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Mon interview en ce début de saison MLS par ThinkOver

http://www.thinkover.fr/2015/03/la-mls-vue-par-un-frenchy/

Merci à Alexis Martineau pour son intérêt porté à la MLS.

La MLS vue par un Frenchy

Jérôme est français, il a 26 ans et vit aux USA. C’est un publicitaire qui aime qu’on lui raconte des histoires, d’où son amour pour la MLS, déjà évoquée sur Think Over le mois dernier. Il se sent américain dans un corps de français car « le contraire aurait été ballot ». Plutôt bien vu. Alors que la reprise du championnat américain se profile, notre frenchy nous offre une analyse afin de mieux comprendre 2015 et ses enjeux pour le soccer. Jérôme tient également un blog sur la MLS que je vous conseille de visiter (toutes les informations sont en bas de la page). Sur ce, bonne lecture !

 

 

A quand remonte ta passion pour le football ?
Je ne saurais te dire exactement. J’ai commencé à jouer très tôt au foot puisque j’ai connu ma première fracture du bras alors que j’étais haut comme 3 pommes. Quant à mon premier souvenir je pense directement à Corentin Martins que je voyais le dimanche à Telefoot avec le maillot d’Auxerre sponsorisé par DUC. Montpellier – Auxerre, c’est aussi le premier match auquel j’ai assisté à la Mosson. Je n’ai pas lâché Martins des yeux. Je ne me décrirais pas comme un fan mais un passionné. J’imagine qu’en quittant l’adolescence, la flamme s’éteint lentement. Je garde cependant un œil attentif sur Montpellier. C’est le club que je supporte et pour lequel j’ai eu la chance de travailler.

Quand et comment as-tu commencé à suivre la MLS ?
En 2010, alors que j’étais en 3ème année à l’ISCOM de Montpellier, j’ai pris la décision d’aller étudier aux USA. Pour me mettre dans le bain, mon frère Olivier, m’a convaincu de regarder un documentaire sur un joueur français exilé. Le déclic. C’était l’Intérieur Sport consacré à Sébastien Le Toux. Je le recommande fortement. Le Toux a pris la décision de rallier la MLS et d’y gagner une misère après avoir compris que sa carrière ne décollerait pas dans l’hexagone. Un choix payant puisqu’il est vite devenu un joueur important et apprécié d’abord à Seattle puis à Philadelphie. Il y est encore aujourd’hui, et a même côtoyé Thierry Henry à New York. En 2011, je suis donc parti étudier en Caroline du Sud, tout en suivant la saison de MLS, remportée par Los Angeles Galaxy sur un but de la légende Donovan.

Depuis ton arrivée aux USA, as-tu conservé des habitudes sportives françaises ?
Depuis mon installation à Austin en septembre dernier, mon quotidien a changé et j’avoue avoir lâché du lest concernant mes habitudes. Il n’y a que le J+1 de Canal + que je ne loupe jamais. L’émission qui tourne en dérision notre bonne vieille Ligue 1. Je garde toujours un certain affect pour ce championnat mais, mis à part la saison 2011/12 et la victoire du MHSC, il ne me fait plus rêver. Pareil pour l’équipe de France: je reste connecté mais désormais je suis principalement les Yanks.

As-tu trouvé de quoi jouer au football au sein d’un club dans ton nouvel état ?
C’est fou que tu me poses cette question car j’ai récemment été repéré lors d’un match de five par un entraîneur. Celui du Galaxia Soccer Club. Ça fait rêver, hein? Je crois que je vais dire oui. L’état du Texas est celui du soccer. Il y a 2 clubs qui jouent en MLS (Dallas et Houston). San Antonio, le 3ème club a remporté le dernier championnat de NASL (2ème division) et le club d’Austin va faire ses débuts en USL Pro, la 3ème division. Il y a une forte communauté de latinos au Texas qui ont le foot dans le sang. Pour jouer, il suffit juste d’être sociable. J’ai aussi traversé pas mal d’états et comme je t’ai dit, j’ai étudié en Caroline du Sud, l’état le plus pauvre des USA. Celui qui dit que les terrains de soccer sont rares, c’est qu’il n’a jamais mis les pieds sur le territoire. Il y a bien sûr des endroits où des gens n’ont jamais vu un ballon de football, mais le pays est tellement grand… Imagine toi: le Texas est plus grand que la France !

Ressens-tu un certain engouement pour la franchise de ton état ?
L’équipe de ma ville, ce sont les Austin Aztex qui débutent en USL Pro dès mars. Il y a d’ailleurs un bar sympa dédié au club mais sinon les gens se foutent de la MLS. J’irai les suivre pour alimenter mon blog et faire découvrir une autre facette du soccer. Je suis curieux de voir l’engouement autour de ce club qui progresse très vite. Le commissaire du championnat, Don Garber, avait à un moment cité la ville comme candidat potentiel, mais d’autres sont arrivés depuis. Ma première rencontre de MLS était un Dallas-Philadelphie au Pizza Hut Stadium et j’avais même discuté avec le coach de Phily, Piotr Nowak. Ça m’avait surpris de voir à quel point il était facile de s’approcher des acteurs du match. C’est ce côté accessible que j’aime bien, même si cela va être de moins en moins vrai avec l’arrivée des stars.

