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La nouvelle saison de MLS en péril?

Dans un petit mois, la MLS devrait être de retour. Devrait oui, puisque rien n’est moins sûr. A l’image du lock-out qui avait vu les basketteurs faire grève en 2011 pendant cinq mois, la MLS n’est pas parvenue à trouver un accord avec les joueurs. Et le temps presse !

Kakà et les joueurs disputent leurs premiers matchs amicaux, mais ne savent pas s'ils débuteront à temps les matchs officiels.
Kakà et ses coéquipiers d’Orlando font comme si, en attendant…

Alors que les joueurs ont repris l’entraînement depuis peu, personne ne sait si le début du championnat aura bien lieu le 6 mars prochain. Les négociations du nouveau CBA (collective bargaining agreement) ont en effet capoté. Cette entente collective portait notamment sur le plafond salarial et le fameux salaire minimum. Après que la MLS ait touché plus de 90 millions de dollars pour les droits TV (pour une durée de huit ans), les joueurs ont estimé, qu’étant les principaux acteurs, ils étaient en droit de revendiquer certains changements.

Les joueurs s’estiment en effet biaisés. La MLS se classe au 22ème rang mondial des ligues en terme de salaires octroyés aux joueurs (c’est la MLS qui paye les joueurs), alors qu’elle vise le Top Five des meilleures ligues sur un point qualitatif. Pas très logique. Ils demandent donc une participation plus importante de la MLS sur les salaires des joueurs désignés (qui sont eux payés en partie par les propriétaires des franchises) et espèrent faire passer le nombre de ces joueurs de 3 à 5 par équipe. Ce qui est indispensable pour une progression rapide du championnat.

Du côté de la MLS, on défend la ligne de conduite établie dès la saison inaugurale en 1996: « Slowly but surely ». Grossièrement, si la Ligue veut grandir, elle ne doit pas faire de folie. Elle a encore en tête la longue agonie de la NASL qui avait finalement pris fin, en 1984 après une gestion financière des plus catastrophiques (https://majeureliguefootball.wordpress.com/2013/01/14/pele-et-les-trois-glorieuses/). Don Garber, le commissaire si prudent de la MLS, ne veut pas aller trop vite, et il faut bien avouer que sous sa houlette, la ligue se porte de mieux en mieux. Même si on aimerait tous un peu le brusquer de temps en temps…

Par ailleurs, cette entente, qui n’a jamais aussi mal porté son nom, doit aussi statuer sur les vols charters limités à quatre pour chaque équipe. Les autres parties du temps, les équipes voyagent en effet sur des vols commerciaux avec des passagers lambdas lors des déplacements. Quand on sait le temps que passent les joueurs dans ces avions, on peut comprendre leurs aspirations à voyager dans de meilleures conditions. Autre point sensible: le statut des joueurs canadiens. Ces derniers sont considérés étrangers sur le sol américain alors que la réciproque n’est pas vraie. Enfin, sujet très important, si ce n’est LE plus important: les joueurs en ont assez que la MLS détient 100% de leurs droits, même lorsqu’ils ne sont plus sous contrat. Ils réclament le statut de « free agent ».

Les négociations qui duraient depuis des semaines ont pris fin le 31 janvier dernier. Malgré tout, les joueurs ont promis de continuer de s’entraîner et de faire comme si de rien n’était. L’arrêt des entrainements demeure leur dernière arme pour faire pression sur la ligue, et certains joueurs comme Robbie Keane ont fait savoir qu’ils étaient prêts à aller au bout de leurs idées, si un deal n’était pas signé. Cela serait donc la première grève en MLS, mais pas la première dans les sports US (c’est rare, mais cela arrive parfois en NHL, en NFL, et en NBA donc). La seule grève dans l’histoire du soccer aux USA avait eu lieu en 1979 lorsque la NASL avait refusé de reconnaître la North American Soccer League Players Association (NASLPA), un syndicat de joueurs. Elle avait duré plusieurs jours, et la ligue de l’époque n’avait finalement pas cédé. Cette grève avait été un désastre puisque, en plus de ne pas être solidaires, les 143 joueurs à avoir pris part à ce mouvement manquaient cruellement d’organisation et de soutien politique. Aussi, la grande franchise de l’époque, le New York Cosmos, s’était clairement dissocié de cette manifestation. Ainsi, le championnat avait pu débuter normalement.

