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Le Superdraft, un show pour les stars de la fac

Le 17 Janvier prochain aura lieu à Indianapolis le Superdraft 2013, cette fameuse foire où les 19 équipes de Major League Soccer vont tour à tour réserver des joueurs pour intégrer leur équipe. Ce marché à l’américaine est un véritable show qui passionne les foules ! Décryptage d’une cérémonie pas comme les autres que l’on pourra suivre, pour la première fois, sur youtube en direct !

Le Superdraft 2013 pourra être visionné le 17 janvier sur youtube, en direct !
Le Superdraft 2013 pourra être visionné le 17 janvier sur youtube, en direct !

Véritable vague de fraîcheur qui s’abat sur la MLS, le Superdraft est surtout un gigantesque show retransmis chaque mois de Janvier sur ESPN, et pour la première fois cette année sur youtube. Les Américains en sont friands. Il faut dire qu’aux USA, les promoteurs sont plutôt doués pour scénariser ce genre d’événement. On se rappelle que 18 millions d’américains avaient regardé l’émission « The décision » spécialement créée en 2010 pour LeBron James qui devait annoncer son nouveau club en NBA.

Regardez plutôt la bande annonce du Superdraft 2012 qui vous donnera une idée de la dimension spectaculaire et dramatique de la chose

Ce Superdraft ne concerne qu’une sélection des meilleurs joueurs qui jouent en NCAA, le championnat universitaire. Au début du show, chaque club se voit définir une position plus ou moins favorable pour embarquer les jeunes joueurs avec eux. Grossièrement, les plus mauvaises franchises de la saison obtiennent les premières places de la Draft et ont donc plus de chances d’obtenir les meilleurs joueurs. Chivas aura donc cette année le premier choix « grâce » à sa médiocre saison, et Los Angeles Galaxy, le dernier. Parité en MLS oblige. Les positions de Draft peuvent toutefois s’échanger entre franchises lors de précédents transferts de joueurs. En effet, en plus de la somme fixée, un club peut réclamer la position de Draft de l’équipe pour finaliser le transfert. Après trois tours de table, le Superdraft est fini.

Qui pour succéder à Andrew Wenger qui avait été le 1er joueur drafté en 2012 par l'Impact Montréal?
Andrew Wenger, 1er joueur drafté en 2012 par l’Impact Montréal et auteur d’une 1ère saison honorable avec 4 buts.

Tout au long de la saison écoulée, les franchises ont envoyé leurs recruteurs aux quatre coins des Etats-Unis dans le but de repérer les futurs cracks. Un travail de longue haleine. Pour les aider, il existe quelques jours avant le Superdraft (cela a débuté hier) le Adidas MLS Player Combine, un camp de recrutement où les joueurs susceptibles d’être draftés passent des tests physiques mais aussi mentaux (jurisprudence Yann M’Vila oblige!). La majorité des 60 à 70 joueurs qui participent à ce camp est choisie par un panel représentatif des entraîneurs des équipes de la NCAA en concertation avec les coachs de MLS. Cette liste est complétée par des joueurs ayant signé un contrat Génération Adidas*, des joueurs invités venant de championnats étrangers ainsi que quelques autres joueurs universitaires évoluant dans des divisions inférieures (NCAA Division II et III, NAIA schools etc..)

Le puissant attaquant jamaicain de l’Université Centrale de Floride, Deshorn Brown, sera l’une des stars de ce Superdraft 2013. Les recruteurs de l’Impact Montréal l’ont déjà coché sur leur short list depuis longtemps. Mais Matt Jordan, l’un des scoots, est réaliste. « Je crois qu’il sera sélectionné assez haut dans la première ronde. Il a déjà signé un contrat de Génération Adidas avec la ligue. » Montréal sera en 8ème position du premier tour de table … Soit 7 chances qu’il soit recrutés par une autre franchise avant eux.