Qu’est-ce que ça donne Fifa 15 aux USA ?
Les américains s’y intéressent depuis la Coupe du Monde 2010 et les chiffrent le prouvent. 60% des personnes ont avoué ne jamais y avoir joué avant l’Afrique du Sud. Fifa reste derrière Madden, le jeu de Football Américain, mais il est passé devant NBA2K en Amérique du Nord en 2014.. La MLS en fait par ailleurs un de ses principaux vecteur de communication, en étroite collaboration avec EA Sports.

Ton petit bilan de l’année précédente ?
Comme à l’accoutumée, ce n’est pas la franchise la plus régulière qui l’a emportée même si Los Angeles n’a pas volé son sacre. Keane a été élu meilleur joueur en étant la pièce maîtresse d’un jeu attrayant. Je retiens le réveil de DC United après une année 2013 catastrophique, symbole des rédemptions en MLS. J’ai aussi en tête la performance d’Obafemi Martins avec Seattle qui a enfin montré sa valeur ajoutée au championnat. Même si c’est moche de se réjouir, j’ai vécu la disparation des Chivas USA comme une bonne nouvelle : c’était plus possible. Au rang des déceptions, Toronto est tout en haut. Bradley, Defoe et Julio Cesar n’ont pas réussi à hisser la franchise en playoffs tout comme Montréal. Enfin, le parcours des équipes engagées en Ligue des Champions a été bien décevant. De plus l’événement à retenir, c’est la retraite de Landon Donovan, le plus grand joueur américain de tous les temps qui n’a pas été sélectionné pour la coupe du monde par Klinsmann. L’allemand lui a préféré un jeune joueur inconnu, du Bayern Munich. Donovan a été meurtri et a annoncé sa retraite internationale dans la foulée. Mais comme toute légende qui se respecte il a terminé la saison en marquant en finale de coupe. Prends ça Zinédine.

Côté pronostics : Qui est ton favori pour le titre de champion des USA version 2015 ?
Seattle est mon favori depuis deux ans. C’est du costaud et ils disposent du meilleur public du championnat. Le stade est magnifique et toujours rempli. S’il y a un jeune à surveiller, je dirais l’attaquant de Los Angeles Giasy Zardes, qui me fait penser au Fodé Mansaré des grandes heures.

Crois-tu que le soccer deviendra un sport majeur américain ?
Sans faire parti du Top 3, il est déjà un sport majeur américain. La MLS se chiffonne avec le Hockey et sa NHL pour la 4ème place en terme de popularité derrière le football américain (NFL), le baseball (MLB) et le basket (NBA). Niveau affluence, la MLS ne cesse d’attirer du monde au fil des années, il est 3ème au classement devant la NBA. De plus, le soccer est très pratiqué dans les universités. Avec la lente mais intelligente progression de la MLS, le futur du soccer est radieux. Les audiences des matches à la TV sont très insuffisantes et constituent la principale problématique. J’ai d’ailleurs vu que la chaîne britannique Sky Sports avait acheté les droits de quelques matches. Merci Henry et Beckham qui sont respectivement commentateur et ambassadeur de la chaîne.

Quelles sont les principales différences que tu as pu découvrir entre notre championnat français et la MLS ?
Les différences entre les deux championnats sont partout. Tout d’abord on ne parle pas de clubs mais de franchises, typiques du sport professionnel américain. Elles sont admises dans la Ligue parce qu’elles ont payé, sont aptes à s’engager financièrement avec des infrastructures adéquates. Pas de promotion-relégation en outre. Je suis d’ accord avec ce système même s’il paraît stupide de ne pas privilégier la méritocratie en faisant monter les meilleurs franchises des divisions inférieures. Cependant, je pense qu’il faut, au moins pour quelques années, préserver la situation afin de développer la pérennité de la MLS et ainsi éviter de revivre le naufrage de la NASL. Aussi, ce ne sont pas les franchises qui sont propriétaires des joueurs, mais la Ligue! C’est pour cette raison qu’une limite de la masse salariale est imposée aux franchises. Enfin l’organisation est calquée sur les autres sports américains. Le championnat débouche sur les playoffs qui regroupent les meilleures équipes des deux conférences après la saison. Il n’est donc pas indispensable d’être régulier pour gagner la MLS Cup, simplement d’être performant sur la fin de saison.