Pour en revenir à l’actuel lock-out, le championnat USL Pro (3ème échelon national) risque d’être également touché puisqu’il est composé des réserves des franchises MLS. Est-ce que certains joueurs seraient prêts à partir alors en NASL (2ème division nationale) pour pouvoir jouer?

C’est une hypothèse peu crédible puisque les effectifs de NASL sont complets. De plus, les joueurs, s’ils acceptent une baisse de leur salaire (déjà pas folichon), ne pourraient pas revenir en MLS cette année. Il serait donc plus probable que certains s’exilent en Amérique du Sud, les portes de la plupart des pays européens étant fermées depuis la fermeture du marché des transferts.

Mon opinion: Je suis optimiste. Je pense qu’un deal sera prochainement conclu. D’après moi, les joueurs obtiendront en majorité ce qu’ils réclament. Il semble logique que la courbe des salaires MLS augmente en même temps que celle des revenus de la Ligue, surtout si l’on veut une progression du championnat. Ce n’est pas pour autant que Don Garber va changer radicalement sa manière de gérer son business. Il serait juste fou de mettre en péril l’image de marque de son championnat qu’il travaille depuis son arrivée à ce poste de commissaire en 1999. En cas de grève, il pourrait même être contraint à démissionner sous la pression des franchises et des joueurs. Je pense que lui et la MLS seront plutôt réceptifs aux revendications salariales des joueurs mais qu’ils ne changeront pas d’un iota leur position sur le statut de « free agent » que les joueurs réclament.

@J_Cortinovis

La MLS toujours plus populaire – Compte rendu de la saison régulière 2014

La Major League Soccer est sur le point de battre un nouveau record d’affluence. A une semaine de la fin de la saison régulière, 19 045 personnes en moyenne se déplacent dans les stades US à chaque rencontre. La barre des 19 000 est donc franchie. Autre record: huit franchises peuvent se targuer de recevoir en moyenne plus de 20 000 personnes, et au moins cinq équipes vont battre leur record d’affluence à la fin de la saison.

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Seattle mène évidemment toujours les débats – c’est le cas depuis maintenant six ans – avec une incroyable moyenne de 42 863 spectateurs par match. C’est pour l’instant en très légère baisse par rapport à la saison dernière mais samedi, les Sounders reçoivent le Los Angeles Galaxy. En cas de victoire ou de nul, ils remporteront le Supporter’s Shield (classement à la fin de la saison régulière). Ce match est d’ores et déjà « sold out » alors que le CenturyLink Field stadium peut contenir un maximum de 67 000 personnes…
Toronto FC, Portland, Real Salt Lake, Sporting Kansas City et le FC Dallas battront leur record d’affluence en 2014. Ces franchises, à part Dallas, auront joué dans dans stades quasi pleins tout au long de l’exercice. Tous les matches de Portland, sans exception, se sont joués à guichet fermé. Kansas City a enregistré 52 matches avec des tribunes pleines (série en cours) alors que la franchise a dû se heurter plusieurs fois à la concurrence des Kansas City Royals, l’équipe de baseball en passe de remporter le championnat national.

Onze franchises vont voir leur chiffre augmenter alors que huit, au contraire, vont déplorer la baisse de fréquentation des gradins.

DC United voit son taux d’affluence se décupler cette année avec une augmentation de 25%. DC peut remercier son équipe marketing pour avoir eu l’idée d’associer la rencontre contre Colombus avec la double confrontation de l’équipe nationale américaine contre la Colombie à Washington en imprimant un billet unique. Ainsi, cette confrontation contre Colombus a attiré 53 000 personnes dans le Fedex Field, stade dans la banlieue de Washington.

La franchise texanne de Dallas voit, quant à elle, son chiffre augmenter de 55% depuis 2010 et sa campagne en MLS Cup. Incroyable progression.

Le flop de cette saison est à mettre au passif de Montreal. – 15% pour leur 3ème campagne en MLS. On ne sait pas si la période d’enthousiasme autour de cette équipe est terminée ou pas, mais la désastreuse saison des coéquipiers de Marco Di Vaio n’a rien fait pour encourager les gens à venir défier le froid pour se rendre au Stade Saputo. Par ailleurs, même le président, qui a donné son nom au stade, semble se détourner de son équipe puisqu’il a récemment pris des parts dans le club italien de Bologne. Même s’il défend son action en clamant un partenariat entre ses deux clubs… Tristesse aussi pour Chivas qui va battre le record de l’année 2000 du plus bas taux d’affluence avec un peu plus de 7 000 personnes par match. C’est un déclin de 14% en comparaison à la saison dernière, déjà très noire. Ça sent la fin pour la franchise californienne.

