Archives pour la catégorie Saison en 2013

Les plus grosses déceptions en MLS jusqu’ici

Il est temps de parler des plus grandes déceptions que ce premier tiers du championnat nous a offert jusque là. Si certains joueurs et équipes ont pu récemment s’extirper de la liste, d’autres auront à coeur de retourner la situation.

DC United

C'était la belle époque...
C’était la belle époque…

La saison dernière, le jeune manager Ben Olsen était considéré comme un coach en devenir après avoir mené DC en finale de la conférence Est. Cela semble s’être passé il y une éternité tant le contraste aujourd’hui est saisissant. Sept défaites de rang cette saison ! La 19ème et dernière place du championnat lui appartient, et il n’y a rien à redire. Les raisons ? Il y en a beaucoup. Un gardien international en très grande difficulté, des erreurs défensives terrifiantes et un leader, Dwayne De Rosario, pour ne citer que lui, au fond du gouffre en sont trois évidentes parmi tant d’autres. Mathématiquement, si rien n’est encore décidé, on ne voit pas comment la franchise de Washington peut rattraper son retard surtout qu’au fil des matches, la situation, l’ambiance et le jeu de l’équipe semblent se dégrader toujours un peu plus. Ben Olsen attend plus que jamais une victoire pour respirer mais en aura-t-il le temps ? Pour le moment, il fait de la résistance.

Steven Lenhart et Alan Gordon (San José Earthquakes)

Cette photo date evidemment de l'année dernière aussi
Cette photo date evidemment de l’année dernière aussi

Si Wondolowski a été élu MVP de la saison dernière, Steven Lenhart et Alan Gordon l’ont beaucoup aidé en lui ouvrant systématiquement la voie lors de la surprenante performance de San José, vainqueur du Supporter’s shield. Les deux joyeux lurons sont absents, physiquement. Souvent blessés, l’un comme l’autre ont plus passé de temps en dehors du terrain que sur les pelouses. Pire, Gordon a été suspendu trois matches pour une insulte homophobe. Lenhart lui a été sanctionné deux matches pour s’être essuyé les crampons sur le visage d’un défenseur. Quand rien ne va… Wondolowski espère pour ses stats que ses deux généraux vont vite rectifier le tir.

Jose Luis “El Chelís” Sanchez Sola et Chivas

Lève les mains en l'air Chelis, fais plus de connerie !
Lève les mains en l’air Chelis, fais plus de connerie !

Le manager de Chivas, plus connu sous le pseudonyme de « El Chelis », a apporté des tactiques innovantes en MLS. Là où la plupart des équipes utilisent le même schéma, Chivas lui joue avec trois défenseurs. « El Chelis » prône l’attaque et c’est tant mieux ! Mais seulement en théorie car la pratique montre autre chose. Efficace en début de saison, Chivas prend l’eau depuis peu et se montre terriblement inoffensif. Ils se retrouvent dans le ventre mou du classement après un départ surprenant ; quelle déception ! La roue a arrêté de tourner. Toutefois, l’équipe peut revenir d’autant plus qu’elle sait maintenant qu’elle peut être brillante, mais le départ soudain de Juan Agudelo pour New England affaiblit encore plus le secteur offensif. La saison peut devenir longue pour les chèvres des Etats-Unis. C’est leur surnom, hein !

Henry a fait le show face à Montréal !

Le joueur au plus fort « Impact » cette nuit a été sans conteste Thierry Henry lors du duel au sommet de la conférence Est opposant New York à Montréal (2-1). Plus qu’une performance, Mister Henry s’est donné en spectacle.

« Voilà pourquoi il est encore sur le terrain. Je veux dire par là qu’il n’a rien perdu de son talent » se rattrape comme il peut Mike Petke, l’entraineur en chef des Bulls. « C’est juste un numéro de magie ce qu’il a fait ». Il se répète: « C’est pour ça qu’il est sur le terrain ».

Montréal a eu des opportunités de revenir mais n’a au final pu ternir le dernier numéro en date de Thierry Henry. Même une dernière grosse boulette du gardien New Yorkais Luis Robles n’a pas été suffisante pour retourner la situation et gâcher son show.

Les Red Bulls ont beaucoup inquiété la défense québécoise en première mi-temps sans pouvoir conclure. Bien servi à la 18ème minute par le très remuant Johny Steele, le magicien Henry montra ce qu’il avait sous le chapeau en s’infiltrant entre deux défenseurs sans que ces deux là ne le voit, mais il manqua de peu la cible.

