La déroutante Superdraft 2013 de l’Impact Montréal

Mis à part le choix de Blake Smith, très courtisé et qui répond a un besoin de longue date par l’Impact Montréal, à savoir un milieu gaucher rapide, le choix des autres joueurs draftés par le club québécois a surpris.

Fernando Monge de UCLA, la véritable surprise
Fernando Monge de UCLA, la véritable surprise

Celui qui recueille le plus d’interrogations est le milieu Fernando Monge, sélectionné dès le deuxième tour, alors qu’il aurait été très probablement disponible mardi au Supplemental draft, une sorte de deuxième chance pour les joueurs laissés de côté lors du Superdraft. « C’est sûr, il y avait des joueurs rapides avec des qualités physiques supérieures sur le papier, mais lorsque nous étions autour de la table, nous ne cessions de nous dire avec le staff que cela ne correspondait pas au profil de joueur que nous souhaitons » s’est ainsi justifié Nick De Santis, le directeur sportif de l’Impact. « Monge est très technique, il lit bien le jeu et il peut aussi bien jouer comme deuxième attaquant, que milieu offensif. Poste où nous avions un manque ». Le choix peut aussi s’avérer surprenant parce qu’on s’attendait à ce que la franchise québécoise prenne un joueur canadien. Patrice Bernier et Karl Ouimette sont en effet les deux seuls canadiens sous contrat à Montréal, alors que le nombre de joueurs locaux requis est de trois minimum.

Paolo DelPiccolo, choisi au troisième tour, est un autre milieu que les scouts définissent comme intelligent. Une confirmation que Montréal veut s’orienter vers un jeu à l’européenne à base de possession de balle et de jeu posé. Le joueur est malheureusement en procès avec l’Eintracht Francfort et ne sera pas présent pour la reprise. Il a en effet été invité à s’entraîner par le club allemand il y a quelques semaines, ce qui est plutôt bon signe. Pour éviter que l’Eintracht Francfort ne le retienne, il a décidé de les traîner en justice. Montréal pourra se targuer d’avoir, au moins, recruté un joueur incisif. Faut-il encore qu’il parvienne à quitter l’Allemagne, ce qui ne semble pas aussi simple…

Grosse concurrence pour le gardien Brad Stuver
Grosse concurrence à venir pour le gardien Brad Stuver

Enfin, Brad Stuver sera sans le moindre doute le troisième gardien derrière Troy Perkins, arrivé en cours de saison dernière et titulaire, et Evan Bush. Choix étrange de le drafter, puisqu’on s’attendait à ce que Montréal fasse confiance à ses jeunes gardiens de l’académie, Maxime Crépeau ou Jason Beaulieu, annoncés comme prometteurs. Le nouvel entraineur en chef des gardiens, Youssef Dahha, aura beaucoup de boulot. On espère que Jérémy Janot viendra lui prêter main forte comme l’été dernier.

Des joueur de l’academie seront par ailleurs présents avec l’équipe première au camp d’entrainement lors de la reprise comme Maxime Tissot ou Wandrille Lefevre. Il y a d’ailleurs des chances que la troisième place de joueur canadien soit attribué à un des jeunes de l’académie. Mais inutile de deviner et d’anticiper les futurs évènements du club, l’Impact de Montréal nous réserve souvent des (belles) surprises.

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Dossier: Salaires en MLS, l’explication du Salary cap

Thierry Henry a annoncé qu’il prendrait sa retraite à l’issue de la saison 2014. Il lui reste donc deux ans pour affoler les défenses de MLS et accessoirement, deux ans à toucher son immense salaire de joueur désigné. Mais pourquoi et comment la MLS a t-elle accepté l’arrivée de stars comme lui alors qu’elle s’était promis de ne plus renouveler l’expérience après l’échec de la NASL?

La NASL est morte en 1985 des suites d’une longue maladie qui avait débuté dix ans plus tôt, date à laquelle les stars sont arrivées dans ce championnat. Pelé avait permis de doper le nombre de spectateurs de la NASL et plus généralement l’engouement autour du soccer en 1975. Mais comme toute substance dopante, les effets secondaires peuvent être terribles. La star brésilienne devenait ainsi le symbole de la disparition du championnat nord-américain dix ans plus tard, même s’il avait pris sa retraite bien avant. Une sorte de tumeur naissante qui avait engendré l’arrivée d’une multitude de métastases, comprenez des joueurs aux salaires ravageurs, épuisant financièrement les franchises. Jusqu’à la mort.