L’arrivée combinée de New York City FC et d’Orlando City devrait encore un peu plus booster les chiffres l’année prochaine surtout si le retrait de l’équipe de Chivas se confirme…

2014 MLS Affluence (en moyenne):
Franchises. (+/-)
*Seattle 42,863 (-3%)
Toronto FC 22,086 (+22%)
LA Galaxy 21,258 (-2%)
Portland 20,777 (+0.5%)
*Vancouver 20,371 (+1%)
Real Salt Lake 20,351 (+6%)
Houston 20,117 (+1%)
*Sporting KC 20,054 (+2%)
New York 19,421 (-0.2%)
Philadelphia 17,631 (-7%)
*Montreal 17,557 (-15%)
D.C. United 17,030 (+25%)
*Columbus 16,880 (+5%)
*FC Dallas 16,791 (+9%)
*Chicago 15,907 (+4%)
*New England 15,676 (+6%)
Colorado 15,082 (-3%)
San Jose 14,947 (+17%)
*Chivas USA 7,156 (-14%)
MLS 19,045 (+2%)
*Un match à domicile restant

2014 MLS affluence (plus grande augmentation):

D.C. United 17,030 (+25%)
Toronto FC 22,086 (+22%)
San Jose 14,947 (+17%)
*FC Dallas 16,791 (+9%)
Real Salt Lake 20,351 (+6%)
*New England 15,676 (+6%)
*Columbus 16,880 (+5%)
*Chicago 15,907 (+4%)
*Sporting KC 20,054 (+2%)
*Vancouver 20,371 (+1%)
Houston 20,117 (+1%)
Portland 20,777 (+0.5%)
New York 19,421 (-0.2%)
LA Galaxy 21,258 (-2%)
*Seattle 42,863 (-3%)
Colorado 15,082 (-3%)
Philadelphia 17,631 (-7%)
*Chivas USA 7,156 (-14%)
*Montreal 17,557 (-15%)
MLS 19,045 (+2%)
*One home game to play.

MLS Affluence annuelle:

1996 – 17,406
1997 – 14,603
1998 – 14,312
1999 – 14,282
2000 – 13,756
2001 – 14,961
2002 – 15,821
2003 – 14,898
2004 – 15,559
2005 – 15,108
2006 – 15,504
2007 – 16,770
2008 – 16,460
2009 – 16,037
2010 – 16,675
2011 – 17,872
2012 – 18,807
2013 – 18,594
2014 – 19,045

Plus grande affluence annuelle MLS

44,038 Seattle (2013)
43,144 Seattle (2012)
42,863 *Seattle (2014)
38,496 Seattle (2011)
36,173 Seattle (2010)
30,897 Seattle (2009)
28,916 Los Angeles (1996)
26,009 Los Angeles (2008)
24,252 Los Angeles (2007)
24,204 Los Angeles (2005)
*Un match à domicile restant

Plus faible affluence annuelle MLS
AVG. TEAM (+/-)
7,156 *Chivas USA (2014)
7,460 Miami (2000)
7,906 Dallas (2003)
8,072 Kansas City (1998)
8,183 Kansas City (1999)
8,336 Chivas USA (2013)
8,689 Miami (1999)
9,058 Kansas City (1997)
9,088 Dallas (2004)
9,112 Kansas City (2000)
*Un match à domicile restant

ps: je me fais,beaucoup plus discret ces derniers temps ici et sur Twitter. Mon déménagement récent dans le Texas explique cela. See ya

Et voici comment le pire maillot de l’histoire vit le jour…

Alexis Lalas saute de joie, mais ça n'a rien à voir avec son maillot
Alexi Lalas saute de joie, le match est fini et il va pouvoir refourguer son maillot

Au printemps 1994, les joueurs de l’équipe de nationale américaine sont appelés à se rendre à ce qui doit être un évènement bon enfant organisé par Adidas. En effet, leur équipementier allemand les tease depuis pas mal de temps sur le maillot qu’ils porteront pour le Mondial 1994 organisé aux Etats-Unis pour la première fois. Les joueurs américains veulent faire bonne figure en débarquant sur les pelouses avec une tenue digne de ce nom. Cet espoir meurt dès les premières secondes de la présentation.