Alors que les Red Bulls fatiguaient petit à petit de faire le show, Montréal réussissait à s’immiscer deux fois près de la cage de Robles. La première fois, Andres Romero fit tremblait la barre sur une jolie frappe enroulée. La deuxième fois, le gardien New Yorkais remporta un duel contre Nyassi.

Peguy Luyindula n’a pu savourer sa première titularisation que quelques minutes. 25 pour être précis. Blessé aux ischio-jambiers, il céda sa place à Fabian Espindola. Et ce changement fit beaucoup de bien aux Red Bulls. Sur un magnifique shoot de Eric Alexander qui s’échoua sur la barre de Perkins, le nouvel entrant Espindola récupéra la balle et se mua en assistant du magicien en offrant le premier but à Henry qui ne se privait pas de fêter le moment avec ses partenaires. Fait assez rare, il faut le souligner.

Marco Schallibaum appela alors Marco Di Vaio remplaçant d’un soir, le coach suisse voyant la situation empirer pour son équipe après une nouvelle offensive de Eric Alexander. La rentrée de la star italienne et ses appels de balle incessants rétablissait un certain équilibre et l’Impact remettait ainsi la pression sur New York. Mais sur un corner de Juninho, Henry tenta un numéro d’illusionnisme qu’il n’avait jamais essayé encore cette saison et le réussissait. Sa bicyclette trouva la lucarne opposée pour le plus grand  bonheur d’un stade envouté.

Di Vaio sur un énième appel de balle trompait le gardien de New York et diminuer l’écart, et dans les dernières secondes il faillit voler la vedette à Henry en touchant les deux poteaux sur un seul et unique tir. Tout le monde croyait alors au maléfice mais la gonfle ne franchit pas la ligne et l’entraineur New Yorkais pouvait savourait au coup de sifflet final. Même s’il dissimulait cette joie intérieure.

« Je n’ai rien à dire de spécial. Quatre victoires d’affilées… Cool ! Je ne suis jamais satisfait. Je pense que quand nous confisquons le ballons, quand nous avons cette volonté d’aller de l’avant, quand nous voulons créer du jeu, nous sommes très dangereux. Naturellement plus vous attaquez, plus vous êtes exposés. Surtout quand il y a une superbe équipe en face avec énormément de qualités. Mais nous avons plutôt bien défendu. C’est le cas depuis six matches. Ils ont fait le job. »

La victoire permet à New York de conforter leur première place de la conférence Est avec le Houston Dynamo. Les Red Bulls affronteront New England samedi en espérant une nouvelle fantasmagorie de leur prestidigitateur.

 

C’est décès United !

Ces dernières semaines, Ben Olsen le coach de DC United, s’est posé beaucoup de questions sur son sort. En recherche d’explications après le piètre départ de son équipe, son staff est aussi passé au grill. Olsen prévient désormais ses joueurs sur la possible tournure des évènements si la mauvaise série continuait.

« La pression est sur les épaules des joueurs maintenant » a dit Olsen aux journalistes après le match. « Ils vont passer au peigne fin. Nous allons voir si cela fonctionne car aujourd’hui, nous le staff, on a rien à se reprocher. J’ai confiance en chacun de mes collègues de travail. J’ai moi aussi fait le taf. Au tour des joueurs maintenant ! » Après avoir maintenu un haut degré de confiance en son XI de départ, une chose est désormais claire: « Si ça ne marche pas, je vais faire des changements ». Les joueurs ne pourront pas dire qu’ils n’ont pas été prévenus à l’issue du prochain match face à Colombus. « Je crois en mes joueurs, mais je ne peux plus attendre ». Alors qui est visé directement par l’ancien joueur reconverti coach depuis 2010?Une passe décisive en 630 minutes de jeu pour Pontius…

Ben Olsen s'apprête t-il à faire ses abreuvoirs à DC?
Ben Olsen s’apprête t-il à faire ses aurevoirs à DC?

Chris Pontius est clairement dans le collimateur. Après avoir effectué une grande saison en 2012 (12 buts, quatre passes décisives) et après avoir été logiquement récompensé (Best XI and All-Star Game MVP), le milieu de terrain offensif souffre jusqu’ici. Il a joué tous les matches et n’est jamais sorti en cours de partie ; pourtant ses statistiques font peine à voir. Une « assist » et c’est tout. Son influence dans le jeu est nulle. « Forcément au fil des matches, la confiance baisse. je suis actuellement au plus bas » confie le principal intéressé. « Je pense que beaucoup de mes coéquipiers sont en deçà de ce qu’ils peuvent faire. J’en fais bien sûr partie. Je vais essayer de régler la mire ». Perry Kitchen son collègue au milieu confirme le problème: « C’est dans sa tête. Il doit faire ce qu’il sait faire, courir sans cesse et provoquer. Il est tellement important pour nous. Il peut le faire, puisqu’il le faisait avant. »