Beckham n'a pas que fait la loi sur le terrain...
Beckham n’a pas que fait la loi sur le terrain…

Lorsqu’une ligue nord-américaine revoit le jour, bien évidemment les salaires sont bas. C’est d’ailleurs ce système low-cost qui permet la création d’un championnat. Les joueurs n’appartiennent plus aux franchises. La MLS est en effet désormais propriétaire du contrat de chaque joueur et elle offre un « salary cap » à chaque équipe, c’est à dire un unique plafond salarial que les formations ne peuvent en aucun cas dépasser. Jusqu’en 2007…

Cette année-là, le Los Angeles Galaxy s’intéresse à David Beckham, et c’est toute la MLS qui tremble. La MLS a appris à se méfier des stars, et s’est promis de ne plus renouveler les erreurs du passé. Mais Beckham est plus qu’une star, il est un produit « bankable ». Il peut rapporter gros à la MLS grâce à son image qui ne s’arrête pas seulement à celle du footballeur accompli. La MLS se laisse séduire. Son salaire dépasse évidemment largement le montant maximum autorisé (350.000$). Mais cette fois, il est hors de question que la Ligue se mette en danger dans cette opération en augmentant grandement la masse salariale, surtout pour un joueur vieillissant. Elle décide donc d’instaurer une nouvelle règle : la règle du joueur désigné, ou « loi Beckham ».

Cette loi permet à chaque franchise d’offrir à trois joueurs maximum d’un effectif un salaire illimité. La MLS ne paye que 335.000$ par an au joueur désigné, le club devant se charger du reste. Par exemple, Thierry Henry est payé 5.600.000$ par an. La MLS prend donc en charge 335.000 $, ce qui correspond à seulement 5% de son salaire, New York payant les 95% restants. Ce pourcentage n’est pas représentatif des joueurs désignés puisque l’attaquant français est le mieux payé en MLS, et de loin. Pour Marco Di Vaio, les 335.000 $ payés par la Ligue représentent 17% du salaire total, et pour Freddy Adu, ancien espoir déchu, 64%.

Ce Salary cap permet donc d’attirer des joueurs renommés qui ne seraient jamais venus jouer en MLS, et permet donc de braquer les projecteurs sur ce championnat. Mais voyons maintenant les inconvénients.

  Part joueur désigné Part restante pour les autres joueurs Moyenne/joueur Salaire mensuel
Pas de joueur désigné 0 $ 2.970.000 $ 123.750 $ 10.312 $
1 joueur désigné 335.000 $ 2.635.000 $ 109.791 $ 9.149 $
2 joueurs désignés 670.000 $ 2.300.000 $ 95.833 $ 7.986 $
3 joueurs désignés 1.005.000 $ 1.965.000 $ 41.875 $(-66%) 3.489 $(-66%)

Le salary cap pour chaque équipe est de 2.97 millions de dollars cette année. 2,97 millions que les 24 joueurs d’un effectif se partage. Le salaire minimum est de 44.000$ par an, et le maximum de 350.000$

Même si la perspective de voir une star débarquer aux USA est excitante, ce tableau nous montre clairement les inconvénients de posséder des joueurs désignés dans son équipe. D’une côté, plus une équipe dispose de joueurs désignés, plus l’équipe est hétérogène. En effet, si une équipe en comporte trois, les autres joueurs vont devoir se partager une masse salariale qui aura énormément fondu. Le salaire moyen annuel pour un joueur passe ainsi de 123.750 $ à 41.875 $, de quoi décourager les joueurs dits « moyens » du championnat. Il y aura une énorme différence de niveau entre un tel qui touche plus de 350.000 $ annuellement et un autre qui touche 40 000 $. De quoi susciter en plus de la jalousie dans le vestiaire. D’un autre côté, une équipe qui ne comporte pas de joueurs désignés, ou peu, sera donc beaucoup plus homogène. Sans grande star dans l’équipe, il n’y aura pas de fossé salarial entre les joueurs. Mais l’équipe sera bien sûr moins médiatisée.

