Les impitoyables Playoffs 2012

Après la saison régulière où les joueurs ne ressentent pas spécialement la pression du résultat, les cinq meilleures franchises de chaque conférence s’affrontent maintenant en playoffs. Une sorte de phase finale (comme en Ligue des Champions après les phases de groupe). Ces matches aller-retour ne font pas l’unanimité chez nous. Certains les aiment pour la montée progressive d’adrénaline. D’autres ne les apprécient guère en estimant qu’ils privilégient la forme du moment au détriment de la régularité sur une saison entière. C’est pourtant une spécialité bien ancrée dans la culture nord-américaine présente dans les autres sports majeurs.

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Les playoffs: L’Ouest contre l’Est. Imaginez la même chose en France avec une conférence Nord et une Conférence Sud…

NBA, NHL, NFFL etc… Les Ricains adorent le système des playoffs car il leur offre des matches divertissants et spectaculaires. Les joueurs, eux, ressentent une grosse pression sur leurs épaules, qu’ils n’ont pas en saison régulière, puisqu’une erreur lors des playoffs peut mettre fin à la saison de leur franchise. Et ce n’est pas Rafa Marquez qui dira le contraire…Tout est remis en jeu à chaque match. Ailleurs, on préfère récompenser le champion par sa régularité sur toute une saison. Le seul vrai souci pour moi, c’est que ce système de playoffs fait affronter la meilleure équipe de chaque conférence en finale, alors que parfois, les deux meilleures équipes peuvent se retrouver dans la même conférence. C’est dommage. Retour sur les Playoffs de la saison 2012.

Conférence Ouest:

Real Salt Lake - Seattle Sounders
Salt Lake City cherche un buteur, mais ça ne sera pas Freddy Montero de Seattle apparemment

Le Real Salt Lake (2ème) connait une fin de saison compliquée et confirme ses grosses difficultés à marquer contre Seattle alors que lors des deux matches, les Sounders (3ème) sont pourtant réduits à dix. Seattle arrive finalement à scorer un petit but lors du match retour et gagne son ticket pour la finale de la Conférence Ouest. Le Real est prié de recruter un buteur pour la saison prochaine, merci.

L’autre demi-finale de la Conférence est la plus attendue. Le Montpellier des USA, San José Earthquakes, versus le tenant du titre, Los Angeles. Une demi-finale 100% californienne. San José marque un but sur le terrain de Los Angeles à la dernière seconde lors du match aller (0-1) et s’offre un boulevard pour aller en finale. D’autant plus que San José mène au bout de quatre minutes lors du match retour. Il faudrait un tremblement de terre pour que les Earthquakes n’aillent pas en finale…. Mais Robbie Keane fait parler son statut de joueur désigné à Los Angeles pour inscrire un triplé et dégoûter définitivement San José, auteur d’une incroyable performance en MLS cette saison et qui sort donc dès les demi-finales. (1-3).

Robbie Keane on fire lors des playoffs
Robbie Keane on fire lors des playoffs

La finale de la Conférence oppose donc Seattle à Los Angeles, et le Keane is back. Un doublé au match aller (3-0), et un but au match retour permettent grandement à Los Angeles d’accéder pour la deuxième fois d’affilée à la grande finale de la MLS Cup, malgré la victoire de Seattle au match retour (2-1). Robbie Keane ne saute pas, n’est pas marseillais, mais se gave littéralement durant ces playoffs !

 

Conférence Est:

A l’Est on assiste à l’élimination surprise des New York Red Bulls dès les demi-finales contre DC United. Un match nul à l’aller et une défaite au retour que les supporters mettront sur le dos de Rafael Marquez, expulsé bêtement, et de l’entraineur suédois Hans Backe, pas prolongé à la tête des désormais Dead Bulls.

Il ne faisait pas bon d’être en tête de sa Conférence puisque Kansas City sort de la compétition plus tôt que prévu à cause d’un match aller totalement loupé (2-0). La victoire au match retour ne changera rien. Houston est en finale de Conférence. Les Blues nourrissent de gros regrets car avec San José, ils étaient les favoris au vu de leur saison. Le Sporting se rattrape tout de même avec la Coupe des USA, mais elle n’a pas la même saveur que la MLS Cup.

