Tous les articles par o_cortinovis

Vers un calendrier à l’européenne en MLS

Depuis le kick-off de la MLS en 1996, beaucoup de personnes, dont moi, s’interrogent sur l’obstination des dirigeants de la MLS à maintenir le calendrier actuel et à ne pas s’aligner sur les calendriers européens. Les critiques concernent aussi le système relégation-promotion qui est boycotté par Don Garber et ses collègues mais ça, c’est encore une autre paire de manches. Même si quelques ajustements ont eu lieu, rien n’a vraiment changé jusqu’ici. Mais le sujet passionne.

Lundi matin, le New York’s Daily News a ravivé l’incendie quand il a annoncé l’ouverture officielle du dossier dans les bureaux de la MLS. Il a même déclaré (à tort) qu’un changement de calendrier pourrait avoir lieu en 2014, année de la prochaine Coupe du Monde. Apparemment les conversations s’intensifient ces dernières semaines et je ne peux que m’en réjouir. Dan Courtemanche, le dir-com de la Ligue, a pris le soin de communiquer sur Twitter pour éviter l’emballement médiatique. Il a fait savoir qu’un sondage adressé aux fans avait été réalisé et que s’il y avait des bouleversements, ils interviendraient après 2014.

On aurait donc droit à une saison régulière qui débuterait fin juillet-début aout avec un break de 6-8 semaines en décembre avec des playoffs qui se joueraient à partir d’avril. Les fans américains sont en majorité ravis de pouvoir assister aux matches de début de saison en période estivale, lorsque l’excitation et l’impatience sont au plus haut (et que la concurrence des autres sports est faible). Alors un changement de calendrier entrainerait forcément des contestations, et ça, la MLS n’en a pas vraiment besoin car la satisfaction des fans est leur priorité (au détriment de l’intérêt des médias). Si les dirigeants n’ont pour le moment pas voulu changer le calendrier, c’est aussi parce que de janvier à mars, quelques villes comme Toronto, Montréal, Chicago et d’autres subissent un hiver extrême. Par ailleurs, s’il y’a bouleversement du calendrier, la MLS devra faire face à la concurrence que représenteront la NFL, la NHL, et le football américain universitaire. Les audiences comme les affluences, si elles ne s’effondrent pas, baisseraient incontestablement au début.

Voici maintenant les arguments à prendre à compte POUR l’instauration d’un calendrier à l’européenne.

  1. Les franchises pourraient enfin profiter de la période de transfert européenne, là où quand les équipes d’Europe font leurs petites affaires. Les équipes américaines garderaient ainsi leurs meilleurs joueurs jusqu’à la fin de la saison. Se calquer à la période de transfert européenne éviterait les pertes en cours de championnat. Et, chose non négligeable, la MLS récupèrerait beaucoup plus d’argent (puisque les joueurs appartiennent à la MLS et non au club).
  2. Cela pourrait inciter la FIFA à sélectionner les Etats-Unis comme principal site à l’organisation de la Coupe du Monde 2022 (si le Qatar se retirait) car Joseph Blatter, qui déplore le système actuel de la MLS, apprécierait cette mini-révolution.
  3. Et enfin, et c’est le plus important pour moi, l’intérêt des médias européens décollerait. Le décalage entre les différents calendriers n’est pas propice au développement de la MLS. Les journalistes n’aiment pas ça ! C’est comme si on demandait à un surfeur de surfer sur deux vagues, la deuxième étant à plusieurs mètres derrière lui. Il doit choisir l’une des vagues et en délaisser une autre. L’intérêt médiatique est pour moi ce dont la MLS a le plus besoin.

Même s’il faut avouer que c’est un énorme risque à prendre, je ne peux qu’être satisfait de ce qui est en train de se tramer dans les bureaux de New York. Si 2014 devrait être une saison de transition qui devrait voir seulement quelques légères modifications au niveau du calendrier, un changement radical  devrait enfin avoir lieu en 2015. Et ça, j’achète !

Les Timbers de Portland prennent la tête après le derby de l’Ouest !

Impossible de ne pas parler de ce match qui constituait en plus du plus gros derby du pays, un match crucial pour la qualification en playoffs: Portland Timbers – Seattle Sounders (1-0). Le ghannéen Kalif Alhassan a scoré en première mi-temps et a permis à Portland de remporter le combat. Seattle n’est donc toujours pas mathématiquement qualifié en playoffs. 

Portland prend la première place de la conférence ouest grâce à son succès et confirme sa bonne forme du moment avec son sixième match sans défaite (14 matches sans défaite à domicile !). En revanche pour les Sounders, cette défaite est la quatrième de rang et la franchise descend logiquement à la troisième place; Quelle déception (c’est mon équipe favorite) alors qu’elle était bien placée pour le Supporters Shield. Cela ne remet toutefois pas en cause sa place en playoffs et fort heureusement vu le clinquant effectif qu’elle affiche. Clint Dempsey a joué mais n’était pas au top de sa forme, en témoignent ses deux sorties en bord de terrain pour se faire soigner son épaule souffrante.