En somme, ce salary cap a donc permis au jeune championnat d’établir une rigidité économique stricte, même si ce plafond salarial tend à augmenter chaque année. Il permet surtout un système paritaire, chaque franchise se voyant attribuer la même masse salariale que les autres. L’arrivée de la loi du joueur désigné permet l’arrivée de stars dans un championnat qui ne peut s’en passer pour survivre médiatiquement. Mais elle freine le développement de la MLS et son niveau général, en favorisant l’arrivée de joueurs souvent vieillissants au détriment des jeunes talents. Pour pallier cette problématique, la MLS a légèrement revu sa règle en 2012. L’âge du joueur a désormais son importance sur la part prise en charge dans la masse salariale. Les joueurs désignés de moins de 23 ans ne compteront que pour 200.000$ sur la masse salariale de leur club et ceux de moins de 20 ans seulement 150.000$ favorisant l’arrivée de cracks en puissance en tant que joueurs désignés. La MLS attend notamment l’arrivée de jeunes joueurs brésiliens pour amener plus de technique au championnat. C’est le cas du jeune prometteur Rafael qui vient d’être prêté par Bahia à DC United.

Ces règles tarabiscotées de la MLS ont aujourd’hui une résonance différente dans le monde. Le battement d’aile du président Platini va déclencher le plus violent des orages sur un autre continent. Le fair-play financier arrive.

Voici la liste exhaustive actuelle des joueurs désignés en MLS:

Début du contrat

Joueur

Nation

Club

Salaire

2010

Álvaro Fernández  URU Chicago Fire

$366,667

2012

Sherjill MacDonald  NED Chicago Fire

$487,125

2012

Shalrie Joseph  GRN Chivas USA

$554,333

2012

Oswaldo Minda  ECU Chivas USA

$68,750

2012

Federico Higuaín  ARG Columbus Crew

$324,000

2012

Hamdi Salihi  ALB D.C. United

$487,460

2013

Rafael  BRA D.C. United

$n/a

2011

David Ferreira  COL FC Dallas

$705,000

2012

Oscar Boniek García  HND Houston Dynamo

$151,250

2010

Landon Donovan  USA Los Angeles Galaxy

$2,400,000

2011

Robbie Keane  IRE Los Angeles Galaxy

$3,417,243

2012

Marco Di Vaio  ITA Montreal Impact

$1,937,508

2012

Jerry Bengtson  HND New England Revolution

$120,000

2010

Thierry Henry  FRA New York Red Bulls

$5,600,000

2012

Tim Cahill  AUS New York Red Bulls

$3,625,000

2012

Freddy Adu  USA Philadelphia Union

$519,000

2011

Diego Chará  COL Portland Timbers

$193,750

2013

Diego Valeri  ARG Portland Timbers

$n/a

2010

Álvaro Saborío  CRC Real Salt Lake

$405,625

2012

Javier Morales  ARG Real Salt Lake

$477,500

2010

Fredy Montero  COL Seattle Sounders FC

$756,000

2012

Mauro Rosales  ARG Seattle Sounders FC

$225,000

2012

Christian Tiffert  GER Seattle Sounders FC

$625,000

2013

Claudio Bieler  ARG Sporting Kansas City

$n/a

2011

Eric Hassli  FRA Toronto FC

$790,000

2011

Torsten Frings  GER Toronto FC

$2,413,667

2011

Danny Koevermans  NED Toronto FC

$1,563,323

2012

Barry Robson  SCO Vancouver Whitecaps FC

$596,500

2012

Kenny Miller  SCO Vancouver Whitecaps FC

$1,239,316

Pelé et les trois Glorieuses

En 1975, six mois après la non venue de Georges Best à New York, Phil Woosnam, le commissaire de la NASL, peine à se remettre de cette désillusion. Heureusement, il peut compter sur un nouvel allié très discret jusqu’à l’été 1975: Steve Ross, le boss du New York Cosmos.

Steve Ross (au centre) réalise le coup du siècle
Steve Ross (au centre) réalise le coup du siècle

Steve Ross, patron du New York Cosmos et président de la Warner est un homme de plus en plus ambitieux. Fort de ses coups de génies comme le rachat d’Atari en 1972, qui vient de créer le premier jeu vidéo (Pong), il veut maintenant s’imposer comme un personnage public mondial. Quoi de mieux que le sport et son équipe de New York pour arriver à ses fins. L’échec de la non venue de Georges Best est du passé, il veut un autre grand nom. Il demande conseil à Woosnam, toujours tourmenté par son échec, qui lui lâche deux patronymes sous forme de boutade: le Pape et Pelé. Ross dit qu’il peut faire venir le second facilement, d’ailleurs il ne connaît même pas le joueur. C’est cette incroyable candeur d’esprit qui va lui permettre d’oser réaliser le transfert du siècle, bien aidé par Henry Kissinger, le secrétaire d’état du gouvernement américain.

