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Alex Ferguson, le manager qui a donné la chance aux joueurs Nord-Américains

L’annonce de la retraite d’Alex Ferguson a eu un important impact sur la planète sport. D’abord mardi soir sur internet puis mercredi matin à la lecture des journaux, et ce pour plusieurs raisons. Les Etats-Unis n’ont pas non plus manqué de saluer l’homme qui a permis l’exportation des talents nord-américains.

Ferguson avec sa dernière recrue mexicaine, Hernandez
Ferguson avec sa dernière recrue mexicaine, Hernandez

L’un des nombreux points forts de Ferguson est sa connaissance de la zone CONCACAF et de ses talents. Manchester United a en effet recruté plus de joueurs dans cette région du monde que tous les meilleurs clubs de ces cinq championnats-là: Angleterre, Allemagne, Italie, France, Espagne. Barcelone arrive à la deuxième place avec trois joueurs arrivés du Mexique et un jeune des Etats-Unis.

Sir Alex Ferguson commença à s’intéresser mollement au continent américain avec la proposition d’un contrat aspirant au buteur yankee, Jovan Kirovski en 1992. Son intérêt progressera petit à petit avec comme dernier exemple en date la venue du buteur mexicain, Javier « Chicharito » Hernandez, de Chivas de Guadalajara en 2010 pour 10 millions de £. Durant les deux dernières décennies, le manager écossais a eu la clairvoyance de croire au potentiel athlétique des Américains et aux spécificités techniques des Mexicains, en Angleterre.

Quatre des neuf recrues ont connu le succès avec United. Dwight Yorke (Trinité et Tobago) est devenu une superstar à Manchester. Il faisait partie de l’une des meilleures équipes de Man Utd lors de l’incroyable triplé de la saison 1998-99 et son association avec Andy Cole fut l’un des modèles du genre en Premier League. Tim Howard, le gardien de la sélection américaine, a gagné une FA Cup et une Carling Cup. Owen Hargreaves (sujet sensible pour les Canadiens, le joueur étant né au Canada mais a repoussé la sélection canadienne après avoir obtenu la nationalité anglaise) faisait partie de l’équipe en 2008 qui a remporté la Premier League et la Champions League. Et donc Javier Hernandez qui a gagné à ce jour deux fois le titre de champion d’Angleterre.

Kirovski, le premier américain de Ferguson
Kirovski, le premier américain de Ferguson

Quatre autres joueurs ont éclos ailleurs après leur passage à Manchester. Kirovski le précurseur a gagné la Ligue des Champions avec Dortmund en 1997. Giuseppe Rossi, le natif des Etats-Unis, est devenu l’un des buteurs les plus prolifiques d’Europe à Villarreal avant d’être blessé ces deux dernières années. Il sera par ailleurs de retour avec la Fiorentina la saison prochaine. Jonathan Spector des Etats-Unis a seulement joué trois matches avec Man Utd mais est devenu l’un des hommes forts de West Ham pendant cinq saisons. Il est maintenant l’un des leaders de Birmingham. Kenny Cooper, qui joue maintenant à Dallas, est l’un des meilleurs attaquants de MLS avec 66 buts en 157 apparitions et il rappelle régulièrement l’importance de Ferguson dans son itinéraire de serial buteur. Seul le défenseur gauche, Ian Joy, a connu une carrière contrastée, trimballé d’Allemagne aux USA entre 2000 et 2010.

Les Red Devils sont donc les premiers à avoir eu le courage de faire confiance à des joueurs nord-américains et ont montré la voie d’autres équipes. La moitié de l’effectif de Wigan est ainsi issue de la zone CONCACAF. Il faut le dire, recruter des joueurs de cette zone-là est très rarement une mauvaise affaire vu leur prix. Liverpool a détenu Brad Friedel pendant trois ans et tente vainement d’acheter Clint Dempsey de Tottenham. Arsenal a donné la chance à Danny Karbassiyoon et Carlos Vela mais leurs expériences respectives n’a pas été positive. On attend toujours de voir Chelsea et Manchester City aller dans ce sens là même si les Blues ont récemment fait signer le Mexicain Ulises Davila.

