan, en Allemagne à Wolfsburg et donc en Espagne à Levante, il collectionne 103 buts en 316 matches. Hormis quelques jolis perles, et d’acrobatiques célébrations qui s’en suivent, il ne devient pas le tueur des surfaces que l’on attendait. Et c’est d’ailleurs un peu en catimini, et surtout gratuitement, qu’il signe l’été dernier à Levante, alors qu’il avait été acheté 9 millions d’euros par Kazan en 2010… La Liga découvre alors un joueur qui a indéniablement du talent (9 buts en 22 matches) mais qui semble pratiquer le football un peu comme on s’entiche d’un hobby. Parfois décisif mais souvent peu concerné par le sort de son nouveau club, Obafemi Martins repense sans doute aux mésaventures et aux drames qui ont marqué sa vie en dehors des terrains. En 2005, alors qu’il évolue à l’Inter, un scandale éclate autour de son âge, puisque d’un coup d’un seul, la fédération nigériane le fait passer de 21 à 24 ans. Martins n’y est pour rien, mais il devient alors le symbole des éternels soupçons de falsification d’états civils.

Victime d’une attaque à main armée

Plus grave, en 2007, celui qui joue désormais à Newcastle, est victime d’une attaque à main armée tandis qu’il sort d’une station essence au Nigeria. Les coups de feu sifflent, mais le buteur sort indemne et traumatisé de cette agression. Faits divers, et gazole, toujours, un an plus tard, la mère du joueur fait partie de la dizaine de victimes qui décèdent lors d’une explosion d’un camion citerne en plein Lagos. De quoi donner envie de se concentrer sur d’autres priorités que le football.

Il a par ailleurs été sélectionné à 38 reprises avec le Nigéria pour 18 buts participant à une Coupe du Monde et trois Coupe d’Afrique des Nations. Il devrait d’ailleurs reprendre l’avion pour cette fois l’Afrique le 23 Mars pour disputer le match qualificatif à la Coupe du Monde contre le Kenya. En attendant, l’ancien compère d’Adriano à l’Inter (les fans des PES apprécieront) va rencontrer ses nouveaux coéquipiers aujourd’hui et préparer le match que les supporters des Sounders attendent particulièrement: « J’ai regardé les matches de Seattle pendant cette période de transfert difficile. Et voir ces supporters…. ils sont complètement fous ! ». Avant d’ajouter: « Ils aiment le football. je veux vraiment voir ce qui va se passer maintenant que je serai sur le terrain… ». Réponse certainement aujourd’hui pour ses grands débuts.

Et Martins est effectivement rentré en jeu...
Et Martins est effectivement rentré en jeu…