Qu’est-ce qui t’as le plus marqué dans la façon de vivre leur passion chez les américains comparés à ce qui est coutumier chez nous ?
Les américains ne vivent pas leur passion comme nous. J’ai récemment emmené mes parents à un match de NBA opposant Dallas à Utah, ils n’en reviennent toujours pas. Les spectateurs ne veulent qu’être divertis. Le résultat et la qualité du match sont secondaires. Toutes les choses autour du match qui nous paraissent futiles, nous français, sont prises très au sérieux ici. La nourriture est omniprésente dans les stades. Le show d’avant-match est incroyable. En sortant du stade tu as vécu une belle expérience sans forcément te souvenir des actions du match. C’est pour cette raison que la notion de famille est primordiale concernant les passions américaines.

Le plan “MLS Next” a été annoncé, peux-tu nous en dire plus ?
Le MLS Next n’est pour moi qu’un prolongement de la stratégie mise en place depuis quelques années. La ligue va avoir 20 ans et se devait de marquer le pas, en s’offrant un nom de code aux allures marketing avec un nouveau logo. C’est intelligent. Don Garder est derrière tout ça, et je crois qu’il est la meilleure chose que le soccer a connu, bien qu’il lui arrive de dire des bêtises (on a parlé d’équiper les joueurs de GoPro…). J’espère qu’il sera là encore quelques années. La MLS continue donc son développement avec de nouvelles franchises, de nouvelles stars qui ne viennent pas simplement pour figurer, de nouveaux partenariats, de nouveaux stades. C’est très significatif et on atteindra rapidement la trentaine de franchises dans une ou deux décennies. Pour les deux nouveaux, atteindre les playoffs serait une bonne chose. C’est la continuité qui paye et le terme de cycle est très important en MLS.

La politique se mêle-t-elle du soccer comme c’est le cas chez nous ?
Je n’ai pas le souvenir d’un homme politique qui a utilisé le soccer pour illustrer ses prises de parole. Par exemple, Robbie Rogers de Los Angeles a effectué son coming out. Il a été soutenu mais il n’y a pas eu de récupération. Le soccer doit encore se populariser pour retenir l’attention des homme politiques ce qui n’a pas empêché le Président Obama de convier Kansas City à la Maison Blanche deux ans auparavant. Il avait même taquiné le français Aurélien Collin pour son style vestimentaire impeccable. La politique locale est présente lorsqu’une ville se porte candidate à l’intégration en MLS. David Beckham aurait d’ailleurs bien besoin d’aide dans son projet à Miami.

Les fans de soccer ont-ils l’habitude de suivre les championnats étrangers en plus de la MLS ?
La Premier League est incontestablement le championnat qui retient l’attention des américains avec Arsenal en tête. Les matches sont retransmis et les bars sont pleins dès le dimanche matin. Le championnat mexicain est aussi très populaire. Il a recueilli la meilleure audience soccer à la TV en 2014 lors de la finale retour du championnat avec 5 millions de téléspectateurs (en comparaison avec les 500 000 curieux pour la finale américaine). Viennent ensuite les affiches du championnat espagnol. Enfin, la Ligue des Champions est très relayée après les phases de groupe.

Comment qualifierais-tu les supporteurs américains ?
D’après des sondages très sérieux, le fan de soccer a un profil particulier. Il est jeune, blanc, diplômé, issu d’une catégorie socioprofessionnelle élevée aux revenus conséquents. De manière plus générale, les anciennes générations ne connaissent pas ou mal le soccer, puisqu’il a disparu du paysage après la faillite de la NASL en 1984. La MLS a maintenant 20 ans, et ses fans sont des ados. Le plan est désormais de choper la prochaine génération, mais pas que. C’est l’équivalent du syndrome Alizée dans la chanson française, qui change son image pour toucher un nouveau public. Il existe aussi de fortes rivalités comme entre Portland et Seattle et cela va s’accentuer avec les nouvelles franchises. Et même si des (rares) incidents arrivent, on est promis à un bel engouement. Tout porte donc à croire que la MLS n’est pas à inscrire au rang des championnats éphémères.

Quelle est la place du football féminin par rapport à leurs homologues masculins ?
La NWSL est la meilleure ligue du monde. La sélection nationale féminine fait elle partie des meilleures équipes du monde avec le Japon, la Suède et l’Allemagne. Le nombre de pratiquantes est très élevé comme en témoigne le nombre d’équipes universitaires. Certaines joueuses professionnelles sont connues en France comme Hope Solo ou Alex Morgane. D’ailleurs, ayant travaillé pour la chaîne Direct 8 comme attaché de presse, je sais que le match USA-France en demi finale de la Coupe du Monde 2011 détient toujours le record d’audience de la TNT avec un pic à 3,2 millions.