Will Bruin (23 ans), grand artisan de la réussite de Houston
Will Bruin (23 ans), grand artisan de la réussite de Houston

Le Dynamo de Houston, auteur d’un début de saison catastrophique ne cesse de monter en puissance et s’impose en finale de la Conférence Est contre DC United à l’aller (3-1) et assure au retour (1-1) malgré un but de Branko Boskovic. Le joueur désigné de DC fait d’ailleurs ses adieux au RFK Stadium de Washington ému ce soir là, magnifique enceinte de 45 000 places.

La MLS Cup

C’est le nom donné à la grande finale des deux vainqueurs des deux conférences. L’affiche de la finale de la Coupe MLS est la même que celle de l’an dernier : LA Galaxy – Dynamo Houston. Le match se joue à guichets fermés à Carson au Home Depot Center, le Stade du Los Angeles Galaxy, puisqu’il est le tenant du titre. Beckham joue son dernier match avec la franchise de Los Angeles. Et il est en grande forme…

Le mieux est de regarder le résumé du match. J’adore la scénarisation/réalisation de l’avant match ! Ça, c’est les States !

 

@j_cortinovis

 

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La saison régulière de la MLS 2012

Pour mieux comprendre de quoi sera fait le prochain championnat de MLS qui débute en Mars, un résumé de l’épisode précédent est propice. Je vous propose un résumé en deux parties de la saison 2011. Retour sur la saison régulière. Dans l’épisode précédent donc.

La grande nouveauté, c’est l’arrivée d’un nouvel acteur canadien en MLS : l’Impact de Montréal, qui jouait en NASL (équivalent de la 2ème division) en 2011. Le président Saputo met la main à la poche, et en Amérique du Nord, quand on paye, on a le droit de rentrer en MLS. L’AS Monaco likes this !

Nesta s'était déjà démis l'épaule en enfilant son nouveau maillot
Nesta s’était déjà démis l’épaule en enfilant son nouveau maillot

Pas question de faire de la figuration, le club voit les choses en grand. Une colonie italienne envahit la ville québecoise: Marco Di Vaio, Bernardo Corradi, Matteo Ferrari, mais surtout Alessandro Nesta qui arrive à la mi-saison, puis qui se blesse… Une sorte de running-gag loin d’être marrant lorsqu’il s’agit d’un joueur désigné. Mais c’est un joueur canadien qui se révèle là-bas: Patrice Bernier, 33 ans, ancien joueur de hockey passé par Kaiserslautern en 2007.

San José régale en conférence Ouest

Une équipe crève l’écran durant la saison régulière, elle ne se trouve pas loin de Hollywood, mais il ne s’agit pas du Los Angeles Galaxy, mais bien des San José Earthquakes.

San José, c'est le Barç...
San José, c’est le Barç…

Equipe très moyenne depuis sa renaissance en 2008, San José se révèle au grand jour par sa qualité de jeu, sa folie et son buteur Chris Wondolowski (29 ans), auteur de 27 buts. Un exploit. Une saison de tous les records pour la franchise californienne qui finit la saison régulière en tête, avec 9 points d’avance sur le deuxième de sa Conférence, le discret mais solide Real Salt Lake, champion en 2009, qui a toutefois eu de grosses difficultés à scorer.

Seattle finit à la troisième place synonyme de dernière place qualificative directe pour les playoffs. Et Los Angeles dans tout ça? Une saison irrégulière pour le tenant du titre. Pas assez fort pour se qualifier directement en playoffs, mais assez costaud à partir de l’été grâce à ses joueurs désignés pour finir à la quatrième place et jouer les barrages contre le cinquième: les Whitecaps (moutons) de Vancouver, club créé en 2009 qui s’est effondré en deuxième partie de saison. Durant cet unique match (pas de retour), Los Angeles s’impose chez lui difficilement grâce à un but de son autre star et de son meilleur joueur, Landon Donovan, sur penalty ! Une première partie de saison vraiment limite pour le tenant du titre. Mais la concurrence était trop faible, malgré la belle remontée du FC Dallas, pour assister à une élimination des copains de Becks.

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Kansas et son rideau de fer à l’Est

En conférence Est, c’est une autre équipe qui étonne, moins par sa folie dans le jeu mais par sa solidité défensive. Kansas City et son défenseur français Aurélien Collin commencent la saison par sept succès d’affilée ! Ça se gâte par la suite, mais l’équipe finit tout de même en première position (seulement 27 buts encaissés en 34 matches, 41 pour Chicago et Houston deuxièmes meilleures défenses de la Conf est).

Kansas City remportera l’US Open Cup, l’équivalent de la Coupe de France par la suite contre les Seattle Sounders, pourtant coutumiers du fait (ils étaient tenants du titre depuis trois ans).

