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Les pires entraineurs de MLS – le flop 5

La MLS est un championnat atypique et les bons entraineurs se cassent souvent les dents en Amérique du nord. Voici un flop 5 (qui sera mis à jour petit à petit) des pires coaches ayant oeuvré en MLS:

N°5 – Hans Westerhof (Chivas USA – 2007)

La sortie, c’est de l’autre côté Hans

Les coaches néerlandais sont connus en Europe pour être de très bons formateurs, et très à cheval sur l’aspect technique du jeu. Pas en MLS. Les Pays Bas ont produit un des pires entraineurs de MLS de tous les temps. L’ancien coach en chef de Chivas de Guadalajara au Mexique arrive en Californie pour prendre les rênes de Chivas USA, le petit frère du club mexicain. Il est attendu là bas pour arranger les choses après le passage médiocre de Thomas Rongen, l’intransigeant entraineur néerlandais. L’équipe est alors sur une série de 1-8-1 (victoires, nuls, défaites) et aligne des prestations narcotiques. Il faut réagir, mais malheureusement, l’électrochoc ne se fait pas sentir. La fin de saison est aussi pénible que le début (3-14-4) mais Westerhof a au moins le mérite d’animer le quotidien du club en se clashant avec le propriétaire d’abord puis les joueurs ensuite pour des désaccords permanents. Les résultats ne parlent pas pour lui… Il est remplacé illico presto par Bob Bradley, sans armes, ni violence mais avec haine.

N°4 – Carlos de los Cobos (Chicago Fire – 2010)

"We are the Fire" mais you are fired Carlos
« We are the Fire » mais you are fired Carlos

Chicago ne s’est toujours pas remis de la période Carlos de los Cobos. En raison d’une lutte de pouvoir, le Fire est contraint de se séparer  de Denis Hamlett à l’issue de la saison 2009, entraineur très apprécié dans l’Illinois (meilleur défenseur de MLS en 1996, victime d’un AVC en 1997, il est forcé de s’arrêter et intègre immédiatement le staff de Chicago). C’est le Mexicain Carlos de los Cobos, qui connaît alors le succès avec la sélection du Salvador, qui le remplace. Alors que Chicago est l’une des meilleures équipes de MLS à l’époque, ce changement d’entraineur va immédiatement changer la donne. Deuxième de sa conférence la saison précédente, l’équipe n’accède pas aux playoffs lors de la saison suivante et elle macère au fin fond du classement la saison d’après avec pourtant un effectif au top. Il devient l’ennemi public numéro 1 et est finalement viré au cours de celle-ci. La mauvaise gestion de de los Cobos est encore plus flagrante quand son successeur Frank Klopas redresse immédiatement la barre et manque in extremis la qualification en playoffs lors de la seconde partie de saison. Il le fera l’année suivante mais l’équipe reste marquée par cette dévastatrice période. Carlos de los Cobos est reparti au Mexique depuis et on déconseille quiconque de prononcer son nom dans la ville. Il est surnommé « the crook » qui veut dire l’escroc…

N°3 – Piotr Nowak (Philadelphie Union – 2010/2012) 

De gaffes en gaffes...
De gaffes en gaffes…

C’est vrai, statistiquement parlant, Nowak n’est pas le pire des entraineurs. Il a notamment permis à son équipe de jouer les playoffs lors de sa seconde année. Mais ses actions durant son règne à Union ne devraient pas lui permettre de coacher à nouveau en MLS. Voyez plutôt.

Philadelphie a licencié son entraineur pour « négligences » à la suite d’un entrainement où la température excédait les 40°C et où le manager polonais n’avait pas trouvé mieux d’interdire… les bouteilles d’eau ! Auparavant, Nowak a accumulé les bourdes. Il utilisait ainsi son adresse professionnel du club pour postuler à des postes vacants en Europe. Il profitait aussi des largesses du service comptable pour régler ses problèmes financiers quotidiens. Plus grave, il était soupçonné  de vouloir vendre ses joueurs pour garnir son propre compte en prenant des commissions. Lorsque Nowak était sur le point de se faire virer par ses supérieurs, aucun de ses joueurs n’a pris sa défense. Le signe que ses actes ne faisaient plus rire grand monde en interne. Mais Nowak n’allait pas partir sans faire parler de lui une dernière fois. Il a décidé d’attaquer son ancien employeur pour licenciement abusif comme pour faire durer le cauchemar. Le procès est toujours en cours…

N°2 – Aron Winter (FC Toronto – 2011/2012)

Winter rhabillé pour l'hiver
Winter rhabillé pour l’hiver

Le recrutement de Winter à Toronto aurait du permettre au club canadien de lui faire passer un cap, lui qui n’avait jamais accéder aux playoffs. Aron Winter était auparavant le coach de la réserve de l’Ajax d’Amsterdam et son habileté à former et lancer des jeunes talents avaient largement aider le plus grand club hollandais à renouveler son effectif. Malheureusement, Winter n’a jamais compris et cerné la règle du salary cap en MLS.