Steve Ross profite de sa position de président de Warner pour faire signer à Pelé plusieurs contrats, dont celui d’artiste qui lui permettra de payer le minimum d’impôts. A 35 ans, il signe pour trois ans avec un salaire annuel de 1,5 millions de dollars. Du jamais vu. Il joue son premier match dans la foulée contre Dallas au Yankee Stadium devant 300 journalistes venant de toute la planète. Le match est retransmis dans 22 pays. Pelé fait son premier entraînement avec ses nouveaux coéquipiers quelques minutes avant le match. La NASL est enfin crédible et Steve Ross devient très populaire par la même occasion.

Les débuts de Pelé

Pelé fait une très bonne fin de saison en marquant cinq fois mais son club a pris trop de retard pour pouvoir accéder aux playoffs. Le fossé entre le niveau de Pelé et celui de ses coéquipiers est ahurissant. Les spectateurs sont subjugués par les actions du Brésilien. Les saisons prochaines s’annoncent exaltantes, d’autant plus qu’une pléiade d’autres stars veulent maintenant rejoindre la NASL.

Gordon Banks signe à Fort Lauderdale, Geoff Hurst à Seattle, Rodney Marsh (le Pelé blanc) à Tampa Bay, Eusebio à Toronto, Bobby Moore à San Antonio, Chinaglia (joueur-star italien de l’équipe qui sera haï par tous) à New York  et Georges Best signe à Los Angeles où Elton John devient le nouveau propriétaire ! Le vent a décidément tourné… Les affluences s’envolent dans tous les stades, elles sont en hausse de 36% par rapport à la saison passée, déjà considérée comme une « bonne saison ». Woosnam profite de la présence de toutes ces stars dans son championnat pour organiser des matchs d’exhibition en Europe, mais aussi des rencontres aux USA entre son NASL All-Stars et les meilleures nations du monde.

NASL All-Stars vs England

Pelé sera seulement champion avec son équipe lors de sa dernière année de contrat en 1977. Ses trois saisons en NASL sont aussi les plus belles années de la Ligue, qui a depuis vue arriver d’autres stars comme Carlos Alberto ou Franz Beckenbauer, élu MVP dès sa première saison en 1977. Pelé a 38 ans quand il prend sa retraite, a marqué 31 buts et a distribué 25 passes décisives en 56 apparitions. Il fera rêver une 57ème fois les spectateurs de New York en guise d’adieu, lors d’un match amical entre le Cosmos et son club de toujours Santos. Pelé s’effondre en pleurs à la fin de son discours devant ses amis venus lui rendre un hommage, comme Muhammad Ali, Bobby Moore, ou Henry Kissinger. Il a conquis le cœur des Américains en l’espace de trois ans. Ce sont les trois Glorieuses.

Seulement voilà, la NASL ne le sait pas encore, mais elle est malade. Très malade même. Le départ de Pelé déclenche le compte à rebours. La NASL est en phase terminale, elle mourra d’une longue agonie quatre ans plus tard.

Je vous conseille le magnifique documentaire Once in a Lifetime : The Extraordinary Story of the New York Cosmos qui dresse le portrait des Etats-Unis des années 70, avec ses folies, ses dérives et surtout son sens de la fête.

@j_cortinovis

Le Superdraft, un show pour les stars de la fac

Le 17 Janvier prochain aura lieu à Indianapolis le Superdraft 2013, cette fameuse foire où les 19 équipes de Major League Soccer vont tour à tour réserver des joueurs pour intégrer leur équipe. Ce marché à l’américaine est un véritable show qui passionne les foules ! Décryptage d’une cérémonie pas comme les autres que l’on pourra suivre, pour la première fois, sur youtube en direct !

Le Superdraft 2013 pourra être visionné le 17 janvier sur youtube, en direct !
Le Superdraft 2013 pourra être visionné le 17 janvier sur youtube, en direct !

Véritable vague de fraîcheur qui s’abat sur la MLS, le Superdraft est surtout un gigantesque show retransmis chaque mois de Janvier sur ESPN, et pour la première fois cette année sur youtube. Les Américains en sont friands. Il faut dire qu’aux USA, les promoteurs sont plutôt doués pour scénariser ce genre d’événement. On se rappelle que 18 millions d’américains avaient regardé l’émission « The décision » spécialement créée en 2010 pour LeBron James qui devait annoncer son nouveau club en NBA.