Vois-tu les américains sur le toit du monde à moyen terme ?
Impossible à dire. Ce titre manque déjà au palmarès de quelques nations majeures. Je pense qu’il faudrait que la compétition se joue aux Etats-Unis car ce peuple si patriotique donnerait des ailes à son équipe. Il y a de très bons jeunes qui sont déjà présents comme Yedlin, Zardes ou Green. Et il y a encore beaucoup d’autres, encore plus jeunes, qui attendent leur heure, en Europe notamment. Pour l’instant c’est trop fragile sur toute la durée d’une si grande compétition.

S’il ne devait en rester qu’un: qui est la légende du soccer ?
Landon Donovan. Il compte de nombreux records et des statistiques impressionnantes. Le mec a gagné 6 MLS Cup et est le meilleur buteur (144) et passeur (136) de l’histoire de la ligue sans oublier ses 57 pions en équipe nationale. Il a par ailleurs reçu un florilège de récompenses individuelles parmi lesquelles le titre de meilleur jeune de la Coupe du Monde 2002. En son hommage le titre de meilleur joueur de la saison MLS porte son nom: le Landon Donovan MVP Award.

Le meilleur pour la fin : as-tu des nouvelles de Freddy Adu ?
La dernière rumeur dit qu’il serait devenu promoteur de soirées. Niveau foot, il est au chômage après ne pas avoir été gardé par un club serbe…

Merci beaucoup à Jérôme pour sa participation et ses réponses. Pour plus d’informations concernant notre interviewé, rendez-vous sur son twitter !

La nouvelle saison de MLS en péril?

Dans un petit mois, la MLS devrait être de retour. Devrait oui, puisque rien n’est moins sûr. A l’image du lock-out qui avait vu les basketteurs faire grève en 2011 pendant cinq mois, la MLS n’est pas parvenue à trouver un accord avec les joueurs. Et le temps presse !

Kakà et les joueurs disputent leurs premiers matchs amicaux, mais ne savent pas s'ils débuteront à temps les matchs officiels.
Kakà et ses coéquipiers d’Orlando font comme si, en attendant…

Alors que les joueurs ont repris l’entraînement depuis peu, personne ne sait si le début du championnat aura bien lieu le 6 mars prochain. Les négociations du nouveau CBA (collective bargaining agreement) ont en effet capoté. Cette entente collective portait notamment sur le plafond salarial et le fameux salaire minimum. Après que la MLS ait touché plus de 90 millions de dollars pour les droits TV (pour une durée de huit ans), les joueurs ont estimé, qu’étant les principaux acteurs, ils étaient en droit de revendiquer certains changements.

Les joueurs s’estiment en effet biaisés. La MLS se classe au 22ème rang mondial des ligues en terme de salaires octroyés aux joueurs (c’est la MLS qui paye les joueurs), alors qu’elle vise le Top Five des meilleures ligues sur un point qualitatif. Pas très logique. Ils demandent donc une participation plus importante de la MLS sur les salaires des joueurs désignés (qui sont eux payés en partie par les propriétaires des franchises) et espèrent faire passer le nombre de ces joueurs de 3 à 5 par équipe. Ce qui est indispensable pour une progression rapide du championnat.

Du côté de la MLS, on défend la ligne de conduite établie dès la saison inaugurale en 1996: « Slowly but surely ». Grossièrement, si la Ligue veut grandir, elle ne doit pas faire de folie. Elle a encore en tête la longue agonie de la NASL qui avait finalement pris fin, en 1984 après une gestion financière des plus catastrophiques (https://majeureliguefootball.wordpress.com/2013/01/14/pele-et-les-trois-glorieuses/). Don Garber, le commissaire si prudent de la MLS, ne veut pas aller trop vite, et il faut bien avouer que sous sa houlette, la ligue se porte de mieux en mieux. Même si on aimerait tous un peu le brusquer de temps en temps…

Par ailleurs, cette entente, qui n’a jamais aussi mal porté son nom, doit aussi statuer sur les vols charters limités à quatre pour chaque équipe. Les autres parties du temps, les équipes voyagent en effet sur des vols commerciaux avec des passagers lambdas lors des déplacements. Quand on sait le temps que passent les joueurs dans ces avions, on peut comprendre leurs aspirations à voyager dans de meilleures conditions. Autre point sensible: le statut des joueurs canadiens. Ces derniers sont considérés étrangers sur le sol américain alors que la réciproque n’est pas vraie. Enfin, sujet très important, si ce n’est LE plus important: les joueurs en ont assez que la MLS détient 100% de leurs droits, même lorsqu’ils ne sont plus sous contrat. Ils réclament le statut de « free agent ».