Sous sa responsabilité, la franchise a effectué de trop nombreuses transactions qui n’ont rien amené de bon à l’équipe. L’effectif est au final très pauvre, et Winter est complètement dépassé par la multitude de règles qui entourent cette période de transfert. Il fait signer Torsten Frings et Danny Koevermans comme joueurs désignés en désespoir de cause mais se brouille avec eux lors de sa deuxième saison. En fait, dire que la seconde année de Winter est un désastre serait un euphémisme. D’ailleurs plusieurs joueurs mettent publiquement en doute les décisions de leur coach. Toronto effectue le pire départ  (0-9-0) dans l’histoire de la MLS et Winter se fait logiquement virer … le lendemain de sa première victoire contre Philadelphie Union.

N°1 – Ruud Gullit (Los Angelex Galaxy – 2008)

Ruud Gullit un brin flemmard à Los Angeles
Ruud Gullit un brin flemmard à Los Angeles

Les résultats du Galaxy sous la houlette de Gullit ne sont pas catastrophiques (6-8-5), mais on peut quand même parler de sacré échec quand on connaît les moyens et les espoirs que les dirigeants californiens avaient placé dans le néerlandais.

Comme son compatriote Aron Winter, Gullit ne réalise pas l’importance de la draft et ne saisit pas toutes les subtilités du salary cap. Il affaiblit dangereusement l’équipe malgré la présence de Landon Donovan ou de David Beckham, ce dernier venant d’arriver aux USA. Gullit est aussi le premier coach qui partage avec Allen Iverson (l’ex joueur de NBA) un dédain incompréhensible pour les entrainements. En effet, il annule plusieurs entrainements dans la saison au plus grand désespoir des joueurs expérimentés et des techniciens de l’équipe. Son salaire de deux millions de dollars par an fait pour moi de Ruud Gullit le plus grand flop de la courte histoire de la MLS.

AT&T prolonge son bail avec la MLS

La MLS a renouvelé le contrat qui le lie avec AT&T, le plus grand fournisseur de services téléphoniques locaux et longue distance de services sans fil des Etats-Unis. Le nouvel accord qui court sur quatre années (évalué à un montant de huit chiffres) fait de la marque de télécommunication américaine le partenaire privilégié du championnat nord américain. Le deal a été conclu la semaine dernière par la branche marketing de la Major League Soccer en adéquation avec la fédération américaine, l’US Soccer.

AT&T MLS All Star Game - Chelsea v MLS All Stars« AT&T est un partenaire très important pour nous » confie David Wright, le responsable marketing de la MLS. « Leur implication est totale et nous leur devons beaucoup depuis quatre ans ». Wright a cependant refusé de commenter les détails financiers du nouveau deal. On sait cependant que le montant annuel que donnera AT&T à la MLS est supérieur au montant de l’ancien contrat qui avait expiré en décembre 2012.

Grâce à cet acte, AT&T reste le sponsor principal de la MLS et accompagnera aussi le MLS ALL-Star Game, le match annuel qui oppose les meilleurs joueurs de la ligue à une top team européenne (Chelsea la saison dernière), qui se déroulera le 31 juillet à Kansas City. Le géant de la télécommunication est omniprésent en MLS depuis 2009 et il est aussi le sponsor de multiples récompenses comme le MLS goal of the week visionné par des millions d’américains chaque semaine sur le site officiel du championnat. Nouveauté cette saison, il sera aussi le sponsor de la récompense MLS’s Rookie of the year qui désigne le meilleur jeune joueur débutant en MLS. Ces récompenses sont très enviées par les marques et ces dernières n’hésitent plus à sortir les dollars pour s’associer à ces awards et donc aux meilleurs joueurs de la saison. Le développement du soccer et les audiences en hausse dans le pays incitent de plus en plus les marques à participer aux appels d’offres de la MLS et de la fédération américaine.