L’uniforme semble avoir été dessiné par un teenager ayant fait ses gammes sur Microsoft Paint. Le maillot est de couleur jean denim (l’OM n’a rien inventé), avec des étoiles blanches étirées irrégulièrement en guise de motif, tandis que la marque et le logo de la fédération sont de couleur rouge vif comme si le designer avait voulu rattraper le coup après avoir vu le drapeau américain.

Dans les années 1990, le soccer entre dans une nouvelle ère. Les Yankees s’étaient déjà qualifiés pour la Coupe du Monde 1990 en Italie même s’ils s’étaient fait balayer en perdant leur trois matches de groupe. En 1994, une poignée de joueurs évoluent de l’autre côté de l’Atlantique, et la saison inaugurale de MLS commencera dans deux ans. En tant qu’hôte de l’évènement le plus suivi en Europe, la fédération de football sait que tous les projecteurs seront braqués sur le pays, alors ils ne faut pas décevoir. Il faut marquer le coup. L’idée alors, d’après Hank Steinbrecher, ancien directeur exécutif de l’U.S Soccer Federation, est de marquer le coup.

Roy Wegerle est ravi de poser avec son maillot
Roy Wegerle est ravi de poser avec son maillot

Après que le maillot eut été dévoilé lors d’un l’évènement fermé au public et aux journalistes, les joueurs ne pipent pas mot. « Le plus gros silence jamais entendu au sein d’une bande de copains » se rappelle Eric Wynalda. Ensuite, les rires éclatent. Le défenseur Paul Caligiuri a de suite pensé à l’accoutrement d’un clown. Même Alexi Lalas, joueur déconcertant par son talent mais surtout par son style, le détestait. C’est pour dire. En fait, lui pensait qu’il était au centre d’un grand canular. « On essayait de trouver où étaient cachées les caméras ».

 » désormais une cible parfaite pour devenir la risée de la compétition »

Lalas, qui est maintenant consultant sur Fox Sports, a avoué qu’il y avait une pression immense sur l’équipe nationale en 1994.  Hors de question de faire honte à son pays, qui plus est, est l’hôte de la plus grande compétition au monde et surtout, pas question de freiner l’engouement que la fédération essaye de faire naître tant bien que mal autour du soccer. L’objectif annoncé au sein du vestiaire est de faire bonne figure en bien jouant. Pourtant ces maillots font maintenant d’eux une cible parfaite pour devenir la risée de l’évènement sportif. Désormais, il ne suffit plus de bien jouer, mais il faut gagner pour faire oublier cette tenue grotesque. En cas d’échec, l’humiliation sera double.

Habiller une équipe nationale comme des patriotes junkies psychédéliques semblaient être un risque. Pourtant, il était calculé. « Dans mon monde, s’il y a une grosse réaction, c’est positif » argumente Peter Moore, directeur créatif d’Adidas et directeur de la marque aux trois bandes aux USA à l’époque des faits. Si les gens sont en colère, cela prouve qu’ils ne s’en foutent pas. »

Peter Moore n'était pas à son premier coup marketing. Il avait déjà dessiné les AJ1 de Michael Jordan, illégales à l'époque.
Peter Moore n’était pas à son premier coup marketing. Il avait déjà dessiné les AJ1 de Michael Jordan, illégales à l’époque.

Moore le savait par expérience. C’est lui qui avait dessiné la légendaire et controversée chaussure Air Jordan 1 dans les années 80 pour Nike. Elle fut conçue pour se démarquer des autres chaussures de basket présentes sur les parquets. Chaque fois que Michael Jordan posait pied sur le parquet en portant la AJ1 ‘Bred’ (noir et rouge), Nike devait payer 5000$ d’amende pour non-conformité avec le règlement de la NBA qui imposait des baskets blanches aux joueurs. Ce coup marketing mené de main de maitre par Nike, qui rapporta plus de 100 millions de dollars, permit de lancer une campagne publicitaire expliquant au public que la Air Jordan 1 est tellement puissante qu’elle est illégale.