Collin
Les coéquipiers de Collin ont beau le retenir, il pourrait bien partir après sa saison monstrueuse

DC United (le club de Washington DC), qui comptait dans ses rangs le MVP de la saison dernière (Dwayne De Rosario), réalise une très bonne saison  notamment grâce à l’explosion de Chris Pontius. Retenez ce nom. Les Red Bulls de New York complètent le podium avec des performances très accomplies, mais aussi des rencontres où les joueurs sont méconnaissables, comme Rafa Marquez qui devient une cible des (rares) supporters new-yorkais. Thierry Henry fait une meilleure saison que la précédente avec 15 buts en 25 matchs. Il a marqué un but tous les deux matches depuis ses débuts en MLS.

En barrage, on a donc droit à un joli Chicago Fire vs Dynamo Houston. Deux bonnes équipes de MLS. Et ce sont les Texans de Houston qui s’imposent 2-1 au terme d’un match à suspense. Houston peut donc oublier son terrible début de saison. Chicago est éliminé malgré une saison honorable ! Déception concernant Philadelphie auteur d’une saison quelconque et qui ne s’est jamais remis du départ de Sébastien « warrior » Le Toux. La réciproque est aussi vraie, le Français n’ayant marqué qu’un seul but pour les Red Bulls, mais on ne peut pas mettre Le Toux à l’égout, avec de nombreuses passes décisives.
Conf East
Les équipes qui terminent premières de leur Conférence, San José et Kansas City donc, sont assurées de jouer la Ligue des Champions de la CONCACAF. Mention spéciale à San José qui remporte le MLS Supporters’ Shield, trophée décerné chaque année à l’équipe ayant obtenu le plus de points lors de la saison régulière. À l’origine, cette récompense, non reconnue par la Ligue, était attribuée par les supporters (d’où son appellation).

L’avantage de ne pas finir dans les cinq premiers de sa conférence, c’est qu’on est en vacances avant les autres. La prochaine fois, je vous raconte les fameux playoffs.

See U buddies !

@j_cortinovis

Blatter, le Suisse qui veut aller vite

« Depuis que nous leur avons donné la Coupe du Monde en 1994, il s’est passé 18 ans j’estime que tout reste à faire, et qu’ils sont à la peine » – Sepp Blatter, Janvier 2012.

"J'ai pas touchéo à la MLS"
« J’ai pas touchéo à la MLS »

Cette phrase n’a pas été balancée au hasard et par n’importe qui. Non, elle est signée par le Capo du football mondial, Sepp Blatter. Comme quoi, même à 76 ans, on est encore capable de mettre des coups. Car il s’agit bien là d’une petite claque adressée à la Major League Soccer, ou plutôt à la fédération américaine de foot (USSF) et à son président indien, Sunil Gulati.


Depuis, le commissaire de la Major League Soccer, Don Garber, a répondu à son ami Sepp, qui déplore la lenteur de l’évolution. Bizarre pour un Suisse. « Au fond, je sais qu’il est conscient des progrès qui ont été faits. Je l’invite d’ailleurs à un match de MLS, et je suis sûr qu’il sera agréablement surpris. » Une manière de déplorer le manque d’intérêt du Suisse pour le championnat nord-américain…

Même si j’ai trouvé l’attaque de Blatter justifiée, impossible de ne pas être d’accord avec l’argument principal de Garber: « Pour ceux qui ne vivent pas ici, il est dur de comprendre ô combien les autres sports sont puissants. En Europe ou Amérique du Sud, il n’y à qu’un sport majeur: le football. Ce n’est pas le cas ici ».

Cette saillie de l’ami Sepp a eu le mérite de donner naissance à mon blog plus tôt que prévu. Je reviendrai plus tard sur ce que reproche Blatter à la MLS et j’essaierai de retranscrire les « progrès » qui ont été faits de la part d’un championnat qui est reparti de zéro en 1996.

Parce qu’en France, la Major League Soccer est peu connue, parce qu’elle est méconnue, et donc parce qu’elle n’est pas reconnue, je m’évertuerai à vous faire découvrir ce qui fait la richesse de ce championnat tellement fascinant par ses différences, son système unique, et ses règles un chouïa tarabiscotées.

Au fait, la saison 2013 commence le 2 Mars. J’ai donc deux mois pour vous convaincre de choisir une équipe parmi les 19 engagées et de la suivre en espérant qu’elle succède au Los Angeles Galaxy en décembre prochain. Faites vos jeux !

@j_cortinovis