« Nous reconnaissons, même si nous étions circonspects au départ, que la passion pour le soccer est de plus en plus forte dans le pays » admet Greg Skasko, directeur sponsoring d’At&T. « Nos engagements pour la MLS sont plus nombreux, ce qui témoigne de notre confiance. La MLS s’adresse aujourd’hui à tout le monde, la cible est multiculturelle. Le coeur de cible de la MLS est 18-34 ans, tout comme celui d’AT&T. Nous apprécions aussi le fait que la MLS est de plus en plus technophile (tech-savvy) grâce aux technologies employées pour satisfaire les fans. »

La marque installée à Dallas sera aussi le sponsor principal de ce qui sera le match le plus attendu de 2013: le match de qualification pour la Coupe du Monde 2014 qui opposera le 10 septembre à Colombus, les Etats-Unis à leur rival historique, le Mexique. Par ailleurs, la fédération américaine fêtera ses 100 ans d’existence lors de ce match et les locaux, très forts en événementiel, sauront à coup sûr faire de ce match un magnifique évènement. « Entre ce centenaire et ce match de qualification pour la Coupe du Monde au Brésil, 2013 représente peut être la plus grande année dans l’histoire de la fédération américaine » s’exclame Skasko. Un problème mineur pour la marque se posera cependant le 10 septembre. AT&T sponsorise aussi la fédération mexicaine et son championnat…

Ma théorie sur l’échec des équipes de MLS en Ligue des Champions

En MLS, on se rend compte rapidement que durant la saison régulière, certains matches n’ont aucune importance. Sachant qu’il est plutôt aisé de se qualifier en playoffs, y compris lorsque une équipe effectue une saison médiocre, les approches de matches sont pris à la légère tout au long de la semaine. Les erreurs au cours des matches en saison régulière ne sont pas irréversibles et les fautifs ne sont donc pas punis. Comment progresser individuellement et collectivement? Comment apprendre de ces erreurs comme le souligne l’ancien joueur Alexi Lalas? Cette tolérance à l’imperfection est pour moi l’une des principales causes des maux des équipes de Major League Soccer. Elle explique notamment l’échec des équipes américaines en Ligue des Champions CONCACAF.

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« Lassé par les équipes de MLS qui apprennent des leçons. Il est temps pour ces équipes d’apprendre DE leurs leçons (comprendre erreurs) »

Accéder aux playoffs est l’objectif numéro un avoué de chaque franchise en début de saison. Au final, plus de la moitié va y arriver (10 sur 19). Les grosses équipes peuvent donc se permettre de ne pas être assidues et de ne pas mettre toutes leurs chances de leur côté puisqu’elles savent qu’au final, elles vont parvenir à se qualifier (l’exemple de Donovan, qui se voit attribuer un mois de vacances supplémentaire). Le système de ce championnat est trop indulgent puisque l’on peut lever le pied en début de saison, ne pas être spécialement concentré et ne pas être inquiété par la suite.

Alors quand la prestigieuse et impardonnable Ligue des Champions se faufilent dans le calendrier des meilleures équipes de MLS, ces dernières se ramassent car elles ne sont ni prédisposées psychologiquement, ni préparées tactiquement, ni prêtes physiquement pour affronter un adversaire sur un match (ou deux). On l’a vu deux fois la semaine dernière, d’abord Seattle n’a pas su gérer un match à domicile contre les mexicains de Santos Laguna. La défaite 0-1 au CenturyLink Field stadium les a condamné (1-1 au match retour la nuit dernière). Une équipe de MLS a encore loupé une opportunité d’aller loin dans cette compétition…

Toujours la semaine dernière, Los Angeles Galaxy a concédé deux buts contre Monterrey au match aller, et les chances d’accomplir quelque chose d’héroïque cette nuit au Mexique s’annoncent minces (promis je ne changerai pas le texte demain matin s’il s’avère que je me suis trompé). Il faut aussi bien sûr avouer que l’équipe mexicaine de Monterrey est plus forte sur le papier et que leur profondeur de banc est supérieure. Mais tout de même ! Cela fait six ans que le Mexique s’est approprié cette compétition !

Je pense que ce système de playoffs nuit gravement au niveau des équipes de MLS. Rappelons que l’année dernière, les clubs ayant fini 4ème et 5ème (sur 9 et 10 équipes) de leur conférence respective ont atteint la finale de la MLS Cup. Los Angeles était au plus mal en mars, avril et mai… et cela ne les a pas empêcher de gagner le trophée à la fin de la saison ! Inimaginable ailleurs !

Tout les acteurs (staff + joueurs) vous diront que les sessions d’entrainement les plus sérieuses, les plus exigeantes, les plus constructives s’effectuent à partir de septembre, le mois qui sonne le début des playoffs. Les joueurs sont assidus comme ils ne l’ont jamais été auparavant dans la saison et une atmosphère beaucoup plus professionnelle règne au sein même des équipes. Il est alors trop tard pour la Ligue des Champions…

Mal démarrer en MLS, c’est si grave que ça docteur?

