Landon Donovan s’affute: le meilleur joueur de MLS revient petit à petit à son meilleur niveau après son long break qui l’a écarté du soccer pendant quatre mois. Il a largement aidé ses coéquipiers lors de la victoire de Los Angeles contre l’équipe en forme du moment (2-0), le Sporting Kansas City, avec un but et une « assist ». Une très bonne nouvelle pour la sélection américaine en danger dans son groupe de qualifications pour la Coupe du Monde 2014.
Les penalties ne font plus but: L’épidémie du moment, ce sont les penalties. Quelque chose dans les bouteilles de Gatorade? Sur les huits dernier tirs aux buts, deux seulement ont fait vibrer les filets. Ce week-end, l’excellent gardien du Real Salt Lake, Nick Rimando a détourné le tir de Edgar Mejia de Chivas USA. Rimando fait ainsi grimper son ratio de penalty arrêté à 30,5% (18 pénalty détournés)
Un coach sur le bûcher… La défaite de DC United à domicile contre Philadelphie (2-3) met clairement Ben Olsen en situation inconfortable. 3ème défaite de rang à la maison, dernier de MLS avec un tel effectif, le prochain résultat pourrait déjà être décisif.
Trois autres respirent: Il serait naïf de dire que Sigi Schmid de Seattle, Frank Klopas de Chicago et Mike Petke de New York sont tirés d’affaire. Ces trois entraineurs ont gagné ce week-end et c’est un grand bol d’air pour eux. Mais attention, leurs têtes seraient déjà mises à prix…
Un jeune en haut du classement des buteurs: Cela ne va peut être pas durer, mais le meilleur buteur de MLS est un attaquant pré-pubère de 20 ans très prometteur. Jack McInerney a inscrit son cinquième et sixième but sous les couleurs de Philadelphie. Des buts importants puisqu’ils donnent souvent la victoire. Et de l’autre côte de l’Atlantique, on parle déjà de « Jack Mac » comme le prochain Golden Boot… Mike Magee de Los Angeles et Robert Earnshaw de Toronto suivent le pas avec cinq buts.
Des buts en grève: Comme la semaine dernière, les buts se font rares en MLS. 8 des 10 matches se sont terminés avec moins de deux buts (pas de score vierge cela dit). Les attaquants sont-ils en méforme? Ce sont plutôt les gardiens qui arrêtent tout (c’est assez rare pour le souligner). Mention spéciale à Nick Rimando du Real Salt Lake.
« Le sport est bien affaire de frissons » disait un dicton. Ce week-end, il était particulièrement vrai. L’avant match de samedi était un modèle de solidarité entre deux équipes rivales de la côte Est, New York et New England. Derrière un tifo où il était écrit « New York stands with Boston », les fans des deux équipes ont marché ensemble dans les rues ornant le Red Bull Arena pour communier suite au tragique évènement de Boston qui a eu lieu dans la semaine. Le sport US, c’est aussi des jolis moments de patriotisme. Ça en agace beaucoup. Moi, ça me donne des frissons.
Un match s’est tout de même joué, et les Red Bulls se sont imposés 4-1, avec un but de Thierry henry. Son 3ème de la saison.
Breaking news. La MLS vient d’annoncer qu’elle a instauré un nouveau système révolutionnaire qui permet le prêt de jeunes joueurs à l’intérieur de la ligue. Cette nouvelle règle est en fait déjà en vigueur depuis le début de la saison 2013 même si elle n’a toujours pas été utilisé. Nous verrons ainsi quel joueur rentrera dans l’histoire de la MLS en devenant ainsi le premier joueur prêté et emprunté par une franchise.Voici l’explication de ce système:
1) Seulement les joueurs de moins de 24 ans sont concernés par ce système de prêt
2) Les prêts doivent s’effectuer dans une période de transfert bien précise (12 février – 6 mai)
3) Les prêts durent jusqu’à la fin de la saison (les joueurs prêtés retournent dans leur club après la MLS Cup = finale de la MLS)
4) Les négociations financières sont menées seulement par les deux clubs concernés (la MLS n’entre pas dans les négociations)
5) Chaque franchise est libre de prêter ou d’emprunter le nombre de joueur qu’elle souhaite tant qu’elle respecte les règles précédentes
Jusqu’ici, aucune franchise n’a utilisé ce nouveau système. Il leur reste toutefois une quinzaine de jours si elle estiment juger bon d’ d’enrichir leur effectif. Mais toutes les équipes sont complètes puisque les effectifs ont été bâti en début de saison pour être en conformité avec les différentes règles que la MLS instaure. Toujours est-il que cette nouveauté est très intéressante et qu’elle permettra sans aucun doute de donner du temps de jeu aux jeunes joueurs. J’ai quand même envie de dire « il était temps ».