Les négociations qui duraient depuis des semaines ont pris fin le 31 janvier dernier. Malgré tout, les joueurs ont promis de continuer de s’entraîner et de faire comme si de rien n’était. L’arrêt des entrainements demeure leur dernière arme pour faire pression sur la ligue, et certains joueurs comme Robbie Keane ont fait savoir qu’ils étaient prêts à aller au bout de leurs idées, si un deal n’était pas signé. Cela serait donc la première grève en MLS, mais pas la première dans les sports US (c’est rare, mais cela arrive parfois en NHL, en NFL, et en NBA donc). La seule grève dans l’histoire du soccer aux USA avait eu lieu en 1979 lorsque la NASL avait refusé de reconnaître la North American Soccer League Players Association (NASLPA), un syndicat de joueurs. Elle avait duré plusieurs jours, et la ligue de l’époque n’avait finalement pas cédé. Cette grève avait été un désastre puisque, en plus de ne pas être solidaires, les 143 joueurs à avoir pris part à ce mouvement manquaient cruellement d’organisation et de soutien politique. Aussi, la grande franchise de l’époque, le New York Cosmos, s’était clairement dissocié de cette manifestation. Ainsi, le championnat avait pu débuter normalement.

Pour en revenir à l’actuel lock-out, le championnat USL Pro (3ème échelon national) risque d’être également touché puisqu’il est composé des réserves des franchises MLS. Est-ce que certains joueurs seraient prêts à partir alors en NASL (2ème division nationale) pour pouvoir jouer?

C’est une hypothèse peu crédible puisque les effectifs de NASL sont complets. De plus, les joueurs, s’ils acceptent une baisse de leur salaire (déjà pas folichon), ne pourraient pas revenir en MLS cette année. Il serait donc plus probable que certains s’exilent en Amérique du Sud, les portes de la plupart des pays européens étant fermées depuis la fermeture du marché des transferts.

Mon opinion: Je suis optimiste. Je pense qu’un deal sera prochainement conclu. D’après moi, les joueurs obtiendront en majorité ce qu’ils réclament. Il semble logique que la courbe des salaires MLS augmente en même temps que celle des revenus de la Ligue, surtout si l’on veut une progression du championnat. Ce n’est pas pour autant que Don Garber va changer radicalement sa manière de gérer son business. Il serait juste fou de mettre en péril l’image de marque de son championnat qu’il travaille depuis son arrivée à ce poste de commissaire en 1999. En cas de grève, il pourrait même être contraint à démissionner sous la pression des franchises et des joueurs. Je pense que lui et la MLS seront plutôt réceptifs aux revendications salariales des joueurs mais qu’ils ne changeront pas d’un iota leur position sur le statut de « free agent » que les joueurs réclament.

@J_Cortinovis

La MLS toujours plus populaire – Compte rendu de la saison régulière 2014

La Major League Soccer est sur le point de battre un nouveau record d’affluence. A une semaine de la fin de la saison régulière, 19 045 personnes en moyenne se déplacent dans les stades US à chaque rencontre. La barre des 19 000 est donc franchie. Autre record: huit franchises peuvent se targuer de recevoir en moyenne plus de 20 000 personnes, et au moins cinq équipes vont battre leur record d’affluence à la fin de la saison.

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Seattle mène évidemment toujours les débats – c’est le cas depuis maintenant six ans – avec une incroyable moyenne de 42 863 spectateurs par match. C’est pour l’instant en très légère baisse par rapport à la saison dernière mais samedi, les Sounders reçoivent le Los Angeles Galaxy. En cas de victoire ou de nul, ils remporteront le Supporter’s Shield (classement à la fin de la saison régulière). Ce match est d’ores et déjà « sold out » alors que le CenturyLink Field stadium peut contenir un maximum de 67 000 personnes…
Toronto FC, Portland, Real Salt Lake, Sporting Kansas City et le FC Dallas battront leur record d’affluence en 2014. Ces franchises, à part Dallas, auront joué dans dans stades quasi pleins tout au long de l’exercice. Tous les matches de Portland, sans exception, se sont joués à guichet fermé. Kansas City a enregistré 52 matches avec des tribunes pleines (série en cours) alors que la franchise a dû se heurter plusieurs fois à la concurrence des Kansas City Royals, l’équipe de baseball en passe de remporter le championnat national.

Onze franchises vont voir leur chiffre augmenter alors que huit, au contraire, vont déplorer la baisse de fréquentation des gradins.

DC United voit son taux d’affluence se décupler cette année avec une augmentation de 25%. DC peut remercier son équipe marketing pour avoir eu l’idée d’associer la rencontre contre Colombus avec la double confrontation de l’équipe nationale américaine contre la Colombie à Washington en imprimant un billet unique. Ainsi, cette confrontation contre Colombus a attiré 53 000 personnes dans le Fedex Field, stade dans la banlieue de Washington.

La franchise texanne de Dallas voit, quant à elle, son chiffre augmenter de 55% depuis 2010 et sa campagne en MLS Cup. Incroyable progression.