Quelques années plus tard, Nike sponsorisa le jeune écorché vif Andre Agassi et l’habilla avec un short en jean en pensant lancer une mode comme il l’avait fait avec les Air Jordan. Mais cette fois, l’effet ne prend pas. Adidas retient cependant l’audace de son concurrent mais ne dit rien jusqu’en 1994.

Le principal problème pour Adidas était que les joueurs ne pouvaient porter une telle matière 90 minutes durant. L’équipementier a alors l’idée de donner l’impression du jean tout en gardant la matière standard. Moore dit que les designers ont ensuite délibérément déformé les étoiles au moment de les poser sur la machine Xeros, chargée de scanner pour ensuite reproduire les imprimés.

Mary McGoldrick, qui a pris la succession de Moore se souvient des réactions de ses collègues allemands très conservateurs quand ils ont découvert le produit final. « Hum, c’est pas Adidas ça, ce n’est pas nous! ». Cette année là, la marque allemande habillait plusieurs équipes avec déjà des maillots plutôt osés (l’Allemagne avec un motif en damier ou le Nigeria avec un imprimé intriguant) mais celui des Etats-Unis provoquaient un certain malaise en interne.

Le seul argument valable pour la défense de ce maillot? « Cela aurait pu être pire » ! Dans une interview datant de 2011, un ancien designer d’Adidas a révélé que la marque avait pensé à habiller les joueurs américains avec des maillots tie-dye. Ce procédé qui consiste à plonger un linge dans un bain de couleur avait déjà servi pour l’équipe de Basket de Lituanie, alors il fallait trouver quelque chose d’autre.

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L’équipe de Basket de la Lituanie a évité les maillots « tie-dye » à l’équipe de football américaine

Alors que le début de la Coupe du Monde approche, les joueurs préfèrent en rire. Même le milieu John Harkes qui avait été élu plus beau joueur du pays par le magazine People ne parvient pas à « rendre potable » ce maillot, dira son coéquiper Tab Ramos. Quant à Alexi Lalas, il ressemble à Raggedy Ann, cette poupée de chiffons rendus célèbre dans les livres pour enfants. Toute blague était bonne à faire et cela masquait une certaine assurance que les joueurs américains avaient gagné au fil des matches de préparation grâce à notamment une victoire 1-0 face au Mexique (avec le maillot « away » où seul le short est en « jean »). Cette Coupe du Monde était finalement leur première danse, et comme dans tout bal de promo, il ne faut pas trop se faire remarquer.

Raggedy Ann, le sosie d'Alexis Lalas
Raggedy Ann, le sosie d’Alexis Lalas

Pourtant, se faire remarquer, ils vont le faire. Les Américains portent ce maillot devenu célèbre lors des trois premiers matches de poule. Lors du premier, ils tiennent en échec la Suisse (1-1). Ensuite, grâce à un but contre son camp d’Escobar devenu tragiquement légendaire, ils s’imposent 2-1 face à la Colombie. Paul Caligiuri, milieu défensif de l’équipe:  » Après ce match, nos maillots sont devenus cool. Ah ce n’était peut être pas le maillot néerlandais avec son orange décapant ou le maillot argentin avec ses bandes blanches mais ces étoiles blanches sur fond de jean faisaient son effet. Lalas: « Vous pouvez porter du cuir avec des pompons, si vous jouez bien, ça devient tout de suite cool ». Malgré une défaite face à la Roumanie dans le dernier match de groupe, les Etats-Unis sont repêchés mais perdent face au futur vainqueur de la compétition, le Brésil. Le parcours improbable des Yankees prend fin et le jour suivant, The San Francisco Chronicle rapporte qu’Adidas a vendu au moins 60 000 maillots jean denim (à 60$ l’unité).

Quand les américains battent la Colombie, le maillot étaient un peu mieux

Pour la fédération, tous les voyants sont au vert. Cette Coupe du Monde est celle de tous les records en terme de fréquentation. Et les résultats sportifs sont satisfaisants. « Nous voulions attirer l’attention, et ces uniformes originaux nous l’ont permis. Les joueurs ont fait le reste ». Ces derniers surfent alors sur cette vague denim comme Caligiuri qui joue les acteurs dans une publicité pour shampoing le tout orné du fameux maillot.

http://www.youtube.com/watch?v=dkRKzA3Pc_c (à 6min 47)

Depuis deux décennies, l’USMNT s’est bâtie une réputation d’équipe courageuse qui n’a cessé de progresser. Elle est apparue à chaque Coupe du Monde depuis 1990. Ses meilleurs joueurs ont fait des carrières honnêtes à l’étranger. Son coach Jurgen Klinsmann a récemment prolongé son contrat qui le lie avec la fédération américaine qui le paye 3 millions de dollars par an.