L'attaquant jamaicain Deshorn Brown, l'une des pépites de ce Superdraft
L’attaquant jamaicain Deshorn Brown (University Central of Florida), l’une des pépites de ce Superdraft

Le Superdraft est par ailleurs critiqué par de nombreux journalistes qui souhaitent la mort de ce système, regrettant que les joueurs soient traitées comme des esclaves. Si le Superdraft n’existait plus, il serait évident que les équipes aux moyens financiers élevés auraient alors les faveurs des joueurs. Mais au moins ces derniers « auraient leur mot à dire ». Aussi excitante soit-elle, il faut avouer que la cérémonie peut être très mal vécue par les joueurs et leur famille. Même s’ils sont souvent très heureux à l’issue de l’événement, ils ne sont pas maîtres de leur destin, qui se joue en quelques minutes. Etape très importante de leur vie d’homme, le Superdraft est violent, surtout pour les jeunes joueurs qui ne sont pas recrutés à l’issue des trois tours après des années d’études dans des universités aux installations très confortables.

A titre de comparaison, rappelez vous lorsque les deux capitaines des deux équipes devaient choisir leurs coéquipiers à l’école après un «chou-fleur» pour une simple partie le temps d’une récréation. Rappelez vous dans l’état d’anxiété dans lequel se trouvaient les derniers choisis. Le Superdraft c’est un peu ça, à la différence que lorsque la cloche a sonné, ça signifie que l’école est finie ♪ ♫

*Génération Adidas : Certains jeunes joueurs ont beaucoup de talent et n’ont pas pour vocation de jouer le championnat universitaire jusqu’à 22 ans. Adidas et la MLS sont parvenus à un accord permettant aux meilleurs jeunes de ne pas attendre d’être diplômé pour rejoindre une franchise. Les joueurs signant ce contrat perçoivent un salaire plus bien plus important que le minimum (entre 65.000 et 80.000 dollars annuels). Le salaire de ces joueurs n’est pas inclus dans le salary cap. Joueurs ayant bénéficié de ce contrat : Howard, Bocanegra, Dempsey, Bradley, Adu, Altidore, Edu, Shea, Gonzalez, Gil

@j_cortinovis

Mon top 5 des plus beaux buts de la MLS 2012

Number 5: Thierry Henry (New York Red Bulls)

Un but 100% frenchy. Thierry Henry montre ici qu’il a aussi un pied gauche sur cette longue balle de Le Toux. Il inscrit son 10ème but de la saison en battant le gardien de Chicago, Sean Johnson, futur gardien des USA. C’est une pépite, il pourrait d’ailleurs partir en Angleterre très bientôt.

Number 4 : David Beckham (Los Angeles Galaxy)

On dirait qu’il marque sur coup franc tant son geste est parfait. Putain David, tu t’en vas alors que tu fais ta meilleure saison depuis tes débuts en 2008 avec LA. C’est vraiment trop injuste.

 Number 3: Ryan Johnson (Toronto FC)

Le jamaïcain qui joue maintenant à Portland effectue une jolie remontée de balle avec une conduite de balle un brin aléatoire et va placer un amour de ballon dans la lucarne du gardien autrichien de Seattle, Michael Gspurning.

Number 2: Jack McInerney (Philadelphia Union)

8 buts en 25 matches pour cet espoir américain à l’attaque d’une équipe très moyenne cette saison, dont ce but d’une précision épatante. Si mon chouchou n’avait pas marqué un but sublime, ce but serait Goal of the year pour moi.

Number 1: Fredy Montero (Philadelphia Union)

Voilà mon chouchou. Montero, 25 ans. Un très bon joueur qui aurait sa place en Europe. 13 buts en 2012. Toujours plus de 10 buts depuis qu’il évolue en MLS, c‘est à dire 2009. Malheureusement, il quitte les states pour rejoindre son pays, la Colombie. Merci Fredy. The show must go on

En bonus, le goal of the year de l’année 2011. Le chef d’oeuvre d’Eric hassli.

Vivement 2013 avec sûrement au moins un coup franc de Juninho Pernambucano. See U

@j_cortinovis

La genèse de la Major League Soccer

Je voudrais vous parler de la création de ce tout jeune championnat qu’est la MLS et qui n’est arrivé qu’en 1996.  11 ans plus tôt, en 1985, son ancêtre, la NASL, pris à son propre piège, disparaît, ruiné et lâché par tous ses investisseurs. Le Soccer est mort, et personne ne croit à son exhumation. Retour sur la naissance de la National American Soccer League.