Los Angeles Galaxy est le dernier exemple en date. Après avoir souffert lors de la saison régulière passée, une dernière ligne droite parfaitement négociée l’a finalement mené jusqu’au titre. Un motif d’espoir pour plusieurs équipes en souffrance en ce début de saison.

La fable de Jean de la Fontaine "le lièvre et la tortue" n'est pas véridique en MLS
La fable de Jean de la Fontaine « le lièvre et la tortue » n’est pas véridique en MLS

Un mois de compétition, et le classement nous offre déjà des surprises. Ainsi, des équipes vagabondent à des places inhabituelles. En haut comme en bas. DC United, Seattle, Chicago ou encore New York (ça va un peu mieux depuis le week-end dernier) font partie de ces formations en mauvaise posture à la surprise générale, alors que Montréal, Chivas et Dallas surprennent par leur très bon classement.

Mais comme nous l’a montré Los Angeles l’année dernière, un très mauvais départ en saison régulière n’est pas nécessairement compromettant. C’est la particularité de la MLS avec ce système de playoffs. Une défaite 2-1 contre Houston le 26 mai dernier avait fini par décourager les supporters du Galaxy à la mi-saison car elle maintenait l’équipe dans les bas fonds du classement suite à une série de sept matches consécutifs sans victoire.

« Le plus important, c’est de bien finir » admet le milieu de Colombus Crew Eddie Gaven. « C’est sûr que tu ne veux pas prendre du retard trop tôt dans la saison pour ne pas passer le reste du temps à essayer de revenir à distance. En fait l’idéal, c’est d’atteindre le pic de forme optimal au bon moment. C’est à dire à la fin de la saison régulière. On l’a tous vu lors des dernières saisons. Quand une équipe devient « hot » au fil des mois, elle accède généralement aux playoffs même avec le pire des départs. Et elle fait même mieux que d’y accéder. »

En même temps, à l’instar de Montréal, une torride fin de saison n’a pas suffi à aider le Crew à atteindre les playoffs la saison passée, pour ce qui aurait été la cinquième fois d’affilée. De ce fait, tout au long de cette intersaison et aujourd’hui encore, le coach Robert Warzycha répète constamment à ses joueurs de ne pas compromettre leur chance avec un mauvais départ (2 victoires, 4 nuls, 2 défaites l’année dernière lors des huit premiers matches).

« Je leur dit souvent que trois points pris maintenant sont trois points de moins à prendre en fin de saison ». Le défenseur Chad Marshall a bien compris le discours de son coach mais préfère souligner la régularité plutôt que l’intermittence: « Faire un bon départ ne veut pas dire que vous allez terminer de la même manière et vice versa ».

Il existe un certain nombre de raisons qui expliquent ces retournements de situation en milieu de saison. Une toujours plus grande parité entre les équipes (le système de salary cap y est pour beaucoup) par exemple, ou encore les 34 matches de la saison régulière qui s’étalent sur huit longs mois de compétition où il demeure impossible d’être régulier. Le retour en force de Colombus l’année dernière coïncide avec les arrivées des attaquants Jairo Arrieta et Federico Higuain qui ont rejoint l’équipe en cours de saison.

Gaven insiste: « Il suffit de trouver son second souffle au bon moment. Il y a 34 matches, tu ne vas pas assurer les playoffs en un mois au bout de quatre matches. C’est une très longue saison, il y a donc assez de temps pour les équipes de refaire leur retard. Une bonne série les fait très vite remonter. » Il faut rappeler que les playoffs sont accessibles à partir de la cinquième place pour les deux conférences qui contiennent 9 et 10 équipes, et qu’il est donc possible d’y accéder même après une saison régulière médiocre.

Mais coach Warzycha admet que toutes les franchises préfèrent un bon départ: « Même s’ils disent qu’ils ne le font pas, tout le monde regarde le classement après chaque week-end victorieux. Çà vous donne de l’assurance, de la confiance. Vous n’avez pas à vous poser 100.000 questions. Les doutes n’existent pas donc vous tracez ! ». Comme l’Impact Montréal, Colombus Crew trace plutôt bien son chemin en ce début de saison (2-2-1). Les deux équipes se rencontreront le 13 avril pour un match qui opposera donc deux équipes en forme.

Mais vous l’avez compris, un bon comme un mauvais départ ne sont pas prépondérants en MLS. L’adage de Jean de la Fontaine qui dit que « rien ne sert de courir ; il faut partir à point » fait figure d’exception ici. Comme c’est souvent le cas en MLS.

@J_Cortinovis