United a été le meilleur ambassadeur du football nord-américain jusque-là et ce grâce à Fergie et son équipe de scouts. Son successeur devra continuer le travail de l’Ecossais. Howard est devenu un joueur de classe mondiale depuis qu’il est sous les ordres du manager d’Everton, David Moyes, alors j’ose espérer que lui ou un autre (Moyes n’a pas encore été officiellement intronisé à l’heure où j’écris ce post) feront venir des pépites made in North America.

MLS: les salaires 2013 révélés !

Comme il le fait deux fois par an chaque année, le syndicat des joueurs de Major League Soccer a révélé le salaire de chaque joueur via un document disponible ici 

Thierry Henry reste en tête de ce classement avec 4,35 millions de dollars par an. Ce chiffre comprend les compensations et les avantages financiers (guaranteed compensation) offerts par le club, en plus du salaire de base. Car le salaire de Thierry Henry a pas mal baissé depuis 2012. Il est passé de 5 millions à 3,75 millions par an. Si on ne parle que de salaire de base, le Français passe même derrière Robbie Keane, le buteur irlandais de Los Angeles, le deuxième de ce classement, qui lui touche 4 millions mais avec moins de compensations financières.

Pas très loin derrière, le milieu offensif australien des New York Red Bulls, Tim Cahill, avec 3,625 millions au total. Autant vous dire que ses derniers buts ont été appréciés à leur juste valeur, lui qui commençait à être tancé pour ses pauvres stats. Landon Donovan n’est pas sur le podium, mais il pourra toujours se dire que son salaire a augmenté de 100 000 dollars depuis l’année dernière pour un total de 2,5 millions par an. Pas trop mal quand on loupe un mois de compétition pour « prendre du recul vis à vis du soccer ». Il est sans surprise le premier Américain dans ce classement.

Marco Di Vaio de l’Impact Montréal gagne trois positions depuis l’année dernière grâce à une honnête augmentation. Il est quatrième avec 1,94 million alors que son compatriote Alessandro Nesta ne figure pas dans les « top expensive players » et pour cause, son salaire ne dépasse pas les 260 000$. Ce sont 80 000$ de plus que l’année dernière mais c’est pas grand chose au vu de son statut de légende du foot. Le nouvel arrivant Obafemi Martins est sixième des joueurs les mieux payés avec 1,725 million par an.

Le salaire médian annuel des joueurs de la MLS, beaucoup plus représentatif que le salaire moyen pour moi, gravite atour de 80 000$. Le plus bas salaire concerne 62 joueurs dans la Ligue ; parmi eux beaucoup de rookies bien sûr comme Adam Jahn, l’actuel meilleur buteur des rookies de MLS et qui joue à San José Earthquakes ou Clint Irwin des Colorado Rapids. Ils gagnent 35 125$ par an, c’est à dire un peu moins de 3 000$ mensuels.

A noter quelques bizarreries donc celle-ci: Digao, le frère du brésilien Kaka a vu son salaire passer de 90 000 à 200 000$ par mois aux New York Red Bulls alors qu’il n’a joué qu’une seule fois avec l’équipe. Etrange…

Voici le top 20 de ce classement:

1. Thierry Henry – New York Red Bulls – $4,350,000
2. Robbie Keane – LA Galaxy – $4,333,333.33
3. Tim Cahill – New York Red Bulls – $3,620,000
4. Landon Donovan – LA Galaxy – $2,500,000
5. Marco Di Vaio – Montreal Impact – $1,937,508
6. Obafemi Martins – Seattle Sounders – $1,725,000
7. Danny Koevermans – Toronto FC – $1,663,323.33
8. Kenny Miller – Vancouver Whitecaps – $1,132,492
9. Fredy Montero – Seattle Sounders – $856,000    ——> actuellement en prêt à Millonarios en Colombie
10. David Ferreira – FC Dallas – $730,000
11. Dwayne DeRosario – D.C. United – $645,333.00
12. Federico Higuain – Columbus Crew – $604,000
13. Chris Wondolowski – San Jose Earthquakes – $600,000
14. Shalrie Joseph – Seattle Sounders – $599,333
15. Sherjill MacDonald – Chicago Fire – $527,115
16. Kleberson – Philadelphia Union – $495,000
17. Darren O’Dea – Toronto FC – $456,250
18. Alvaro Saborio – Seal Salt Lake – $453,333
19. Kalifa Cisse – New England Revolution – $445,000
20. Diego Valeri – Portland Timbers – $400,000