Goal! Le documentaire fait par la FIFA sur le Mondial 66 sera regardé par des millions d'Américains curieux qui ne connaissent pas ce sport
Goal! Le documentaire fait par la FIFA sur le Mondial 66 sera regardé par des millions d’Américains curieux qui ne connaissent pas ce sport

Juillet 1966. Wembley, Londres. Plus de 95 000 personnes assistent à la victoire de l’équipe hôte, l’Angleterre, contre la RFA (4-2) lors d’une magnifique finale de Mondial. Pour la première fois, un match de Coupe du Monde est diffusé à la télévision américaine et les audiences, sans être exceptionnelles, sont plutôt bonnes alors que les USA ne participent pas à l’évènement. Le soccer est loin d’être le sport le plus pratiqué dans les universités (contrairement à aujourd’hui !), et aucun championnat national n’existe alors. Quelques mois après la finale, un documentaire diffusé à la TV sur le Mondial 66 aura aussi un joli succès. Il n’en faut pas plus pour que les promoteurs sportifs américains n’entrevoient une brèche et ne s’activent pour réunir des investisseurs.

Deux ligues voient le jour en 1967. La United Soccer Association (USA) qui a le soutien de la FIFA, et qui réunit 12 équipes, et la National Professional Soccer League (NPSL) qui refuse d’adhérer aux conditions demandées par la United States Soccer Football Association (USSFA, fédération de l’époque). Cette dernière exige notamment le règlement de 25.000$ pour chacune de ses dix franchises. Faites le calcul.

Alors qu’une des deux ligues est en marche (USA), la seconde, qui était à l’arrêt, arrive à décrocher un contrat télé avec une des plus grandes chaînes de télévision nationale, CBS, grâce à un travail des promoteurs qui harcèlent les médias, et à des innovations proposées (instauration du système des points: 6 pour une victoire, 3 pour un nul, 0 pour une défaite). Cet énorme paquet d’argent qui arrive sur la table de la NPSL va servir à faire venir de nombreux joueurs de l’autre ligue et d’Europe, alors que le championnat est au point mort, et que surtout, ces transferts ne sont pas permis par la FIFA et l’USSFA qui soutiennent toujours l’USA.

La NPSL, l'ennemi de la FIFA. Faut-il y voir un prémisse de la reation FIFA-Major League Soccer?
La FIFA et la NPSL, le descendant de la MLS s’opposent en 1967

Les menaces de la FIFA sur les joueurs qui quittent la United Soccer Association n’y font rien, la petite ligue qui avait refusé de payer ne cesse de se développer grâce à un gros travail en interne et se dit prêt à se lancer !  Un an plus tard, en 1968 donc, la Fédération, le couteau sous la gorge, obtient la fusion des deux ligues. La NASL (National American Soccer League) est née. Elle est très largement inspirée de la NPSL qui s’était opposée à la FIFA et à la fédération américaine. 17 équipes sont fin prêtes !

Les débuts de la NASL, c’est la prochaine fois sur Majeure Ligue Football.

@j_cortinovis

La saison régulière de la MLS 2012

Pour mieux comprendre de quoi sera fait le prochain championnat de MLS qui débute en Mars, un résumé de l’épisode précédent est propice. Je vous propose un résumé en deux parties de la saison 2011. Retour sur la saison régulière. Dans l’épisode précédent donc.

La grande nouveauté, c’est l’arrivée d’un nouvel acteur canadien en MLS : l’Impact de Montréal, qui jouait en NASL (équivalent de la 2ème division) en 2011. Le président Saputo met la main à la poche, et en Amérique du Nord, quand on paye, on a le droit de rentrer en MLS. L’AS Monaco likes this !

Nesta s'était déjà démis l'épaule en enfilant son nouveau maillot
Nesta s’était déjà démis l’épaule en enfilant son nouveau maillot

Pas question de faire de la figuration, le club voit les choses en grand. Une colonie italienne envahit la ville québecoise: Marco Di Vaio, Bernardo Corradi, Matteo Ferrari, mais surtout Alessandro Nesta qui arrive à la mi-saison, puis qui se blesse… Une sorte de running-gag loin d’être marrant lorsqu’il s’agit d’un joueur désigné. Mais c’est un joueur canadien qui se révèle là-bas: Patrice Bernier, 33 ans, ancien joueur de hockey passé par Kaiserslautern en 2007.