Le flop de cette saison est à mettre au passif de Montreal. – 15% pour leur 3ème campagne en MLS. On ne sait pas si la période d’enthousiasme autour de cette équipe est terminée ou pas, mais la désastreuse saison des coéquipiers de Marco Di Vaio n’a rien fait pour encourager les gens à venir défier le froid pour se rendre au Stade Saputo. Par ailleurs, même le président, qui a donné son nom au stade, semble se détourner de son équipe puisqu’il a récemment pris des parts dans le club italien de Bologne. Même s’il défend son action en clamant un partenariat entre ses deux clubs… Tristesse aussi pour Chivas qui va battre le record de l’année 2000 du plus bas taux d’affluence avec un peu plus de 7 000 personnes par match. C’est un déclin de 14% en comparaison à la saison dernière, déjà très noire. Ça sent la fin pour la franchise californienne.

L’arrivée combinée de New York City FC et d’Orlando City devrait encore un peu plus booster les chiffres l’année prochaine surtout si le retrait de l’équipe de Chivas se confirme…

2014 MLS Affluence (en moyenne):
Franchises. (+/-)
*Seattle 42,863 (-3%)
Toronto FC 22,086 (+22%)
LA Galaxy 21,258 (-2%)
Portland 20,777 (+0.5%)
*Vancouver 20,371 (+1%)
Real Salt Lake 20,351 (+6%)
Houston 20,117 (+1%)
*Sporting KC 20,054 (+2%)
New York 19,421 (-0.2%)
Philadelphia 17,631 (-7%)
*Montreal 17,557 (-15%)
D.C. United 17,030 (+25%)
*Columbus 16,880 (+5%)
*FC Dallas 16,791 (+9%)
*Chicago 15,907 (+4%)
*New England 15,676 (+6%)
Colorado 15,082 (-3%)
San Jose 14,947 (+17%)
*Chivas USA 7,156 (-14%)
MLS 19,045 (+2%)
*Un match à domicile restant

2014 MLS affluence (plus grande augmentation):

D.C. United 17,030 (+25%)
Toronto FC 22,086 (+22%)
San Jose 14,947 (+17%)
*FC Dallas 16,791 (+9%)
Real Salt Lake 20,351 (+6%)
*New England 15,676 (+6%)
*Columbus 16,880 (+5%)
*Chicago 15,907 (+4%)
*Sporting KC 20,054 (+2%)
*Vancouver 20,371 (+1%)
Houston 20,117 (+1%)
Portland 20,777 (+0.5%)
New York 19,421 (-0.2%)
LA Galaxy 21,258 (-2%)
*Seattle 42,863 (-3%)
Colorado 15,082 (-3%)
Philadelphia 17,631 (-7%)
*Chivas USA 7,156 (-14%)
*Montreal 17,557 (-15%)
MLS 19,045 (+2%)
*One home game to play.

MLS Affluence annuelle:

1996 – 17,406
1997 – 14,603
1998 – 14,312
1999 – 14,282
2000 – 13,756
2001 – 14,961
2002 – 15,821
2003 – 14,898
2004 – 15,559
2005 – 15,108
2006 – 15,504
2007 – 16,770
2008 – 16,460
2009 – 16,037
2010 – 16,675
2011 – 17,872
2012 – 18,807
2013 – 18,594
2014 – 19,045

Plus grande affluence annuelle MLS

44,038 Seattle (2013)
43,144 Seattle (2012)
42,863 *Seattle (2014)
38,496 Seattle (2011)
36,173 Seattle (2010)
30,897 Seattle (2009)
28,916 Los Angeles (1996)
26,009 Los Angeles (2008)
24,252 Los Angeles (2007)
24,204 Los Angeles (2005)
*Un match à domicile restant

Plus faible affluence annuelle MLS
AVG. TEAM (+/-)
7,156 *Chivas USA (2014)
7,460 Miami (2000)
7,906 Dallas (2003)
8,072 Kansas City (1998)
8,183 Kansas City (1999)
8,336 Chivas USA (2013)
8,689 Miami (1999)
9,058 Kansas City (1997)
9,088 Dallas (2004)
9,112 Kansas City (2000)
*Un match à domicile restant

ps: je me fais,beaucoup plus discret ces derniers temps ici et sur Twitter. Mon déménagement récent dans le Texas explique cela. See ya

Et voici comment le pire maillot de l’histoire vit le jour…

Alexis Lalas saute de joie, mais ça n'a rien à voir avec son maillot
Alexi Lalas saute de joie, le match est fini et il va pouvoir refourguer son maillot

Au printemps 1994, les joueurs de l’équipe de nationale américaine sont appelés à se rendre à ce qui doit être un évènement bon enfant organisé par Adidas. En effet, leur équipementier allemand les tease depuis pas mal de temps sur le maillot qu’ils porteront pour le Mondial 1994 organisé aux Etats-Unis pour la première fois. Les joueurs américains veulent faire bonne figure en débarquant sur les pelouses avec une tenue digne de ce nom. Cet espoir meurt dès les premières secondes de la présentation.