Avec cette défaite de Seattle, Vancouver, pourtant loin au classement, a indirectement raflé la Cascadia Cup, trophée inventé par les supporters en 2004 récompensant le vainqueur des confrontations directes entre Portland, Seattle, et Vancouver donc. Ces trois équipes du Pacifique nord ouest sont rivales depuis 1975 à l’époque de la NASL.

Lors de ce dernier match, Seattle et Portland déploraient les absences respectives de plusieurs de leurs joueurs détenus par leur sélection. Rodney Wallace (Costa Rica), Alvas Powell (Jamaïque) et leur attaquant vedette Ryan Johnson (Jamaïque) pour les Timbers. Brad Evans et Eddie Johnson (USA) pour les Sounders. Le coach de Seattle Sigi Schmid a fait l’étonnant choix de confier la cage au gardien de 41 ans, Marcus Hahnemann, à la place de Michael Gspurning. En début de match, Dempsey a bien failli marquer son premier but depuis son départ de Tottenham (il est temps!) mais il toucha la barre. Et c’est donc Alhassan qui débloqua la situation juste avant la mi-temps suite à un dégagement manqué de la défense adverse. Admirez l’ambiance géniale au Jeld-Wen Field.

C’était la troisième confrontation entre ces deux équipes (1-1 ; 1-0 pour Seattle auparavant) et Portland a donc gagné la plus importante puisqu’elle permet à la franchise de l’Oregon de quasiment s’assurer une place en playoffs et d’en priver (momentanément) son meilleur ennemi. C’est de bonne guerre !

Quelqu’un veut-il remporter le Supporters’ Shield ?

Drôle de semaine en MLS. Sur quatre équipes candidates, seulement une a composté son billet direction les playoffs. La plupart des équipes se tirent actuellement une balle dans le pied après s’être pourtant démenées toute la saison pour accéder aux premières places de leur conférence. Cela m’amène à poser une question: les équipes de MLS ont-elles vraiment envie de remporter le Supporters’ Shield (bordel)?

Le calendrier de la saison régulière de MLS a ses défauts : des matches dispersés tout le long de la semaine et non sur un week-end, des équipes qui n’ont jamais le même nombre de matches disputés rendant le classement illisible, des franchises qui doivent rencontrer Los Angeles deux fois à l’extérieur… Pourtant, le  Supporters’ Shield, trophée décerné chaque année à l’équipe ayant obtenu le plus de points lors de la saison régulière,  reste le meilleur indicateur de la régularité des équipes avant les playoffs. Mais voilà, à quoi bon gagner ce trophée si à la fin on ne décroche même pas un bonus financier. Si c’est le cas, la somme ne doit pas être flamboyante puisqu’aucun article dans les archives ne parle de primes au (bon) classement. Même les spécialistes francophones ne sont pas au courant. La MLS doit bien donner un petit quelque chose, m’enfin…

La baisse de forme des équipes prétendantes pourrait (c’est une des hypothèses) être liée à ce manque de motivation. Pour faire court, une fois les playoffs dans la poche, les joueurs sont en en roue libre puisque terminer 2ème ou 4ème de sa conférence ne change rien. Ou presque. Seul l’adversaire sera différent en demi-finale de playoffs.

Ceci dit, un trophée reste un trophée alors quels sont les prétendants à la succession des San José Earthquakes? Mathématiquement, beaucoup sont encore en lice mais pratiquement tous sont donc au ralenti.

New York Red Bulls

Nous sommes actuellement les témoins d’un fait historique en MLS. Alors qu’ils n’ont jamais été bien placé pour remporter ce trophée depuis leur arrivée dans ce championnat, et qu’ils n’ont d’ailleurs jamais rien gagné d’autre malgré leur  notoriété, les Red Bulls sont aujourd’hui en tête du classement  général (toutes conférences confondues) au 32ème round. New York est même la seule équipe sûre de disputer les playoffs jusqu’ici. Ils le savent depuis samedi et un but de Tim Cahill qui leur a permis de récupérer un point contre New England… après le temps additionnel !

