De tous les combats

Guy Novès a la gagne dans la peau. Même devant les Prud’hommes, le plus grand entraîneur de l’histoire du rugby français s’est toujours donné les moyens pour remporter ses bras de fer. Car l’idée de son autobiographie, intitulée « La tête haute », et sortie chez Hugo Sport, est née d’une désillusion qui l’a profondément blessée, celle de voir son rêve de conduire le XV de France jusqu’au Mondial 2019 anéanti. Une injustice, à ses yeux, dont il livre les détails dans la dernière partie de ce livre, qui revient sur sa carrière prolifique et son incroyable parcours. Car, résumer l’aventure du Toulousain à cette dernière expérience douloureuse, serait malhonnête tant ce technicien a marqué l’histoire de sa discipline. Dix titres de champion de France, quatre victoires en Coupe d’Europe, ça classe en effet un bonhomme, également réputé pour sa science du beau jeu. Alors, pour rendre au rugby ce qui lui a apporté, Guy Novès a écrit ce livre en forme de mémoires, histoire de transmettre les valeurs qui lui sont attachées. Un récit de vie bien loin du règlement de comptes. 

La tête haute, mon autobiographie de Guy Novès (avec la collaboration de Jean-Louis Laffitte et Grégory Letort), Hugo Sport, 280 pages, 17,95 euros

Le Vert à moitié plein

Le passé comme remède à la saison compliquée vécue par Saint-Etienne. C’est ce que propose Bernard Lions aux supporters rhodaniens en sortant « Derrière la porte verte », aux éditions Solar, recueil d’anecdotes croustillantes qui ont marqué l’histoire de l’ASSE durant ces vingt dernières années. Témoin privilégiée de cette ère, ce grand reporter à L’Equipe en a vu des vertes et des pas mûres au sein d’un club pas comme les autres, et les a rapportées dans un ouvrage bien fichu. Vous découvrirez ainsi que Didier Deschamps était tout proche de s’asseoir sur le banc de Geoffroy-Guichard, qu’un maître-chanteur a fait trembler toute une institution ou qu’une légende urbaine circule entre deux ex-coéquipiers se disputant le même enfant. Des secrets de vestiaire incroyables qui façonnent l’ADN d’un club qui, a certes perdu son lustre d’antan, mais pas son incroyable popularité. C’est clair comme un tacle de Loïc Perrin, une fois avoir poussé la porte du vestiaire stéphanois, impossible  de rester indifférent à ce que l’on y trouve.

Derrière la porte verte – Bernard Lions – Editions Solar – 432 pages – 17,90 euros

Welcome to the jungle

On a mal à notre football français ! La crise sanitaire n’a fait qu’amplifier les dérives du sport populaire par excellence et beaucoup d’acteurs du ballon tricolore ne verront pas le bout du tunnel. Et l’ouvrage « Foot, la machine à broyer », sorti aux éditions Solar, ne va pas forcément rallumer la flamme des âmes meurtries tant le propos nous éloigne encore plus du jeu que l’on chérit. En revanche, il dresse un constat amer mais implacable du sport business où l’argent, la violence ordinaire et des agents sans scrupule guident le parcours de jeunes talents aux destins brisés. A travers une enquête fouillée et truffée de témoignages, Eric Champel, l’homme qui a révélé le Qatargate, nous ôte définitivement les œillères sur une face plus ou moins cachée du football. Et l’on ne sait pas si on doit le remercier pour cette lecture remarquable ou si on doit le haïr pour nous plonger dans ce monde parallèle que l’on aimerait immergé.

Foot: la machine à broyer – Eric Champel – Solar Éditions – 394 pages – 17,90 euros.

american trip

De Christian Jeanpierre, on connaissait le commentateur vedette de TF1, le reporter tout-terrain ou encore le parrain de plusieurs associations. Très peu l’écrivain, pourtant auteur de l’excellent 48 2/3 qui recensait les personnalités incroyables que l’ex « Monsieur sport » de la première chaîne avait pu rencontrer au cours d’une carrière bien remplie. CJP rempile pour un deuxième bouquin, baptisé 2026, le jour où le football deviendra américain, où il est cette fois question de fiction inspirée de faits réels. Car, le journaliste a encore pioché dans ses expériences et son répertoire pour raconter l’histoire d’un jeune garçon jugé trop faible physiquement pour prendre une licence de football américain et qui se rabat sur le soccer. S’en suit un bras de fer féroce entre les fédérations de ces deux disciplines pour se disputer ce talent brut. Un thème passionnant qui se nourrit de toutes les anecdotes, conversations et secrets entendus dans les coulisses de ses émissions. Et qui en dit long sur l’évolution du foot dans les années à venir.

2026, l’année où le football deviendra américain – Christian Jeanpierre Solar Editions – 353 pages – 14,90 euros.