L’uniforme semble avoir été dessiné par un teenager ayant fait ses gammes sur Microsoft Paint. Le maillot est de couleur jean denim (l’OM n’a rien inventé), avec des étoiles blanches étirées irrégulièrement en guise de motif, tandis que la marque et le logo de la fédération sont de couleur rouge vif comme si le designer avait voulu rattraper le coup après avoir vu le drapeau américain.

Dans les années 1990, le soccer entre dans une nouvelle ère. Les Yankees s’étaient déjà qualifiés pour la Coupe du Monde 1990 en Italie même s’ils s’étaient fait balayer en perdant leur trois matches de groupe. En 1994, une poignée de joueurs évoluent de l’autre côté de l’Atlantique, et la saison inaugurale de MLS commencera dans deux ans. En tant qu’hôte de l’évènement le plus suivi en Europe, la fédération de football sait que tous les projecteurs seront braqués sur le pays, alors ils ne faut pas décevoir. Il faut marquer le coup. L’idée alors, d’après Hank Steinbrecher, ancien directeur exécutif de l’U.S Soccer Federation, est de marquer le coup.

Roy Wegerle est ravi de poser avec son maillot
Roy Wegerle est ravi de poser avec son maillot

Après que le maillot eut été dévoilé lors d’un l’évènement fermé au public et aux journalistes, les joueurs ne pipent pas mot. « Le plus gros silence jamais entendu au sein d’une bande de copains » se rappelle Eric Wynalda. Ensuite, les rires éclatent. Le défenseur Paul Caligiuri a de suite pensé à l’accoutrement d’un clown. Même Alexi Lalas, joueur déconcertant par son talent mais surtout par son style, le détestait. C’est pour dire. En fait, lui pensait qu’il était au centre d’un grand canular. « On essayait de trouver où étaient cachées les caméras ».

 » désormais une cible parfaite pour devenir la risée de la compétition »

Lalas, qui est maintenant consultant sur Fox Sports, a avoué qu’il y avait une pression immense sur l’équipe nationale en 1994.  Hors de question de faire honte à son pays, qui plus est, est l’hôte de la plus grande compétition au monde et surtout, pas question de freiner l’engouement que la fédération essaye de faire naître tant bien que mal autour du soccer. L’objectif annoncé au sein du vestiaire est de faire bonne figure en bien jouant. Pourtant ces maillots font maintenant d’eux une cible parfaite pour devenir la risée de l’évènement sportif. Désormais, il ne suffit plus de bien jouer, mais il faut gagner pour faire oublier cette tenue grotesque. En cas d’échec, l’humiliation sera double.

Habiller une équipe nationale comme des patriotes junkies psychédéliques semblaient être un risque. Pourtant, il était calculé. « Dans mon monde, s’il y a une grosse réaction, c’est positif » argumente Peter Moore, directeur créatif d’Adidas et directeur de la marque aux trois bandes aux USA à l’époque des faits. Si les gens sont en colère, cela prouve qu’ils ne s’en foutent pas. »

Peter Moore n'était pas à son premier coup marketing. Il avait déjà dessiné les AJ1 de Michael Jordan, illégales à l'époque.
Peter Moore n’était pas à son premier coup marketing. Il avait déjà dessiné les AJ1 de Michael Jordan, illégales à l’époque.

Moore le savait par expérience. C’est lui qui avait dessiné la légendaire et controversée chaussure Air Jordan 1 dans les années 80 pour Nike. Elle fut conçue pour se démarquer des autres chaussures de basket présentes sur les parquets. Chaque fois que Michael Jordan posait pied sur le parquet en portant la AJ1 ‘Bred’ (noir et rouge), Nike devait payer 5000$ d’amende pour non-conformité avec le règlement de la NBA qui imposait des baskets blanches aux joueurs. Ce coup marketing mené de main de maitre par Nike, qui rapporta plus de 100 millions de dollars, permit de lancer une campagne publicitaire expliquant au public que la Air Jordan 1 est tellement puissante qu’elle est illégale.

Quelques années plus tard, Nike sponsorisa le jeune écorché vif Andre Agassi et l’habilla avec un short en jean en pensant lancer une mode comme il l’avait fait avec les Air Jordan. Mais cette fois, l’effet ne prend pas. Adidas retient cependant l’audace de son concurrent mais ne dit rien jusqu’en 1994.

Le principal problème pour Adidas était que les joueurs ne pouvaient porter une telle matière 90 minutes durant. L’équipementier a alors l’idée de donner l’impression du jean tout en gardant la matière standard. Moore dit que les designers ont ensuite délibérément déformé les étoiles au moment de les poser sur la machine Xeros, chargée de scanner pour ensuite reproduire les imprimés.