Les designers américains qui travaillent avec Nike, eux, se sont récemment assagi en essayant justement de rentrer dans le rang pour essayer de se faire une place parmi les équipes nationales puissantes, malgré quelques exceptions (dont le maillot extérieur pour la prochaine Coupe du Monde au Brésil qui ressemble étrangement à la Bomb pop, cette glace traditionnelle américaine). Depuis 1995, Nike a tenté quelques « coups » mais rien d’aussi créatif que la couleur jean denim n’a vu le jour. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir les « maillot les plus laids » de l’histoire dans les tribunes lorsque les USA jouent. Ouvrez bien l’œil cet été.

Voici les maillots pour la Coupe du Monde 2014.

USA+2014+World+Cup+Home+Kit+2

USA+2014+World+Cup+Away+Kit+(1)

Le soccer aussi populaire que le baseball chez les kids !

Pour la première fois depuis qu’ESPN commande des sondages concernant les sports US, la Major League Soccer a rattrapé la Major League Baseball en terme de popularité chez les enfants américains ! Inimaginable il y a encore 5 ans !

soc_chart_trends_576x324Dans ce dernier sondage, 18% des 12-17 ans désignent la MLS et le soccer comme leur compétition/sport favori. Le rapport annuel s’est intéressé à 31 sports différents et plus de 1500 kids ont été interrogés.

La NFL (football américain) est toujours la compétition la plus largement suivie (39%), tandis que la NBA, la NCAA football (championnat universitaire de football américain) et la NCAA basketball sont derrière avec plus de 23%. A noter que le championnat de basket professionnel repasse devant le championnat universitaire de basket après une campagne marketing menée spécifiquement auprès de cette tranche d’âge, tellement importante stratégiquement. Et oui, c’est maintenant connu, les championnats universitaires font plus que rivaliser avec ceux de leurs ainés.

Rich Luker, qui a mené l’enquête pour ESPN, qualifie de phénoménale l’évolution de la courbe de la MLS qui, pour rappel, a été seulement lancée en 1996, ce qui fait d’elle la plus jeune compétition parmi les plus importantes du pays. Elle titille aujourd’hui le baseball, sport considéré comme le plus légendaire du pays puisque rempli d’histoire.

« Au cours des cinq dernières années, nos recherches ont montré que mêmes les fans de soccer nés en dehors des USA commencent eux aussi à respecter notre championnat professionnel. Ils ont vu les ‘fan bases’ à Portland ou Seattle et c’est sûr qu’il faut être de mauvaise foi pour ne pas être impressionné une fois à l’intérieur du stade. »

Pour mieux réaliser le pas gigantesque qu’a réalisé le soccer aux US, il est important de comprendre que la tranche 12-17 ans est la plus difficile à emporter, car à cet âge- là, les centres d’intérêts ne sont pas encore définis et ils s’essayent à de multiples choses. Luker ne peut toutefois pas expliquer spécifiquement à quoi est dû ce changement d’orientation chez les kids même s’il a son idée.

« L’arrivée de David Beckham a définitivement joué un rôle. EA Sports a aussi contribué à la connaissance de cette compétition à travers son jeu phare, FIFA, que les américains ont sollicité ces dernières années. Contrairement à la série Madden (jeu vidéo de football américain), ils ont d’abord eu besoin d’y jouer pour comprendre ce sport avant de le suivre à la TV. »

Les championnats de football européens sont aussi beaucoup plus diffusés (tous les matchs anglais sont retransmis intégralement), ce qui rend plus susceptible le soccer de faire partie des conversations sociales. Ce qui à son tour augmente la probabilité des personnes qui prennent la défense du championnat local, la MLS.

Le sondage annuel nous permettra de suivre l’évolution de cette courbe mais tout porte à croire qu’elle ne cessera de croître dans les prochaines années grâce aux décisions prises par le board (conseil d’administration) et Don Garber, commissaire de la MLS (partenariats, créations de franchises, construction de stades etc…)

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