DC a sans aucun doute les individualités pour gagner: DeLeon même s’il est blessé, Pontius donc, le capitaine Dwayne De Rosario, Lionard Pajoy ou encore le jeune joueur désigné Rafael. La liste n’est pas exhaustive. Mais des erreurs défensives coûtent aussi beaucoup à la franchise de Washington. Menés 2-0 après 10 minutes de jeu dimanche dernier, ils ne peuvent se permettre d’être aussi absents surtout qu’ils ont montré de belles choses par la suite et ont prouvé qu’ils pouvaient être dangereux. Le jeune gardien Bill Hamid fait aussi partie de ses joueurs à s’auto-flageller. Seul New York et Chicago ont concédé autant de buts alors lorsqu’on on a un statut d’international, la pilule a d’autant plus de mal à passer. Cette semaine l’accent a été mis sur l’organisation défensive car pour l’entraineur, une amélioration générale passe par là. Le match de ce week-end sera particulièrement scruté ce samedi. Mais si Olsen a promis des changements en cas de résultat négatif, on se demande s’il aura le temps de les faire car sa situation est très inconfortable et il pourrait être le premier concerné. Sera-t-il le premier entraineur viré?

C’est la classe à Dallas !

Le Dallas de l’année dernière ressemblait beaucoup au Colorado de cette année. Trop de joueurs importants sur la touche en raison de blessures et donc, impossibilité de faire des jugements sur une équipe décimée effectuant une saison médiocre. La malchance a pour le moment tourné le dos à l’équipe texanne.

C’est plus ou moins la même équipe qu’a repris en main le manager Schellas Hyndman. En effet, le coach universitaire de l’année 1981 n’a pas souhaité bouleverser son effectif en dépit de l’échec qu’à connu le FC Dallas la saison passée, éliminé de la course aux playoffs (rappelons qu’il demeure plus difficile de ne pas se qualifier en playoffs puisque 10 sur 19 franchises y accèdent). Leur dernière victoire 2-0 au Pizza Hut Stadium contre Vancouver permet aux Texans de dominer largement la conférence Ouest. Ils comptent 19 points, alors que le deuxième, Los Angeles, en compte 11 (avec deux matches en moins). Un sacré écart après huit semaines même si tout peut aller très vite dans ce championnat si long.

La victoire de Dallas contre Vancouver le week-end dernier

David Ferreira n'a plus Brek Shea à ses côtés pour dynamiser les couloirs texans, alors le petit meneur de jeu tente beaucoup plus
David Ferreira n’a plus Brek Shea à ses côtés pour dynamiser les couloirs texans, alors le petit meneur de jeu a pris les choses en main.

Hyndman utilise toujours son 4-2-3-1 qui repose en grande partie sur le meneur de jeu David Ferreira (1 but, 3 passes décisives). Lui, ainsi que Ricardo Villar, l’attaquant Blas Perez, l’ailier Brek Shea et les défenseurs George John et Ugo Ihemelu étaient souvent blessés l’année dernière et ces six hommes là ont beaucoup manqué. Si Brek Shea est depuis parti sous d’autres cieux (à Stoke City), les cinq autres rejouent, et cela change tout.

De plus, l’équipe a de quoi encore progresser. L’ancien gardien de Nice Raul Fernandez souffre encore de problèmes de communication avec sa défense. Il apparaît parfois fébrile dans des situations simples et affiche quelquefois son agacement, mais il montre toute sa classe à des moments bien plus périlleux. Il reçoit des cours d’anglais dès que Hyndman siffle la fin des entrainements, alors on ne doute pas que le gardien péruvien va gommer certains de ses défauts. En attendant, ses défenseurs emploient des mots clés en espagnol pour se faire comprendre dans la précipitation. On aimerait qu’Eric Hassli prenne plus d’importance dans cette formation mais l’attaquant français est parti de trop loin. Sa condition semble peu à peu s’améliorer et nul doute que sa combativité et son envie de réussir seront utiles.

Quelque soit le résultat final de la franchise, Hyndman est en train de passer un cap avec ses joueurs. Il va fêter ses cinq ans à la tête du FC Dallas et a accumulé en tout et pour tout 219 points. Il passe ainsi devant Dave Dir, une icône à Dallas, qui était resté quatre ans comme entraineur chef et qui a gagné l’US Open Cup (la Coupe des Etats-Unis) en 1997, le seul titre du club texan jusqu’ici. Hyndman pourrait le faire oublier s’il continue sur ce rythme. Le FC Dallas semble avoir la chance de son côté, il faut en profiter.