New England a montré que l’équipe n’était pas si solide que ça. Elle a même beaucoup souffert à l’image d’un Thierry Henry plus frileux à l’approche des cages adverses ces derniers temps. New York a inscrit 18 buts dans les 15 dernières minutes, et 11 ont été déterminants (cinq ont été marqué par Tim Cahill). C’est aussi ça la signature du NYRB made in Mike Petke. S’ils sont les mieux placés pour remporter le Supporters’ Shield, les Red Bulls devront certainement compter sur d’éventuels faux-pas des concurrents, vu leur état de fatigue. S’ils récupèrent suffisamment, ils remporteront le trophée et joueront donc la Ligue des Champions. Mais personne n’y croit, y compris à New York, quand on connait les désillusions et déceptions que la franchise nous a habitué à vivre.

Adversaires restants: Houston, Chicago

Real Salt Lake

Le Real a pris un sacré coup derrière la tête.  Perdre en finale de la coupe des USA est toujours démoralisant, mais échouer devant son public contre la pire équipe de MLS cette saison, DC United (3 victoires en 32 matches), est impardonnable. Pour la cinquième saison de suite, le Real Salt Lake a atteint la barre des 50 points en championnat et il mène la conférence Ouest, même si comme les Red Bulls, il ont disputé plus de matches que leurs concurrents.

L’équipe s’appuie sur un système de formation rigoureux instauré par Jason Kreis  qui lui permet d’éviter d’être dans la mouise si ses meilleurs joueurs se blessent ou sont suspendus. En effet, une marmite pleine de jeunes espoirs est à disposition du roster, et ces derniers n’ont jusqu’à là jamais déçu. Le FC New York City fait d’ailleurs de l’oeil à  Kreis pour tenter de le récupérer à l’issue de la saison et pour qu’il applique ce même système. L’intéressé a accepté de rencontrer la direction du club à Manchester. La franchise de Salt Lake, réputé pour être saine et stable, pourrait-elle alors être un brin perturbé par ce rendez-vous secret qui ne l’est plus? Un premier élément de réponse a été donné ces derniers jours avec l’incapacité de l’équipe à battre le FC Dallas.

Adversaires restants: Portland, vs. Chivas

Sporting Kansas City

Deux ans que le Sporting domine la conférence Est. Mais ça fera deux sans trois car la machine est en panne depuis fin Juillet. Des défaites contre Montréal, New York, San José, Chicago et Philadelphie ont calmé Aurélien Collin et ses coéquipiers.  Leur pauvre performance chez eux contre Philadelphie la semaine dernière n’augure rien de bon pour les playoffs… s’ils les atteignent. Ils devraient y parvenir puisqu’ils leur restent à jouer la pauvre équipe de DC United. Une victoire suffirait. Seulement voilà, la défense centrale  réputée pour être la meilleure du pays (Collin-Besler) est aux abonnées absentes. Ajoutés à ça, les absence de Kei Kamara et Roger Espinoza au milieu, l’équipe est au ralenti.

Adversaires restants:  D.C., Philadelphie

Seattle Sounders

Mais que se passe-t-il à Seattle? Les Sounders devraient être  le favori pour le Shield, mais tout un tas de questions s’abattent sur eux depuis deux semaines. Et je ne fais même pas référence à la choquante défaite de mercredi contre Vancouver 4-1 quelques jours après la défaite contre Colorado 5-1 (avait-on déjà vu Seattle souffrir autant dans son histoire?).

Les sélections internationales vont de plus réquisitionner une bonne partie de l’effectif de Sigi Schmid. Ça tombe mal au moment d’affronter leur principal rival Portland, ce derby offrant chaque année l’atmosphère la plus chaude du championnat. Si Seattle a l’habitude de bien gérer les gros matches, ils devront aussi affronter le FC Dallas de Schellas Hyndman qui joue sa tête en cette fin de saison régulière. Et pour finir, il faudra faire face au Los Angeles Galaxy… Ça sera très dur pour le Shield.

Matches restants: Portland, Dallas, L.A. Galaxy

Portland Timbers

Pour finir, Portland semble être le candidat le moins bien placé pour gagner ce trophée.  Deux gros matches, contre Seattle donc, puis contre le Real Salt Lake qui l’a éliminé de l’US Open Cup (Coupe des USA). Les Timbers ne sont jamais parvenus jusqu’aux playoffs. De ce fait, le coach Caleb Porter est un peu vu comme le sauveur d’une franchise méconnaissable à l’extérieur alors qu’elle excelle à domicile.

Porter a transformé l’équipe, désormais très difficile à battre. c’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle est toujours en course. Très solide, elle oublie trop souvent de gagner comme cela a été le cas dimanche dernier contre Vancouver. Les progrès de cette équipe font plaisir à voir et si le Supporters’ Shield ne semble pas envisageable (réception de Seattle puis du Real Salt Lake), ils pourraient en surprendre plus d’un aux playoffs, mais on ne pourra pas dire que c’est grâce à ses frenchies (Piquionne et Silvestre).

Matches restants: Seattle, Real Salt Lake, Chivas USA