Ici pour faire la comparaison avec les autres sports US

Ma première vidéo: un Top Five des meilleurs mexicains ayant joué en MLS

Cinco de Mayo (5 mai en espagnol). Cette fête mexicaine qui est célébrée aux USA commémore la victoire des forces du gouvernement républicain mexicain menées par le Général Zaragoza. L’occasion pour moi de dresser mon Top Five des joueurs mexicains ayant joué en Major League Soccer. L’occasion aussi de publier ma première vidéo sur ce blog. L’occasion pour vous de découvrir le son de ma voix.

Après son coming-out ayant entrainé sa retraite, Robbie Rogers est sur le retour

Les choses se décantent pour le jeune Robbie Rogers ces jours-ci. Depuis trois mois et l’annonce publique de son homosexualité sur son blog, Rogers, 25 ans, a pris sa retraite. Après avoir assuré qu’il en avait fini définitivement avec le soccer puisque qu’il était « trop difficile d’être gay dans un sport bien trop souvent hostile à l’homosexualité », son retour sur les terrains est devenu fort probable. Sous certaines conditions…

Il y a quelques jours, le « california boy » a été aperçu à l’entrainement avec le Los Angeles Galaxy. Il n’en fallait pas plus pour croire au retour de la star promise, car oui, avant d’être gay, Robbie Rogers est très talentueux. Dimanche matin, boosté par l’exemple de Jason Collins, un joueur gay de NBA des Wizards de Washington qu’il a d’ailleurs appelé pour féliciter après son coming-out, Rogers a confirmé à la radio qu’il y a avait des chances qu’il rechausse ses crampons et enfile un maillot frappé du logo MLS sur la manche. Voila ce qu’il a dit après une semaine d’entrainement dans les jambes:

« Pour être honnête, je ne savais pas si j’allais revenir ou non dans le soccer après cette période difficile. J’ai regardé quelques vidéos de CNN ou ABC de moi en train de jouer au soccer. Je me disais -Putain Robbie, regarde ce que tu es en train de louper !-
J’ai encore un peu besoin de temps pour voir comment les choses évoluent, mais j’ai vraiment apprécié cette semaine (avec le Galaxy). J’ai grandi en jouant au soccer, donc j’ai l’impression de renouer avec mes habitudes. Je me sens chez moi sur un terrain de soccer ».

L’ex milieu offensif de Leeds a avoué avoir été nerveux la première fois lors de son retour dans les vestiaires du Galaxy. Ce n’est déjà plus le cas. Mais tout n’est pas redevenu rose pour autant: Même si un transfert est probable, il appartient toujours à Chicago. Et il semble qu’il n’ait aucune envie d’être un membre de l’équipe de Frank Klopas, le manager. Il préfère rester à Los Angeles, là où il a grandi et là où il s’est entrainé tout l’été dernier pour préparer au mieux son séjour anglais à Leeds puis à Stevenage.

« Je ne veux pas aller à Chicago. J’arrêterai si l’on me dit d’aller là bas. J’ai besoin de jouer quelque part où je me sens bien et en totale confiance. Je voudrais le faire près de ma famille. Je ne veux pas me fermer des portes et dire non à des équipes avec lesquels j’ai discuté mais … Je veux rester en Californie. »

Le retour de Rogers serait un joli exemple de tolérance en MLS. Alors que la dernière étude en date précisait que 40% des joueurs pros avaient des propos hostiles envers les homosexuels, Rogers deviendrait forcément une icône estimée publiquement, mais probablement ciblée sur les terrains; C’est d’ailleurs pour moi sa principale peur ! Mais je dois avouer avoir un peu de mal avec la deuxième partie de son discours. Pour moi, soit Rogers veut rejouer au soccer, donc affronter sa peur et il doit se plier aux règles de la MLS qui possède ses droits (et donc accepter d’aller à Chicago). Soit il se retire définitivement. Il ne peut poser ses conditions ! Cela ferait de lui un joueur différent au statut atypique. Tout ce qu’il veut éviter ! Son discours en prend un coup et son exemplarité aussi.