Il fut un temps, Juan Agudelo représentait le futur de l’attaque américaine. Rapide et très doué, le natif de Colombie s’envola très vite vers New York dans l’espoir de se révéler dans la franchise la plus en vue d’Amérique du Nord.
La « swag mentality » de Agudelo à New York
Agudelo montre alors un potentiel incontestable et marque assez de buts pour passer de l’équipe nationale espoirs à la sélection A quelques mois après la Coupe du Monde 2010, en amenant sa folie, en repoussant la peur et en gardant ce penchant pour les buts spectaculaires. En d’autres mots, il est un phénomène destiné à accomplir de grandes choses au plus haut niveau.
Mais une galère va se dresser sur le chemin qui est censé mener Agudelo au statut de star. Il hérite, et ce n’est pas totalement volé, d’une réputation de joueur fainéant et se confronte alors quotidiennement au protagoniste de cette étiquette: Hans Backe, son propre entraineur au New York Red Bulls, réputé pour être intransigeant avec les jeunes talents. Agudelo agace rapidement les Américains qui, depuis la création de la MLS en 1996, méprisent les joueurs à la « swag mentality ». Comme ses minutes sur le terrain s’amenuisent avec les Red Bulls et que ses éclairs de génies sont de plus en plus rares, ses dirigeants s’interrogent logiquement à son sujet. Relégué sur le banc avec son club et absent dorénavant de toutes les listes des sélections des Etats-Unis, le jeune attaquant se fait oublier.
De New York à Chivas…
Un transfert à Chivas USA en mai dernier était la dernière chose à accomplir pour complètement marginaliser Agudelo. Sa « swag » mentalité n’a plus lieu d’être. Il n’est qu’un jeune espoir décevant de plus dans une équipe à la ramasse qui n’a de plus pas les ressources financières du club de New York (fini les vols privés et autres privilèges). Même si son temps de jeu grimpe logiquement – comment aurait-il pu en être autrement tant Chivas était médiocre – Agudelo a trop de buts de retard pour retrouver la confiance des supporters américains. Trois réalisations en 20 apparitions, seulement. Son statut de phénomène est définitivement révoqué. Agudelo ne bénéficie même plus du bénéfice du doute qui pourrait l’excuser de jouer dans une équipe infiniment pauvre ayant inscrit la bagatelle de 24 buts, soit le plus faible total dans le championnat.
Agudelo lors d’un entrainement au Celtic
Durant l’intersaison, Juan Agudelo profite d’un trip estival en Europe pour s’entrainer avec plusieurs équipes comme le font plusieurs autres joueurs alimentant ainsi quelques rumeurs de transfert. Il annonce alors lui-même sur son compte twitter personnel que le Celtic Glasgow le veut. Étrange, d’autant plus que le club écossais dément plus tard cette information et qu’aucune offre ne lui est proposée, ceci détériorant un peu plus son image et renforçant sa réputation de joueur individualiste (il est surnommé « Mr me first »).
Déception, personne n’arrive donc à suivre l’exemple de Jozy Altidore, passant brillamment d’espoir du foot au statut de joueur confirmé après avoir prouvé et affirmé tout son potentiel. Les joueurs américains ne semblent pas pouvoir effectuer la mue comme l’actuel brillant attaquant de l’AZ Alkmaar a pu le faire.
La Rédemption avec Chivas?
En 2013, Agudelo démarre fort sa saison avec deux buts en quatre matches. Désigné joueur de la semaine la semaine dernière grâce à son but et à sa passe décisive contre Chicago, il semble refaire surface. Son nouveau coach, le caractériel Chelis, a salué les efforts de son joueur depuis le début de la saison et a admis qu’il ne savait pas quoi penser de lui quand il a pris le poste d’entraîneur en chef. Il semble avoir une personnalité plus adaptée pour l’encadrer. Chivas USA est à la surprise générale en haut du championnat. Agudelo a une opportunité de réhabiliter sa réputation sur et en dehors du terrain grâce à une équipe en forme et un coach qui ne lui veut que du bien.
Si Altidore est arrivé à se dépêtrer de cette réputation de joueur fainéant et grincheux, il n’y a pas de raison que Agudelo n’y parvienne pas. Le poids trop lourd de son statut de phénomène l’a fait couler, mais à 20 ans, il aurait tort de ne pas se servir de cet itinéraire tortueux qui l’a finalement rendu mentalement plus fort. Jouer pour un coach qui semble désireux de tirer profit de son potentiel, et sans les distractions qui surviennent lorsque l’on joue pour une franchise plus notoire, Juan Agudelo pourrait enfin franchir un cap. Redevenir un phénomène ou simplement un bon joueur pour (re)commencer. C’est sa maturité qui parlera.