Regardez plutôt la bande annonce du Superdraft 2012 qui vous donnera une idée de la dimension spectaculaire et dramatique de la chose

Ce Superdraft ne concerne qu’une sélection des meilleurs joueurs qui jouent en NCAA, le championnat universitaire. Au début du show, chaque club se voit définir une position plus ou moins favorable pour embarquer les jeunes joueurs avec eux. Grossièrement, les plus mauvaises franchises de la saison obtiennent les premières places de la Draft et ont donc plus de chances d’obtenir les meilleurs joueurs. Chivas aura donc cette année le premier choix « grâce » à sa médiocre saison, et Los Angeles Galaxy, le dernier. Parité en MLS oblige. Les positions de Draft peuvent toutefois s’échanger entre franchises lors de précédents transferts de joueurs. En effet, en plus de la somme fixée, un club peut réclamer la position de Draft de l’équipe pour finaliser le transfert. Après trois tours de table, le Superdraft est fini.

Qui pour succéder à Andrew Wenger qui avait été le 1er joueur drafté en 2012 par l'Impact Montréal?
Andrew Wenger, 1er joueur drafté en 2012 par l’Impact Montréal et auteur d’une 1ère saison honorable avec 4 buts.

Tout au long de la saison écoulée, les franchises ont envoyé leurs recruteurs aux quatre coins des Etats-Unis dans le but de repérer les futurs cracks. Un travail de longue haleine. Pour les aider, il existe quelques jours avant le Superdraft (cela a débuté hier) le Adidas MLS Player Combine, un camp de recrutement où les joueurs susceptibles d’être draftés passent des tests physiques mais aussi mentaux (jurisprudence Yann M’Vila oblige!). La majorité des 60 à 70 joueurs qui participent à ce camp est choisie par un panel représentatif des entraîneurs des équipes de la NCAA en concertation avec les coachs de MLS. Cette liste est complétée par des joueurs ayant signé un contrat Génération Adidas*, des joueurs invités venant de championnats étrangers ainsi que quelques autres joueurs universitaires évoluant dans des divisions inférieures (NCAA Division II et III, NAIA schools etc..)

Le puissant attaquant jamaicain de l’Université Centrale de Floride, Deshorn Brown, sera l’une des stars de ce Superdraft 2013. Les recruteurs de l’Impact Montréal l’ont déjà coché sur leur short list depuis longtemps. Mais Matt Jordan, l’un des scoots, est réaliste. « Je crois qu’il sera sélectionné assez haut dans la première ronde. Il a déjà signé un contrat de Génération Adidas avec la ligue. » Montréal sera en 8ème position du premier tour de table … Soit 7 chances qu’il soit recrutés par une autre franchise avant eux.

L'attaquant jamaicain Deshorn Brown, l'une des pépites de ce Superdraft
L’attaquant jamaicain Deshorn Brown (University Central of Florida), l’une des pépites de ce Superdraft

Le Superdraft est par ailleurs critiqué par de nombreux journalistes qui souhaitent la mort de ce système, regrettant que les joueurs soient traitées comme des esclaves. Si le Superdraft n’existait plus, il serait évident que les équipes aux moyens financiers élevés auraient alors les faveurs des joueurs. Mais au moins ces derniers « auraient leur mot à dire ». Aussi excitante soit-elle, il faut avouer que la cérémonie peut être très mal vécue par les joueurs et leur famille. Même s’ils sont souvent très heureux à l’issue de l’événement, ils ne sont pas maîtres de leur destin, qui se joue en quelques minutes. Etape très importante de leur vie d’homme, le Superdraft est violent, surtout pour les jeunes joueurs qui ne sont pas recrutés à l’issue des trois tours après des années d’études dans des universités aux installations très confortables.

A titre de comparaison, rappelez vous lorsque les deux capitaines des deux équipes devaient choisir leurs coéquipiers à l’école après un «chou-fleur» pour une simple partie le temps d’une récréation. Rappelez vous dans l’état d’anxiété dans lequel se trouvaient les derniers choisis. Le Superdraft c’est un peu ça, à la différence que lorsque la cloche a sonné, ça signifie que l’école est finie ♪ ♫

*Génération Adidas : Certains jeunes joueurs ont beaucoup de talent et n’ont pas pour vocation de jouer le championnat universitaire jusqu’à 22 ans. Adidas et la MLS sont parvenus à un accord permettant aux meilleurs jeunes de ne pas attendre d’être diplômé pour rejoindre une franchise. Les joueurs signant ce contrat perçoivent un salaire plus bien plus important que le minimum (entre 65.000 et 80.000 dollars annuels). Le salaire de ces joueurs n’est pas inclus dans le salary cap. Joueurs ayant bénéficié de ce contrat : Howard, Bocanegra, Dempsey, Bradley, Adu, Altidore, Edu, Shea, Gonzalez, Gil

@j_cortinovis