Mary McGoldrick, qui a pris la succession de Moore se souvient des réactions de ses collègues allemands très conservateurs quand ils ont découvert le produit final. « Hum, c’est pas Adidas ça, ce n’est pas nous! ». Cette année là, la marque allemande habillait plusieurs équipes avec déjà des maillots plutôt osés (l’Allemagne avec un motif en damier ou le Nigeria avec un imprimé intriguant) mais celui des Etats-Unis provoquaient un certain malaise en interne.

Le seul argument valable pour la défense de ce maillot? « Cela aurait pu être pire » ! Dans une interview datant de 2011, un ancien designer d’Adidas a révélé que la marque avait pensé à habiller les joueurs américains avec des maillots tie-dye. Ce procédé qui consiste à plonger un linge dans un bain de couleur avait déjà servi pour l’équipe de Basket de Lituanie, alors il fallait trouver quelque chose d’autre.

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L’équipe de Basket de la Lituanie a évité les maillots « tie-dye » à l’équipe de football américaine

Alors que le début de la Coupe du Monde approche, les joueurs préfèrent en rire. Même le milieu John Harkes qui avait été élu plus beau joueur du pays par le magazine People ne parvient pas à « rendre potable » ce maillot, dira son coéquiper Tab Ramos. Quant à Alexi Lalas, il ressemble à Raggedy Ann, cette poupée de chiffons rendus célèbre dans les livres pour enfants. Toute blague était bonne à faire et cela masquait une certaine assurance que les joueurs américains avaient gagné au fil des matches de préparation grâce à notamment une victoire 1-0 face au Mexique (avec le maillot « away » où seul le short est en « jean »). Cette Coupe du Monde était finalement leur première danse, et comme dans tout bal de promo, il ne faut pas trop se faire remarquer.

Raggedy Ann, le sosie d'Alexis Lalas
Raggedy Ann, le sosie d’Alexis Lalas

Pourtant, se faire remarquer, ils vont le faire. Les Américains portent ce maillot devenu célèbre lors des trois premiers matches de poule. Lors du premier, ils tiennent en échec la Suisse (1-1). Ensuite, grâce à un but contre son camp d’Escobar devenu tragiquement légendaire, ils s’imposent 2-1 face à la Colombie. Paul Caligiuri, milieu défensif de l’équipe:  » Après ce match, nos maillots sont devenus cool. Ah ce n’était peut être pas le maillot néerlandais avec son orange décapant ou le maillot argentin avec ses bandes blanches mais ces étoiles blanches sur fond de jean faisaient son effet. Lalas: « Vous pouvez porter du cuir avec des pompons, si vous jouez bien, ça devient tout de suite cool ». Malgré une défaite face à la Roumanie dans le dernier match de groupe, les Etats-Unis sont repêchés mais perdent face au futur vainqueur de la compétition, le Brésil. Le parcours improbable des Yankees prend fin et le jour suivant, The San Francisco Chronicle rapporte qu’Adidas a vendu au moins 60 000 maillots jean denim (à 60$ l’unité).

Quand les américains battent la Colombie, le maillot étaient un peu mieux

Pour la fédération, tous les voyants sont au vert. Cette Coupe du Monde est celle de tous les records en terme de fréquentation. Et les résultats sportifs sont satisfaisants. « Nous voulions attirer l’attention, et ces uniformes originaux nous l’ont permis. Les joueurs ont fait le reste ». Ces derniers surfent alors sur cette vague denim comme Caligiuri qui joue les acteurs dans une publicité pour shampoing le tout orné du fameux maillot.

http://www.youtube.com/watch?v=dkRKzA3Pc_c (à 6min 47)

Depuis deux décennies, l’USMNT s’est bâtie une réputation d’équipe courageuse qui n’a cessé de progresser. Elle est apparue à chaque Coupe du Monde depuis 1990. Ses meilleurs joueurs ont fait des carrières honnêtes à l’étranger. Son coach Jurgen Klinsmann a récemment prolongé son contrat qui le lie avec la fédération américaine qui le paye 3 millions de dollars par an.

Les designers américains qui travaillent avec Nike, eux, se sont récemment assagi en essayant justement de rentrer dans le rang pour essayer de se faire une place parmi les équipes nationales puissantes, malgré quelques exceptions (dont le maillot extérieur pour la prochaine Coupe du Monde au Brésil qui ressemble étrangement à la Bomb pop, cette glace traditionnelle américaine). Depuis 1995, Nike a tenté quelques « coups » mais rien d’aussi créatif que la couleur jean denim n’a vu le jour. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir les « maillot les plus laids » de l’histoire dans les tribunes lorsque les USA jouent. Ouvrez bien l’œil cet été.

Voici les maillots pour la Coupe du Monde 2014.

USA+2014+World+Cup+Home+Kit+2

USA+2014+World+Cup+Away+Kit+(1)