San José régale en conférence Ouest

Une équipe crève l’écran durant la saison régulière, elle ne se trouve pas loin de Hollywood, mais il ne s’agit pas du Los Angeles Galaxy, mais bien des San José Earthquakes.

San José, c'est le Barç...
San José, c’est le Barç…

Equipe très moyenne depuis sa renaissance en 2008, San José se révèle au grand jour par sa qualité de jeu, sa folie et son buteur Chris Wondolowski (29 ans), auteur de 27 buts. Un exploit. Une saison de tous les records pour la franchise californienne qui finit la saison régulière en tête, avec 9 points d’avance sur le deuxième de sa Conférence, le discret mais solide Real Salt Lake, champion en 2009, qui a toutefois eu de grosses difficultés à scorer.

Seattle finit à la troisième place synonyme de dernière place qualificative directe pour les playoffs. Et Los Angeles dans tout ça? Une saison irrégulière pour le tenant du titre. Pas assez fort pour se qualifier directement en playoffs, mais assez costaud à partir de l’été grâce à ses joueurs désignés pour finir à la quatrième place et jouer les barrages contre le cinquième: les Whitecaps (moutons) de Vancouver, club créé en 2009 qui s’est effondré en deuxième partie de saison. Durant cet unique match (pas de retour), Los Angeles s’impose chez lui difficilement grâce à un but de son autre star et de son meilleur joueur, Landon Donovan, sur penalty ! Une première partie de saison vraiment limite pour le tenant du titre. Mais la concurrence était trop faible, malgré la belle remontée du FC Dallas, pour assister à une élimination des copains de Becks.

conf west

Kansas et son rideau de fer à l’Est

En conférence Est, c’est une autre équipe qui étonne, moins par sa folie dans le jeu mais par sa solidité défensive. Kansas City et son défenseur français Aurélien Collin commencent la saison par sept succès d’affilée ! Ça se gâte par la suite, mais l’équipe finit tout de même en première position (seulement 27 buts encaissés en 34 matches, 41 pour Chicago et Houston deuxièmes meilleures défenses de la Conf est).

Kansas City remportera l’US Open Cup, l’équivalent de la Coupe de France par la suite contre les Seattle Sounders, pourtant coutumiers du fait (ils étaient tenants du titre depuis trois ans).

Collin
Les coéquipiers de Collin ont beau le retenir, il pourrait bien partir après sa saison monstrueuse

DC United (le club de Washington DC), qui comptait dans ses rangs le MVP de la saison dernière (Dwayne De Rosario), réalise une très bonne saison  notamment grâce à l’explosion de Chris Pontius. Retenez ce nom. Les Red Bulls de New York complètent le podium avec des performances très accomplies, mais aussi des rencontres où les joueurs sont méconnaissables, comme Rafa Marquez qui devient une cible des (rares) supporters new-yorkais. Thierry Henry fait une meilleure saison que la précédente avec 15 buts en 25 matchs. Il a marqué un but tous les deux matches depuis ses débuts en MLS.

En barrage, on a donc droit à un joli Chicago Fire vs Dynamo Houston. Deux bonnes équipes de MLS. Et ce sont les Texans de Houston qui s’imposent 2-1 au terme d’un match à suspense. Houston peut donc oublier son terrible début de saison. Chicago est éliminé malgré une saison honorable ! Déception concernant Philadelphie auteur d’une saison quelconque et qui ne s’est jamais remis du départ de Sébastien « warrior » Le Toux. La réciproque est aussi vraie, le Français n’ayant marqué qu’un seul but pour les Red Bulls, mais on ne peut pas mettre Le Toux à l’égout, avec de nombreuses passes décisives.
Conf East
Les équipes qui terminent premières de leur Conférence, San José et Kansas City donc, sont assurées de jouer la Ligue des Champions de la CONCACAF. Mention spéciale à San José qui remporte le MLS Supporters’ Shield, trophée décerné chaque année à l’équipe ayant obtenu le plus de points lors de la saison régulière. À l’origine, cette récompense, non reconnue par la Ligue, était attribuée par les supporters (d’où son appellation).

L’avantage de ne pas finir dans les cinq premiers de sa conférence, c’est qu’on est en vacances avant les autres. La prochaine fois, je vous raconte les fameux playoffs.

See U buddies !

@j_cortinovis